08 – 13 novembre 2011 – Tenerife

08 novembre

Arrivée en milieu de journée à Santa Cruz de Ténérife, où nous retrouvons à nouveau la bande des bateaux-copains. Nous arpentons rapidement la ville, à la recherche de réseau internet et de ship chandlers… les jours se suivent et se ressemblent !

09 novembre

Nous partons, picnic en bandoulière, à l’assaut du Teide. La route des crètes est magnifique, découvrant à chaque virage un panorama unique. Le ciel bleu et l’excellente visibilité nous permettent d’admirer Gran Canaria, La Palma (où nous n’irons finalement pas), La Gomera… Nous traversons une forêt d’eucalyptus à faire pâlir d’envie tous les pandas d’Australie. A mesure que nous prenons de l’altitude, la végétation se fait plus rare et fait bientôt place aux lichens et bruyères qui tentent d’envahir les sols volcaniques.

Nous prenons le téléphérique, qui nous emmène au sommet du volcan. Nous ne pouvons malheureusement pas accéder au cratère : le nombre de visiteurs autorisés chaque jour est limité et nous n’avons pas pu avoir de places (c’est un peu le souci de tout faire au dernier moment sans jamais avoir de dates fixes). Nous pouvons néanmoins marcher quelques kilomètres (en tout cas c’est l’impression qu’on a),  jusqu’à un point de vue à couper le souffle (dans tous les sens du terme : nous sommes à je ne sais plus combien d’altitude (on a égaré la brochure….) mais c’est très très haut !). La mer est loin tout en bas, des vapeurs chargées en souffre s’échappent de ci de là et il reste même un petit carré de neige coincé entre des rochers (c’est pas Isola, mais on aura quand même vu la neige cette année !!).

transfert de pâtes

Le retour à la marina est marqué par l’incontournable stop avitaillement. On regrette un peu de n’avoir pas profité du service « livraison-au-ponton » du Corté Inglés de Santa Cruz… D’autant que c’est toujours les mêmes  (donc plutôt les êtres humains à jupe et sac à main) qui s’y collent. Nous innovons un peu en nous laissant accompagner par Théophile et Arthur, de Modus : idée saugrenue, gain de temps nul, énervement maximum. Mais eux se sont beaucoup amusés ! Tant mieux, ça en fait au moins 2… Arrivés à la marina, à 22 heures passées, nous ne trouvons même pas quelques bras musclés pour nous aider au déchargement des 50 m3 de trucs indispensables à une mini-mini-transat de 6 jours : les hommes sont d’abord introuvables, puis apparemment débordés (apéro sur le Bubu, les pauvres…). Ils n’ont même pas pensé à faire dîner la smala des gosses… Je peux vous garantir que la vie sur un bateau rend vraiment très, très zen… Heureusement.

10 novembre

Cned, réparation du pilote automatique, enièmes bricoles à faire… On s’échappe à peine quelques heures en ville pour aller récupérer les mails à une terrasse de café.

11 novembre

Départ de Santa Cruz, au nord, pour San Miguel, au sud. Petite nav de quelques heures en patrouille avec le Bubu, principalement au moteur, avec parfois le génois quand le vent (arrière) daigne se lever un peu. On craque : il nous faut absolument un spi !

Test pour le pilote… qui se déconnecte à nouveau, plongeant le capitaine dans des abîmes de perplexité (pour rester poli)…

Nous arrivons en début de soirée et allons squatter le quai où sont déjà amarrés Blue Note, Modus Vivendi et Bégonia. Il reste environ 26 mètres de ponton pour 25 mètres de bateau cumulés avec Bubu… Il faut être inventif côté manoeuvres (et bien aidé côté ponton !). Nous sommes tellement serrés les uns derrières les autres  qu’une annexe ne passerait pas ! Si on ne sait pas trop comment on a réussi à tous rentrer, on s’interroge franchement sur la méthode à adopter pour repartir… L’héli-treuillage peut-être ?

On va fêter l’exploit sur Blue Note.

12 novembre – Joyeux Anniversaire Ugo !

Il fait moche, ciel couvert et pluie. Les alentours de la marina se limitent à des résidences et des golfs, tout est loin et difficilement accessible à pied. Et on abandonne l’idée de louer une voiture en raison des prix prohibitifs. Coincés à s’occuper du bateau, des gosses et du cned… Y a ambiance sur les pontons ! Sauf pour les enfants, qui pêchent des crabes dans le port pendant des heures, jouent de la guitare, courent d’un bateau à l’autre en rigolant, fouillent les poubelles pour fabriquer des engins flottants non identifiés… et ne semblent pas perturbés le moins du monde par l’atmosphère un peu morose. Ni d’ailleurs par les trucs qu’ils pourraient faire pour aider ne serait-ce qu’une minute dans la journée (laver le pont, ranger un peu leur bazar,  recopier leurs évaluations…). Pas étonnant qu’ils aient cette mine réjouie !

Tout le monde est impatient de mettre les voiles sur le Cap Vert. Les premiers départs sont prévus pour demain dimanche. Nous hésitons encore. Manu change le tableau électrique et soude tout l’après-midi en espérant que ce fichu pilote fonctionnera enfin correctement. Nous voulons pouvoir lui faire confiance avant de partir pour 800 milles.  C’est rigolo de barrer, mais 5 à 6 jours d’affilée, 24h/24, à deux, c’est bof bof…

13 novembre

Départ aujourd’hui. Modus et Bubu quittent la marina dans la matinée : nous faisons passer les amarres de bateau en bateau pour les dégager du quai et leur rendre leur autonomie. C’est assez folklorique ! Nous avons un petit pincement au cœur de les voir partir sans nous, mais il ne faut pas se précipiter (c’est un coup à voir la cafetière se renverser dans les coffres…. Ou à oublier un gosse. Je ne sais pas quel est le pire).

