08 novembre
Arrivée en milieu de journée à Santa Cruz de Ténérife, où nous retrouvons à nouveau la bande des bateaux-copains. Nous arpentons rapidement la ville, à la recherche de réseau internet et de ship chandlers… les jours se suivent et se ressemblent !
09 novembre
Nous partons, picnic en bandoulière, à l’assaut du Teide. La route des crètes est magnifique, découvrant à chaque virage un panorama unique. Le ciel bleu et l’excellente visibilité nous permettent d’admirer Gran Canaria, La Palma (où nous n’irons finalement pas), La Gomera… Nous traversons une forêt d’eucalyptus à faire pâlir d’envie tous les pandas d’Australie. A mesure que nous prenons de l’altitude, la végétation se fait plus rare et fait bientôt place aux lichens et bruyères qui tentent d’envahir les sols volcaniques.
Nous prenons le téléphérique, qui nous emmène au sommet du volcan. Nous ne pouvons malheureusement pas accéder au cratère : le nombre de visiteurs autorisés chaque jour est limité et nous n’avons pas pu avoir de places (c’est un peu le souci de tout faire au dernier moment sans jamais avoir de dates fixes). Nous pouvons néanmoins marcher quelques kilomètres (en tout cas c’est l’impression qu’on a), jusqu’à un point de vue à couper le souffle (dans tous les sens du terme : nous sommes à je ne sais plus combien d’altitude (on a égaré la brochure….) mais c’est très très haut !). La mer est loin tout en bas, des vapeurs chargées en souffre s’échappent de ci de là et il reste même un petit carré de neige coincé entre des rochers (c’est pas Isola, mais on aura quand même vu la neige cette année !!).
Le retour à la marina est marqué par l’incontournable stop avitaillement. On regrette un peu de n’avoir pas profité du service « livraison-au-ponton » du Corté Inglés de Santa Cruz… D’autant que c’est toujours les mêmes (donc plutôt les êtres humains à jupe et sac à main) qui s’y collent. Nous innovons un peu en nous laissant accompagner par Théophile et Arthur, de Modus : idée saugrenue, gain de temps nul, énervement maximum. Mais eux se sont beaucoup amusés ! Tant mieux, ça en fait au moins 2… Arrivés à la marina, à 22 heures passées, nous ne trouvons même pas quelques bras musclés pour nous aider au déchargement des 50 m3 de trucs indispensables à une mini-mini-transat de 6 jours : les hommes sont d’abord introuvables, puis apparemment débordés (apéro sur le Bubu, les pauvres…). Ils n’ont même pas pensé à faire dîner la smala des gosses… Je peux vous garantir que la vie sur un bateau rend vraiment très, très zen… Heureusement.
10 novembre
Cned, réparation du pilote automatique, enièmes bricoles à faire… On s’échappe à peine quelques heures en ville pour aller récupérer les mails à une terrasse de café.
11 novembre
Départ de Santa Cruz, au nord, pour San Miguel, au sud. Petite nav de quelques heures en patrouille avec le Bubu, principalement au moteur, avec parfois le génois quand le vent (arrière) daigne se lever un peu. On craque : il nous faut absolument un spi !
Test pour le pilote… qui se déconnecte à nouveau, plongeant le capitaine dans des abîmes de perplexité (pour rester poli)…
Nous arrivons en début de soirée et allons squatter le quai où sont déjà amarrés Blue Note, Modus Vivendi et Bégonia. Il reste environ 26 mètres de ponton pour 25 mètres de bateau cumulés avec Bubu… Il faut être inventif côté manoeuvres (et bien aidé côté ponton !). Nous sommes tellement serrés les uns derrières les autres qu’une annexe ne passerait pas ! Si on ne sait pas trop comment on a réussi à tous rentrer, on s’interroge franchement sur la méthode à adopter pour repartir… L’héli-treuillage peut-être ?
On va fêter l’exploit sur Blue Note.
12 novembre – Joyeux Anniversaire Ugo !
Il fait moche, ciel couvert et pluie. Les alentours de la marina se limitent à des résidences et des golfs, tout est loin et difficilement accessible à pied. Et on abandonne l’idée de louer une voiture en raison des prix prohibitifs. Coincés à s’occuper du bateau, des gosses et du cned… Y a ambiance sur les pontons ! Sauf pour les enfants, qui pêchent des crabes dans le port pendant des heures, jouent de la guitare, courent d’un bateau à l’autre en rigolant, fouillent les poubelles pour fabriquer des engins flottants non identifiés… et ne semblent pas perturbés le moins du monde par l’atmosphère un peu morose. Ni d’ailleurs par les trucs qu’ils pourraient faire pour aider ne serait-ce qu’une minute dans la journée (laver le pont, ranger un peu leur bazar, recopier leurs évaluations…). Pas étonnant qu’ils aient cette mine réjouie !
Tout le monde est impatient de mettre les voiles sur le Cap Vert. Les premiers départs sont prévus pour demain dimanche. Nous hésitons encore. Manu change le tableau électrique et soude tout l’après-midi en espérant que ce fichu pilote fonctionnera enfin correctement. Nous voulons pouvoir lui faire confiance avant de partir pour 800 milles. C’est rigolo de barrer, mais 5 à 6 jours d’affilée, 24h/24, à deux, c’est bof bof…
13 novembre
Départ aujourd’hui. Modus et Bubu quittent la marina dans la matinée : nous faisons passer les amarres de bateau en bateau pour les dégager du quai et leur rendre leur autonomie. C’est assez folklorique ! Nous avons un petit pincement au cœur de les voir partir sans nous, mais il ne faut pas se précipiter (c’est un coup à voir la cafetière se renverser dans les coffres…. Ou à oublier un gosse. Je ne sais pas quel est le pire).
Nous prenons le temps d’aller jusqu’au marché des producteurs de San Miguel, faire le plein de fruits et légumes. Ca nous aère la tête. De retour sur Zanzibar nous décidons de partir en fin d’après-midi et nous activons pour terminer la préparation du bateau. Le temps de reprendre une météo, de faire le plein d’eau et de gasoil, de récupérer les mails, d’en envoyer quelques uns, … et de changer d’avis ! Finalement nous partirons demain à l’aube, rien ne presse.
Apéro-ponton sur Zanzibar et enfin un peu de réseau pour skyper avec les mamies. Le bonheur !
Avant de vous laisser pour quelques jours, on voulait vraiment vous remercier pour tous vos messages, vos mails, les commentaires laissés sur le blog… Nous les attendons avec impatience à chaque escale ! Il sont la preuve que vous ne nous oubliez pas trop et que vous pensez toujours à nous, comme nous pensons à vous, tous les jours. Nous sommes heureux d’avoir de vos nouvelles, de connaitre vos dernières aventures terriennes. Nous ne pouvons malheureusement pas toujours répondre, faute de connexion internet ou de réseau ad hoc, mais chaque message nous touche et nous conforte dans l’idée ( si tant est qu’il le fallait) que ce n’est certainement pas pour fuir nos amis que nous sommes partis ! Si seulement on avait pu tous vous embarquer sur Zanzibar… Alors à très bientôt de vous lire !



