Nous prenons le temps d’aller jusqu’au marché des producteurs de San Miguel, faire le plein de fruits et légumes.  Ca nous aère la tête. De retour sur Zanzibar nous décidons de partir en fin d’après-midi et nous activons pour terminer la préparation du bateau. Le temps de reprendre une météo, de faire le plein d’eau et de gasoil, de récupérer les mails, d’en envoyer quelques uns, … et de changer d’avis ! Finalement nous partirons demain à l’aube, rien ne presse.

Apéro-ponton sur Zanzibar et enfin un peu de réseau pour skyper avec les mamies. Le bonheur !

Avant de vous laisser pour quelques jours, on voulait vraiment vous remercier pour tous vos messages, vos mails, les commentaires laissés sur le blog… Nous les attendons avec impatience à chaque escale ! Il sont la preuve que vous ne nous oubliez pas trop et que vous pensez toujours à nous, comme nous pensons à vous, tous les jours. Nous sommes heureux d’avoir de vos nouvelles, de connaitre vos dernières aventures terriennes. Nous ne pouvons malheureusement pas toujours répondre, faute de connexion internet ou de réseau ad hoc, mais chaque message nous touche et nous conforte dans l’idée ( si tant est qu’il le fallait) que ce n’est certainement pas pour fuir nos amis que nous sommes partis ! Si seulement on avait pu tous vous embarquer sur Zanzibar…  Alors à très bientôt de vous lire !

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07 novembre 2011 – Lanzarote – Tenerife

07 novembre

Départ pour Tenerife, en patrouille avec Blue Note, Outremer 55 : la patrouille va rapidement se désintégrer… La fenêtre météo est idéale : 15 à 20 nœuds au portant. Zanzibar file toutes voiles dehors (ça c’est très chouette) et se fait secouer tant et plus dans les vagues. Soudain Marin nous interpelle pour savoir s’il est normal que la cafetière (pleine !) soit tanquée à l’envers sur les coussins du carré… Lasse sans doute de se balader sur la table sans qu’on la remarque, elle a finit par se suicider en se jetant sur la banquette (et donc les coffres de rangement, et donc les outils méticuleusement rangés, les boites de vis et la disqueuse, qui avait déjà miraculeusement survécu à un plongeon dans la marina de Rabat…). Ca c’est moins chouette… Quelques heures à écoper , la tête en bas dans les coffres, avec les mouvements du bateau, ça énerve un tout petit peu… C’est de moins en moins chouette. Puis dans la nuit le vent tombe tellement qu’il nous renvoie une fois encore à la solution Volvo.  Ca devient carrément nul. Et même pas un petit poisson pour relever le niveau !

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04 – 06 novembre 2011 – Lanzarote

04 novembre

Journée « stop technique ». Il y a plusieurs shipchandlers sur Lanzarote et nous allons en profiter pour avancer sur nos différents chantiers.

Après le cned, les enfants courent profiter de la magnifique piscine de la marina. Manu les accompagne en espérant trouver un peu de wifi sous les parasols. Une fois encore c’est la galère internet et la chasse au réseau dans toute la marina. Je passe la soirée au bord de l’hypothermie, assise sur un coin de ponton entre deux bateaux, à essayer de mettre le blog à jour… Les badauds me regardent un peu interloqués, je crains même qu’ils me jettent des cacahuètes. Les garçons, petits et grands, sont partis trainer au bowling. Il faut bien que jeunesse se passe !

05 novembre

On loue une voiture pour pouvoir visiter l’île et accessoirement trouver des shipchandlers mieux achalandés qu’à la marina. Direction Arrecife, capitale de l’île, à une trentaine de kilomètres. Nous laissons les garçons sur le bateau en bonne compagnie : quelques séances de retard au cned devraient les empêcher d’aller trainer les pontons…  Nous en profitons aussi pour refaire un peu d’avitaillement et une incroyable virée à … Ikea !! (avec Manu, c’est pas très fun, mais on a trouvé le minimum vital du moment : des couteaux de cuisine et … un calendrier de l’avent  !).

Une fois récupéré le reste de la tribu, nous attaquons notre expédition touristique vers la côte ouest de l’île. Premier arrêt à Las Salinas de Janubio, lagune qui fournit en sel tous les pêcheurs de Lanzarote. Nous marchons un peu plus loin pour aller admirer le fracas des vagues sur les falaises qui bordent le rivage. Ca ne donne pas envie d’aller y faire quelques brasses !

Nous reprenons la route pour la côte escarpée de Los Hervideros, un peu plus au nord. Les éruptions volcaniques ont précipité dans la mer des torrents de lave et de roches : tout n’y est que gris plomb et grondement de la mer qui s’engouffre dans les failles. Impressionnant. Manu resterait là des années à regarder ces vagues déferler et projeter dans les airs leurs colonnes d’écume. Mais il nos faut continuer notre route vers El Golfo, toujours plus au nord. Les mêmes phénomènes géologiques y ont façonné un paysage pourtant très différent : une falaise volcanique stratifiée surplombe une lagune vert émeraude (réellement vert « mare aux canards »… mais faut pas les vexer), séparée de la mer par une bande de sable noir.  Les couleurs de la roche s’alternent en une gamme chromatique tout à fait étonnante (et finalement pas toujours très harmonieuse… mais on ne va pas repeindre la falaise !). Nous baladons un peu sur la plage et poursuivons notre petit périple terrestre. Nous continuons

La Geria

vers le nord en traversant La Geria. En pleine zone volcanique, cette région maintes fois dévastée par les coulées de lave et de cendres ressemble à un vaste champ de bataille. Mais sur le sol noir et aride qui court à perte de vue, les hommes ont façonné la nature avec obstination pour lui redonner sa richesse : de grandes cavités, protégées des vents par des petits murs de pierre, abritent des pieds de vigne.. . Pour palier à l’absence de rivières et de pluies abondantes sur l’île, les cavités absorbent l’humidité des vents marins et la retiennent grâce à une fine couche de sable et de cendres déposées au fond. Génie écologique ! Et œuvre d’artiste : c’est tellement beau !

Graciosa, depuis le mirador del Rio

Le jour commence à descendre mais nous décidons de terminer notre excursion au Mirador del Rio, à l’extrême nord de l’île, pour jeter un dernier regard à Graciosa et tenter un appel VHF avec nos copains du bateau Loustic. Nous arrivons malheureusement après la fermeture mais pouvons quand même admirer le coucher de soleil sur la mer, Graciosa et le Rio del Estrecho, entre les deux îles.  L’appel VHF avec les Loustics n’aboutit pas et nous regrettons un peu de ne pas pouvoir papoter quelques minutes.  Nous apprendrons le lendemain avec tristesse que Jérôme, le vaillant capitaine, s’est cassé le bras en accostant dans le petit port de Caleta del Sebo… Deux mois d’immobilisation  au mieux, une opération dans 10 jours au pire, la situation n’est vraiment pas terrible et leur projet mis entre parenthèse pour quelques temps. Et nous nous sentons tellement impuissant à les aider ! On a l’impression de les abandonner à l’arrière. Mais le courage et la tenacité ne leur manquant pas, nous espérons vraiment les revoir très bientôt sur l’eau. En attendant ils vont profiter de la douceur de vivre Graciosienne !

06 novembre

Timanfaya

Journée de vacances pour tout l’équipage. Nous partons découvrir le parc national de Timanfaya. Volcans, cratères, mers de lave, cendres, terre calcinée… paysages d’extrême désolation où la vie lutte pourtant par endroit : des lichens (qui s’adaptent à la chaleur et au manque d’eau) colonisent les pierres volcaniques et plusieurs dizaines d’espèces de plantes s’obstinent à survivre dans ce milieu inhospitalier. La visite se fait obligatoirement en bus, sur un parcours parfaitement intégré à l’environnement et dont le tracé a été élaboré en concertation avec l’artiste César Manrique. Si on peut regretter un peu le côté orchestré de l’excursion,  il faut reconnaître que le site ne souffre ainsi d’aucune altération. C’est magnifique et apaisant.

Bien que de formation géologique très ancienne, la région a été frappée par les grandes éruptions qui, au 18 ème et au 19 ème siècle, ont profondément modifié la géographie de l’île et transformé la zone la plus fertile de Lanzarote en un désert de lave et de roches.

Redescendus des montagnes de feu, nous rentrons à la marina par le chemin des écoliers et traversons la partie sud-est de l’île. Epargnés par les dernières éruptions, les flans abruptes des volcans accueillent une végétation plus abondante. Marin est heureux, qui pensait que les Canaries étaient des îles luxuriantes et languissait un peu de voir des palmiers et des fleurs exotiques ! On n’en est pas encore là, mais c’est un début.

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03 novembre 2011 – Graciosa – Lanzarote

03 novembre

Réveil étrange : tous les bateaux du mouillage de la Playa Francesa partent les uns derrière les autres… Aurions nous manqué quelque chose ? Une guerre nucléaire ? L’annonce d’une éruption volcanique ???  Le temps que le café chauffe, on s’interroge quand même sérieusement sur ce qu’il convient de faire : la houle est de plus en plus forte et l’anse n’est plus une protection suffisante. Mais nous n’avons pas tellement envie d’abandonner nos plans. On télécharge un fichier météo qui confirme que le vent d’ouest va monter en puissance toute la journée et le passage entre Lanzarote et Graciosa, effet venturi aidant, va devenir très difficile.

Nous levons l’ancre pour aller la jeter à l’est du petit port de pêche, à l’abris de la houle. L’endroit est adorable. Mais la pluie se met à tomber et les « sommets » de l’île sont tanqués dans des nuages bien sombres. La raison nous pousse donc à reprendre notre route, mais avec tellement de regrets que nous aurions mieux fait de ne pas bouger et d’attendre patiemment que la pluie s’arrête, que le vent tourne dans le bon sens et que la mer se calme…

La navigation du matin est pourtant très sympa : 9-10 nœuds avec la un ris dans la grand voile et le génois au 2/3. Le bonheur ! Mais travers de Arrecif, le changement de cap pour rallier la marina Rubicon, au sud de l’île, nous met plein vent de face… Et comme nous avons tergiversé pendant 2 bonnes heures ce matin avant de partir, nous n’avons plus tellement le temps de nous amuser à tirer des bords…  Nous remettons les moteurs, la mort dans l’âme, et nous laissons aller à notre premier moment de spleen : comment avons nous pu avoir la faiblesse de quitter la douceur de Graciosa ? Surtout pour aller, summum de l’horreur, dans la marina moderne et aseptisée de Rubicon… Les enfants, en revanche, sont heureux de retrouver déjà leurs copains, et s’ils n’osent pas trop la ramener au milieu de notre déprime, je vois bien qu’ils sont ravis de ces changements de programme et trépignent d’arriver !

Une fois à quai, évidemment, c’est bien sympa quand même. Nous sommes très gentiment accueillis par Noix de Cajou et son jeune équipier Arthur (8 ans), et nous réadaptons sur le champ et avec joie à la « civilisation ». Le bateau, plutôt en bazar, attendra pour être remis d’équerre. Rien ne presse. Sauf pour Théophile, qui a vite fait de retrouver ses acolytes de Modus et Vagabond pour aller explorer la jungle commerciale de la marina… C’est Disneyland.

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01 – 03 novembre 2011 – Graciosa

01 novembre

Il fait encore nuit quand nous nous engageons dans la passe entre les îles de Lanzarote et de Graciosa, au nord de l’archipel des Canaries. On distingue les masses sombres des falaises de Lanzarote à l’est, et les cônes volcaniques de Graciosa à l’ouest. Nous dépassons le petit village de pêcheurs de Caleta del Sebo pour rejoindre la Playa Francesa, au sud du port. On aperçoit les feux de mouillage des bateaux déjà à l’ancre. Il fait toujours sombre quand nous arrivons et nous tournons virons dans la pénombre. Le soleil se lève à peine comme nous terminons la manœuvre.

Et là… Est-ce l’aube naissante, la fatigue, une hallucination ?? Nous restons pantois devant le spectacle : la désolation des paysages est saisissante, le dépaysement incroyable. Nous venons d’arriver « ailleurs ». Du sable, des roches volcaniques, de rares bruyères et lychens… Pas une route, quelques pistes qu’on devine, au loin les maisons blanches des pêcheurs. C’est juste parfait… Nous venons de tomber amoureux de Graciosa.

C’est notre premier mouillage forain et c’est le bonheur. Programme cned allégé pour profiter de la plage et grande ballade jusqu’au village avec toute la bande de copains.  On emprunte la piste où seuls quelques rares 4X4 circulent. Puis on coupe par le « désert » découvert à marée basse pour arriver aux premières bâtisses. Tout autour du port les maisons chaulées ouvrent leurs fenêtres bleues sur l’Estrecho del Rio, entre les deux îles. Nous traînons paresseusement sur les quais, le temps semble s’être suspendu.

Du coup, retour à la Playa Francesa de nuit, comme d’hab (pas simple d’ailleurs)… Toujours pas habitués à ces couchers de soleil de fin d’après-midi. Juju et Marin sont repartis un peu plus tôt avec l’annexe de Modus Vivendi : on les récupère douchés-tous beaux-tous propres, nickel ! De retour sur Zanzibar on s’écroule, épuisés par les dernières nuits de nav.

02 novembre

Réveil tellement chouette sur notre petit paradis.  Les enfants squattent à nouveau la plage avec leurs copains. La surveillance est réduite au strict minimum : pas de voitures et pas de passage,  si ce n’est quelques surfeurs… et l’ermite du coin, qui vit depuis 10 ans sur la plage et qui se révèle être tout à fait « charmant ». Ils ont une rare liberté pour jouer et s’inventer mille aventures dans les dunes qui bordent la plage.  On les abandonne le temps d’aller admirer la côte et la mer plus à l’ouest. Les grands nous rejoignent en chemin et Manu attaque l’ascension du volcan avec eux. Impressionnant, surtout pieds nus sur les morceaux de lave qui griffent la peau.

Nous décidons de consacrer la journée de demain à une visite un peu plus approfondie de l’île, bien que le vent se lève et que la houle commence à entrer dans la petite baie, agitant de plus en plus les bateaux.

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28 – 31 octobre 2011 – Cap sur les Canaries

28 octobre

Départ pour les Canaries… et première « grande » navigation pour notre équipage : 460 milles à parcourir,  soit environ 4 jours de mer (en tablant raisonnablement sur une moyenne de 5 nœuds (c’est à dire 5 milles/heure), et donc environ 120 milles/24 heures).

Tous coincés depuis plusieurs jours dans le port, nous quittons Rabat en patrouille de 5 catas. Demain ce sont 18 monocoques qui partiront de concert. Arrêt obligé au ponton de la douane et de la police pour achever les formalités  administratives … et signer une décharge de responsabilité pour les autorités portuaires :  ils n’estiment toujours pas les conditions favorables pour sortir en mer. Nous signons donc tous, en espérant quand même ne pas faire une grosse bêtise. Les pilotes du port nous accompagneront dans le chenal et leur présence est rassurante.

Comme pour l’arrivée nous avons droit à une nouvelle visite de Boris, la caricature de chien de la brigade cynophile, le Rantanplan local : jeune labrador dressé à la recherche d’explosif, il est surtout très fort à la recherche de miam miam… et pour laisser ses poils partout sur (et dans !) le bateau. Difficile de rester sérieux avec cet hurluberlu sur pattes et les enfants s’en donnent à cœur joie pour le détourner de sa mission. Tout cela ne fait pas très sérieux…

passage des digues

Dès que la marée est haute, les premiers bateaux quittent le ponton de la capitainerie.  A distance, les mouvements d’oscillation de leurs mâts sont impressionnants et laissent présager de grosses grosses vagues dans le passage étroit des digues… Nous retrouvons les pilotes de la marina au pied des murailles de la casbah et attendons la bonne séquence de vagues pour passer à notre tour. A leur signal nous nous élançons, sans une certaine émotion.  C’est la foire du Trône !

Puis nous retrouvons la mer. La houle de travers nous surprend un peu après ces quelques jours au port et les enfants ont vite sommeil. Le vent que nous attendions de Nord-Nord Est est finalement plein Sud, donc en plein de face…  Moteur, moteur, moteur… Et plus de pilote automatique : il est inversé de quasiment 180 degrés ! Mystère… et galère si on doit barrer 24h/24 pendant 4 jours… Après enquête, c’est l’ampli de guitare de Théophile, posé à proximité du gyroscope, qui perturbe l’instrument !! Le problème est donc vite réglé, il suffit de déplacer le bazar.

En début de soirée le vent n’a toujours pas tourné et une looonngguuueee houle assomme un peu tous les équipages .  On est heureux d’être là, vraiment. Petits farceurs de fichiers météo !

Alors que le jour décroît franchement , on aperçoit un des bateaux-copains en galère : ils se sont pris dans un filet dérivant. Tant que nous ne sommes pas assez éloignés des côtes, c’est un problème récurrent. Ces filets, même signalés par une petite bouée rouge clignotante, sont la calamité des bateaux : on ne les voit qu’au dernier moment et il est souvent trop tard pour manœuvrer. Pris dans les hélices ou les safrans, ils obligent souvent les capitaines à plonger pour aller bricoler sous le bateau (pas un truc de fille tout ça). Et quand l’eau est à 15, qu’il fait nuit et qu’il y a des vagues… les capitaines regrettent souvent de ne pas pouvoir envoyer leurs femmes sans que leur image en prenne un méchant coup… Et leurs femmes leur en sont tellement reconnaissantes !

La nuit est particulièrement noire et nous veillons donc avec application : postés avec Théophile sur la poutre avant, nous scrutons la surface de l’eau à la lampe torche. Des heures à faire l’ascenseur dans les vagues (et dans le noir total..).  Parfois des bateaux de pêche s’approchent et nous guident dans leur labyrinte. Sinon, inch’allah. Le diner consiste en un pauvre bol de pâtes, englouti sans relâcher la veille. Les conditions de vie se dégradent franchement sur ce rafiot.! Mais la méthode est efficace : nous passons sur un filet, on hurle et Manu a juste le temps de mettre les moteurs au point mort. On retient notre respiration mais le filet glisse sous la coque sans rien accrocher. Ouf. Tout le monde n’aura pas la même chance dans notre « flotille ».

Vers minuit nous sommes suffisamment éloignés de la côte marocaine pour nous permettre un peu de relâchement. Le ciel sans lune nous offre toutes ses étoiles, je me laisse absorber par la nuit et mes pensées

29 octobre

Le vent est toujours de sud, donc toujours de face…  donc toujours le doux ronron du moteur… La mer est un peu plus tranquille et les enfants arrivent à peu près à travailler. Mais difficile de les motiver, ils ne pensent qu’à pêcher et jouer aux légos. La prise d’une magnifique dorade coryphène satisfait quelque temps leur instinct de chasseur mais relance illico les discussions techniques sur les leurres (qu’ils fabriquent maintenant eux même avec des morceaux de cordages), les lignes, les façons d’achever ces pauv’ bêtes… et tutti quanti. Même Juliette a attrapé le virus.

Un cormoran un peu neuneu n’arrête pas de plonger comme un idiot sur les leurres : il se prend à l’hameçon, surfe accroché à la ligne mais arrive heureusement chaque fois à se libérer. On dirait qu’il fait du ski nautique, c’est très drôle.

Le vent commence à tourner en fin de journée et à minuit on coupe enfin les moteurs. Le bonheur ! En revanche la houle qui s’était assagie se gonfle de nouveau à l’arrivée de la nuit (c’est dommage…) mais le rythme des vagues est plus ample et moins fatigant. La lune affiche un pâle quartier quelques heures mais a vite fait de retourner se coucher. Comme je la comprend.

30 octobre

Nous sommes toujours ballotés et secoués. Une très longue, très large et très haute houle (6 mètres au moins) nous donne la sensation de naviguer au milieu de collines mouvantes. C’est tout à fait étonnant mais pas désagréable. Le problème est la petite houle bien cassante qui se superpose… Les enfants travaillent un peu dedans, un peu dehors, un peu pas beaucoup, marquant des pauses régulières pour « recaler les gyros ».  Il semblerait que la seule activité parfaitement adaptée aux grosses vagues soit les légos… Les caisses ont envahi le carré, difficile de jouer dans les cabines avec les mouvements désordonnés du bateau.

3 dorades coryphènes se prennent dans nos lignes, on passe en mode « pêche industrielle ».

On commence à trouver un semblant de rythme de quarts pour s’occuper à la fois de la nav, du bateau et des enfants, tout en récupérant quelques heures de sommeil de ci de là.

La nuit tombe à nouveau bien noire, on ne voit même pas la mer. Mais finalement ce n’est pas si mal : à en juger au bruit impressionnant de certaines vagues qui tapent contre le bateau, elles doivent être jolies tout plein et je préfère encore ne pas les voir…

Un croisement de cargo un peu compliqué anime mon quart pendant 45 min : il change constamment de cap et l’AIS ne cesse de m’annoncer une route de collision, quels que soient les changements de cap  (et empannages de génois !) que j’entreprends.  Pourquoi ça tombe toujours sur moi, les galères nocturnes ??

31 octobre

La mer reste agitée et de travers, c’est lassant. Ca bouge, ca tape, on a du mal à faire un pas devant l’autre sans se tenir. Vague sensation de gueule de bois, mais sans le côté fiesta qui va avec… Pour couronner le tout,  le vent tombe dans la journée et il faut se résoudre à remettre un peu de moteur. On traine notre misère…

Petite opération « crêpes du dimanche » pour remonter le moral des troupes. Inutile d’étaler la pâte dans la poële, roulis et tangage combinés suffisent à faire le plus gros du boulot !

On avance tranquillement : l’atterrissage est prévu demain matin sur Graciosa, inutile d’accélérer pour se retrouver à jeter l’ancre de nuit dans un mouillage que l’on ne connaît pas.

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24 – 27 octobre 2011 – Rabat, toujours…

24 octobre

Pluie, pluie, pluie …. Vent et grosses vagues sur la mer. Les courageux papas emmènent les courageux enfants garçons faire du bodyboard dans les rouleaux. Les courageuses mamans emmènent les infernales enfants filles en corvée d’avitaillement, en taxi ( pour préserver quand même un peu d’exotisme à la tâche… et aussi parce que cette fois c’est quand même vraiment loin).

 25 octobre

Le port est toujours « fermé » mais la pluie s’est arrêtée.  Nous décidons de laisser un peu le bateau (et les 3 000 choses à faire qui vont avec) pour aller balader dans Rabat tous les 5. On prend la barque pour traverser le Bouregreg et montons vers le Mausolée de Mohamed V et la tour Hassan II. On est loin de l’agitation de la médina : l’avenue est calme et ombragée, avec des cascades de bougainvillés qui noient les grilles des villas.

Bâti en marbre blanc d’Italie et coiffé d’un toit pyramidal recouvert de tuiles vertes (symbole de la royauté), le mausolée fait face à l’océan et aux colonnades de la Tour Hassan II.  Bien que l’architecte soit vietnamien, l’édifice a été construit dans la tradition des nécropoles royales : frises calligraphiques, zelliges polychromes (un peu comme la mosaïque de la cour de récré de la maternelle, mais en plus kitch), colonnes de marbre, coupoles d’acajou et de cèdre… C’est très joli et l’ambiance reposante. On tente de passer une petite tête curieuse par les portes grandes ouvertes de la mosquée Hassâne, mais on se fait immédiatement signifier de passer notre chemin…

Nous traversons la ville et le souk pour rejoindre la casbah des Oudaïas. Thé à la menthe et pâtisseries dans le jardin Andalou, un pur moment de bonheur (si ce n’était un petite divergence de point de vue avec les tatoueuses au henné qui ont alpagué les enfants…).

Nous montons ensuite jusqu’aux remparts de la citadelle, admirer les vagues qui viennent se fracasser sur les digues et être content de ne pas être en mer, là tout de suite maintenant !

Retour à la marina où s’improvise un apéro dinatoire avec les voisins de ponton.

26 octobre

Le départ étant peut être possible jeudi, nous nous activons pour commencer de préparer le bateau aux 4 jours de nav qui nous attendent pour rallier les Canaries. Nous avons abandonné l’idée de passer par Essaouira et préférons profiter de conditions météo favorables pour tailler sur Lanzarote. Rangement, cned, lessive, rangement, cned, lessive, rangement, cned, lesssive…etc. Je me sauve donc en courant en début d’aprem. Nous prenons le tram avec Sylvie (un beau tram Alsthom tout neuf, inauguré début aout) pour aller dans le centre de Rabat. Notre mission du jour : envoyer les enveloppes du Cned (il serait temps) et trouver des magasines français hautement culturels pour se lobotomiser tranquille en cas de mer démontée.

La balade nous emmène du Mausolée jusqu’à l’avenue Mohammed V, en passant par la place « al quelque chose » où nous prenons le temps de visiter la magnifique église de ?? (à peine un plan et pas de guide, on fait ce qu’on peut… en tout cas c’est très beau).

De retour en début de soirée, nous attendons tous avec angoisse les joyeux drilles qui nous servent d’enfants, partis seuls à Rabat 3 heures plus tôt pour trouver du matériel de pêche dans les petites rues du souk ! Rien ne les arrête. Ils rentrent paisiblement à la nuit… et se font remonter les bretelles ! Mais c’est pas de leur faute (évidemment, qu’on est bêtes…), c’est le fil de pêche qu’était tout emmêlé et il a fallu très très longtemps pour le démêler… La chouette nouvelle qui va faire plaisir à tous les copains terriens, c’est qu’en bateau aussi les punitions existent !! Privés de ponton, na !

27 octobre

Départ ajourné : le vent a soufflé très fort cette nuit et n’est pas calmé sur la mer. La houle atteint les 4 mètres et la marée est forte. Les discutions vont bon train mais il faut se rendre à l’évidence que les conditions météo ne seront favorables qu’à partir de la nuit prochaine. Comme il nous parait difficile de passer les digues à 3 heures du mat, tout le monde se range à la raison (et tant qu’à faire on range aussi le bateau !).

Il nous tarde de repartir en mer. Un dernier tour de marché pour compléter l’avitaillement et replonger une dernière fois dans l’ambiance éclectique de Salé, un petit aller-retour avec Zanzibar au ponton de gasoil, un brossage de pont dynamique avec les garçons,  et nous sommes prêts à mettre les voiles ! Evènement du jour : nous avons vidé et rangé la dernière caisse de bazar qui trainait dans le cockpit, aménagé  (bricoler serait plus juste…) les pointes avants babord et tribord pour pouvoir stocker les Légos et les Playmos ! On n’escalade plus pour accéder aux couchettes, quel luxe !

En revanche on bataille toujours autant sur la connexion internet…

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Publié dans Journal de Bord, Maroc... octobre 11 | 7 commentaires

21 – 23 octobre 2011 – escale à Rabat

21 octobre

Cned de bon matin et de bonne humeur. On prend toujours un peu de retard en navigation (mais au point où on en est…) et il faut essayer de raccrocher les wagons aux escales. On met le décalage horaire à notre avantage : 2 heures de plus pour bosser ! Manu arpente le seul et unique shipchandler (franchement sous équipé !), pour trouver ce qui nous manque encore de matériel pour arranger les bobos de Zanzibar (quand en verrons nous la fin ???). Jérôme (Loustic) et Stéphane (Modus) nous ont gentiment proposé de nous aider à re-strater les quelques fissures qui nous tracassent encore. C’est toujours plus sympa quand on n’est pas seul. Le chantier est prévu pour demain et devrait occuper la journée entière.

Nous allons balader dans Salé en fin d’après midi, histoire d’aller un peu plus loin que le bout du ponton et de s’aérer la tête. Théophile et Juliette sont à la plage avec l’équipage de Modus, nous réquisitionnons Marin pour nous accompagner. Sur l’élan on embarque aussi le petit Jérémy pour un tour de poussette.  A l’approche des remparts, j’ai l’impression d’être à St Louis du Sénégal, ca fait tout bizarre. Le dépaysement est saisissant. C’est un joyeux bazar. On se sent un peu perdus, un peu étourdis, et en même temps on a envie de plonger encore plus dans la ville.

De retour à la marina, nous abandonnons les enfants sur le bateau pour aller passer la soirée à 2 mètres, sur Loustic : ti’punch et poisson cru à la tahitienne. Et on se couche très (trop) tard…

 22 octobre

et si on stratait un peu ??

Pas de répis pour les braves, même le samedi, même en vacances : tous les gosses du ponton sont de cned (et les mamans aussi, de fait…). Chantier stratification oblige, nous désertons Zanzibar et envahissons Modus Vivendi avec ordis, cahiers, bouquins…Nous expérimentons, avec plus ou moins de réussite, le travail de groupe… L’insctinct de survie aidant, nous commençons  à nous organiser plus efficacement : on optimise les compétences et la patience de chacun-chacune, on remanie un peu le programme, on s’arrange avec les objectifs, on s’échange les enfants, on les fait s’entraider entre eux… Ca progresse !

Puis, tandis que Manu et Jérôme terminent le boulot sur le bateau,  nous partons enfin à la découverte de Rabat. Nous prenons les barquasses de pêcheur pour  traverser l’oued, c’est plus rigolo que le tramway (et aussi accessoirement bien plus cracra). Une fois débarqués sur l’autre rive, nous commençons par aller flaner entre les remparts du quartier des Oudaïas. Les rues étroites, chaulées, les portes peintes, les grilles forgées, l’apaisant jardin Andalous, le souk … La vue depuis les remparts de la casbah est très belle : d’un côté l’océan, de l’autre l’oued Bouregreg, Salé et les contreforts de Rabat. Nous reconsidérons depuis tout là-haut le passage des digues du port : on comprend sans problème pourquoi les pilotes sont indispensables pour entrer dans la marina…

La nuit descend vite. Arrivés au milieu du souk, les garçons en ont un peu marre de voir des babouches (je ne comprends vraiment pas pourquoi…) et nous abandonnent à nos essayages (Juliette veut les mêmes babouches que Lila, on ne peut pas contrarier cette petite !). On emprunte ensuite un  « raccourcis » pour redescendre plus rapidement vers la marina. On se retrouve dans une jolie petite ruelle… : une succession d’échopes sombres et minuscules,  où tout se vend et tout se trouve, des chats faméliques qui fouillent les tas d’ordures encombrant les rigoles, les restes d’abats et de poisson… Ca donne pas vraiment envie de s’assoir pour faire un pique-nique ! Mais le raccourcis raccourcit vraiment et on arrive les premières à l’embarcadère ! Et toc !

23 octobre

Attention, finale de coupe du monde de rugby ! Plusieurs tables ont été réservées pour un « p’tit déj-match » à la terrasse d’un des restau surplombant la marina (il est 7H30 du mat…).  On entend crier jusqu’à l’autre bout du port… Afin de préserver paix et sérénité parmi la communauté internationale, Théophile porte son t-shirt New Zeland.  Mais il craque et, fort dépité, le retourne au premier essai… Faut quand même pas trop en demander.

La capitainerie nous informe aussi gentiment que le port va être fermé qq jours en raison des conditions météo difficiles qui s’annoncent. Aucun bateau ne pourra entrer ou sortir avant jeudi au mieux… Les vagues empêchent le passage des digues. En revanche elles permettent aux enfants de bien faire les fous sur la plage de Salé. Les papas mettent les enfants minables au foot, les petits se baignent avec enthousiasme dans une eau à 18 °C (max) et les mamans « se les gèlent grave » en surveillant tout ce petit monde remuant. Nous nous laissons encore surprendre par la nuit et devons rentrer à tatons en traversant un chantier : nous ne sommes pas encore tout à fait au point avec l’heure TU …

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Publié dans Journal de Bord, Maroc... octobre 11 | 3 commentaires

19 – 20 octobre 2011 – d’un continent à l’autre…

19 octobre

10h15. Départ de Gibraltar en convoi : 4 catas + le voilier Loustic. Sortis de la la baie, nous fonçons au portant, toutes voiles dehors et en ciseaux. Le courant nous porte vers l’Atlantique ! La mer se creuse et blanchit à mesure qu’on s’approche de Tarifa et nous croisons quelques intrépides windsurfeurs. Le vent forcit jusqu’à 30 nœuds, Zanzibar surfe, on s’éclate ! On galère juste un peu pour maintenir les voiles en ciseaux avec la grosse houle qui nous berce. Attention aux empannages sauvages ! Nous traversons le rail en diagonale vers le cap Espartel, côté Maroc, profitant d’un trou dans le trafic des cargos. Nous sommes heureux de ne pas être partis en pleine nuit !

15h30 : travers Tanger. Adieu l’Europe, bonjour l’Afrique ! Les contours de la ville se dessinent peu à peu sur la côte brumeuse. On aperçoit quelques minarets et les façades blanches des maisons.

16h45 : On vire au large de la pointe d’Espartel. Cap au 204, premier bord en Atlantique ! Le vent est stable à 20 nœuds et au portant, la houle assez courte. Le bateau accélère et surfe sur les vagues. Nous avançons à 7-8 nœuds facile mais on trouve quand même une bonite dépressive qui vient se suicider sur nos lignes ! Cette fois on s’organise, il n’y aura pas de maladresse, elle finira sur le barbecue !

Puis la nuit tombe, bien noire, sans lune. Le ciel est absolument magnifique : voie lactée et étoiles filantes… Et au moins on ne voit pas les vagues ! On s’écarte encore vers le large pour éviter les nombreux filets dérivants et le trafic des bateaux de pêche. Le vent monte, avec des rafales à 30 nœuds, et le 1er quart est un peu musclé ! On a roulé le génois mais on a eu la flemme de faire une manœuvre périlleuse dans la houle pour prendre un ris…  Le réglage n’est pas des plus intelligents. Rien qu’avec la grand voile on file à 9-10 nœuds. Je monte encore d’un cran dans ma tolérance au stress marin. Manu n’a pas trop bien dormi (n’aurait-il pas encore entièrement confiance dans son second ??) mais les conditions se calment quand il prend son quart et la lune se lève enfin, énorme et orange sur l’horizon.

Notre convoi s’est un peu étiré au fil des heures de navigation : Modus Vivendi est loin devant, Vagabond fait route plus ou moins à nos côtés, Alexïc est un peu derrière et les Loustics ferment la marche courageusement, grand voile déchirée et équipage balloté… C’est sympa de se savoir proches les uns des autres, même si on se voit à peine. On reste à portée de VHF, les enfants peuvent discuter pêche et les capitaines options de route et réglages de voile.

20 octobre

Arrivée à Rabat dans la matinée. On met nos montres à l’heure TU.

L’accueil à la marina Bouregreg est très chaleureux. Les pilotes du port viennent à notre rencontre pour nous aider dans le passage périlleux des digues et la remontée de l’oued vers Salé. On reste 2 heures au ponton de la capitainerie pour les formalités de police, de douane, de brigade cynophile…c’est un peu longuet mais on en profite pour aller d’un bateau à l’autre et papoter.

Ils sont un peu débordés par ces 5 arrivées successives mais s’activent franchement pour nous regrouper les uns à côté des autres sur les pontons. Les emplacements sont un peu étroits et nous galérons pour manœuvrer Zanzibar entre les bateaux déjà amarrés et les catways trop rapprochés. Nous nous résignons à lâcher l’affaire, le bateau est trop large pour s’amarrer à côté des bateaux copains. Mais qu’à cela ne tienne, ici on s’adapte !!

Quelques boulons enlevés, quelques coups de masse bien placés, et c’est le catway qu’on déplace ! Epatant ! La fiesta peut recommencer. On internationalise nos relations avec quelques équipages américains, espagnols, néo-zélandais… et leur joyeuse marmaille. Les enfants se débrouillent pour baragouiner et il ne faut que quelques minutes pour les voir sauter d’un bateau à l’autre. Les ados ne perdent pas de temps et partent à la plage se rafraichir dans les vagues de l’Atlantique.  C’est plus rigolo que de ranger et laver le bateau, forcément…

A la nuit tombée nous organisons un énorme barbecue sur le ponton pour faire griller tous les poissons  (bonites et petits thons) pêchés depuis Gibraltar .  On a déjà vécu des moments plus difficiles…

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16 – 18 octobre 2011 – Gibraltar

16 octobre –  visite du Rocher

Nous partons à 15 + 2 toutous + le picnic + les polaires, à pied, à l’assaut du Rocher… Premiers pas en territoire anglais pour beaucoup ! Nous quittons la marina et rejoignons le poste frontière en longeant le bord de mer assez délabré de la Linea de la Conception. L’approche n’est pas très jolie. Une fois en Grande-Bretagne, il faut traverser la piste d’atterrissage de l’aéroport : concept assez étonnant ! Les abords de la ville ne sont pas terribles non plus de ce côté-ci de la frontière (bien que les enfants a-do-rent l’aire de jeux). Il faut attendre d’arriver dans le centre pour trouver une ambiance british. Nous errons de rues en rues, jusqu’au cable car qui nous emporte en haut du Rocher. La vue depuis les falaises est étonnante et très impressionnante. Les mythiques singes de Gibraltar viennent à notre rencontre. Les enfants sont heureux et ne savent plus où donner de la tête. Ils montent sur leurs épaules et sur leurs têtes. Il faut quand même se méfier de quelques irrascibles. Théophile est très ému de cette rencontre et nous avoue se sentir… un peu de la même famille ! Il nous fera toujours bien marrer celui là… Le fait est qu’il est particulièrement tranquille et se laisse même chercher les puces par ses nouveaux amis…

Nous redescendons à pied vers la ville mais devons abandonner le projet d’un tel retour : 9 km, 3 heures de marche, plus le temps de faire de la randonnée, surtout avec notre troupe de gnômes. Nous remontons donc ce que nous avons descendu… pour redescendre en téléphérique. Du moment que ça amuse la galerie…

De retour à la marina,  tout le monde est mort de fatigue. Nous avons marché des kilomètres. Les enfants se sont éclatés et ont été parfait. Même ceux à toutes petites jambes, qui ont pédalé toute la journée pour suivre ceux à grandes jambes.

Douches chaudes à gogo à la marina, soirée pizzas et gros dodo.

17 octobre

Manu s’en va courir les ship chandlers pour trouver de quoi réparer les pompes de cales babord, qui ne fonctionnent pas correctement. A part ça, bah … cned, gros rangement, énorme avitaillement. Passionant. Heureusement qu’on fait tout ça en bande !

On a loué une voiture et le vaillant capitaine de Modus Vivendi s’improvise chauffeur de taxi pour promener ces dames : 2 voyages pour rapporter aux bateaux les stocks d’eau, de lait, de céréales, et les milles autres petites choses destinées à remplir les estomacs sans fond de nos nombreux enfants. Dommage, on n’a pas pensé à prendre une photo des pontons…

Vagabon et son équipage arrivent à la nuit et rejoignent notre joyeuse troupe.

18 octobre

Le problème des pompes de cale est en passe d’être réglé. Manu enrole Marine et Juliette côté cale moteur pour l’aider à tout refixer. Elles sont drôlement fières d’être promues « assistantes » et prennent leur mission très au sérieux.

On se fait une journée « évaluations » au cned, histoire d’essayer de boucler le 1er envoi de devoirs. Les enfants travaillent courageusement avant d’aller retrouver les copains sur les pontons. Les playmo sont encore de sortie et envahissent le cockpit. Nous finissons par  virer les gosses et les caisses sur le parking d’à côté, sinon point de salut ! Nous redonnons peu à peu figure nautique à notre bô bateau. Il y a de moins en moins de cartons et de caisses qui trainent !

Nous sommes maintenant impatients de reprendre la mer, direction Rabat.

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Publié dans Journal de Bord, Méditerranée 2011 | 8 commentaires