Traversée Turks & Caicos ->Bermudes / Arrivée

Nous voilà aux Bermudes. Nous sommes arrivés hier soir à 18h heure locale (UTC-3) et avons du nous acquitter de nos obligations douanières des l’arrivée. Puis avons été accueillis par un bateau copain (Kuanidup) et avons donc immédiatement enchainé sur un petiot apéro… qui m’a fait manquer mon rapport journalier.

Ca semble très beau les Bermudes et très calme…mais qu’il y fait froid !!! Nous avons perdu au bas mot 8° sur la température de l’air et pas moins de 6° sur celle de l’eau. On se croirait en Juillet en Bretagne 🙂

Pas grand chose à dire sur nos dernière 24h de navigation: peu de vent et de face, donc moteur, et même les 2 pour pouvoir arriver Lundi soir et contrer le courant de face qui nous fait perdre un noeud. Nous allons maintenant profiter de cette belle escale et réparer les petits soucis survenus durant la nav en attendant notre équipier supplémentaire pour la transat (Cyril) qui arrive Dimanche. On devrait partir aux alentours du 15, dès qu’une bonne fenêtre météo sera là.

Globalement cette nav nous laisse un sentiment mitigé. Pas terrible pour ce qui est de la navigation à la voile (beaucoup de moteur, je peux mettre mon bleu et refaire une vidange), mais en même temps des conditions de mer tranquilles nous permettant de nous poser et de profiter de cette période toujours particulière.

Stats finales :

  • Distance parcourue : 784 Milles
  • Durée écoulée : 154 heures de nav (6 jours et 10h)
  • Vitesse Moyenne: 5,1 nds

Zanzibar.

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Traversée Turks & Caicos ->Bermudes / Jour 6

On a hésité à publier cet article ce soir. On vous imagine en effet, tous en pleine soirée post électorale, buvant champagne ou Lexomil (c’est selon…, ou mélangés s’il y a des centristes parmi vous)

Et oui, l’info est parvenue jusqu’à nous, quasiment en temps réel. Pas sûr pourtant que c’est ce qu’on était venu chercher.

Nous avons eu sur ces dernières 24h une navigation qui était tout sauf monotone: vent moyen appuyé au moteur en fin d’après midi hier, puis première partie de nuit « pétolesque » aux moyennes de vitesse honteusement basses, suivi d’un vent frais du petit matin à cet après midi, au portant d’abord puis à 60°, mais nous permettant de frôler les 10 nds en pointe. Et enfin, à l’approche de notre Beer Time, le vent retombe nous forçant à remettre un moteur. L’arrivée est proche, 130 Milles sur une route directe, ce serait chouette d’arriver demain, à voir…

Bon on ne va pas se plaindre, on a eu droit à 8 heures de navigation vraiment sympa, entre 7 et 9 nds. C’est pas la route du Rhum mais ça nous va bien, le tout sans tirer dans notre Zanzibar 🙂

On a enfin péché un poisson hier soir, justifiant d’un coup de trainer nos lignes depuis plus de 100h pour rien. Pauvres béotiens de le pèche que nous sommes, nous ne sommes même pas fichus de reconnaitre l’animal. On peut juste dire qu’il n’est pas trop gros, d’une belle robe gris/vert et qu’on va le manger ce soir avec une sauce curry/lait de coco. On vous dira demain, à moins qu’il ne soit finalement pas comestible. On a pris des photos, ça pourrait être l’occasion d’un jeu concours sur le blog, il faudra que j’en parle à la rédac-chef.

Nous avons pu retrouver un semblant de VHF et d’AIS, grâce aux connaissances poussées en électronique de notre ami JC du Bubu. En bricolant un bout de câble de 1,9 m (précis) raccordés au câble de l’antenne, on émet et on capte sur une distance de 7-8 milles environ. Ne me demandez pas comment il a pu calculer ça en partant de la fréquence d’émission des VHF, ça reste on ne peut plus nébuleux voire même du braille complet pour reprendre une expression chère à Pétout. Une fois de plus, ça marche, c’est l’essentiel.

Ce sera malgré tout un peu court pour prévenir les autorités Bermudiennes de notre arrivée à 30 Milles de leurs cotes comme ils l’exigent- les us et coutumes douanières sont d’une variété insoupçonnable, je pense qu’ils font des concours eux aussi- mais on va les prévenir… qu’on ne pourra pas les prévenir via mail. Ca devrait alléger notre peine de prison.

Sérieusement ces gens là sont formidables: ils guettent avec un radar tous les navires en approche de leur Ile, les contactent avec une radio surpuissante à 50 Milles et les guident s’ils s’approchent trop des nombreux récifs coralliens qui l’entourent. C’est pas beau ça ?

Je crois que c’est tout pour cet après midi; en plus, le dimanche au club c’est atelier découpage de poisson, alors je fonce…

Messages personnels:

– On souhaite des aujourd’hui un très bon anniversaire à Papi Kiki (qui c’est qui ne sera pas en retard ?)
– En se laissant aller on aurait bien quelques idées de messages pour Sarko, Ségo et DSKO…mais on les connait pas.

Quelques stats…

  • Distance parcourue à 16h : 654 Milles
  • Durée écoulée : 127 heures de nav
  • Vitesse Moyenne: 5,1 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 130 Milles – c’est la route directe, pas sûr qu’on puisse la conserver
  • Distance sur les dernières 24h : 132 Milles
  • Vitesse Moyenne : 5,5 nds

Zanzibar.

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Traversée Turks & Caicos ->Bermudes / Jour 4

Les jours se suivent… et heureusement ne se ressemblent pas. Youpi !

Ces dernières 24 heures ont été marquées par l’absence de vent jusqu’au petit matin, on a même affalé la Grand voile dans la nuit car elle nous freinait plus qu’autre chose. Puis enfin, une légère brise d’W nous permettant de passer la barre des 6 nds, parfois 7, est apparue au petit déjeuner (qui se prend entre 5 et 6h comme chacun le sait – certains se reconnaitront). Malheureusement le vent est encore assez faible et on ne peut obtenir ce résultat qu’en gardant un moteur en appui. On pourrait s’en passer, mais on commence à être un peu pressés d’arriver.

On souhaite aussi garder le contact avec les Bubu qui naviguent à la même vitesse que nous – sous voile, mais eux trichent, ils ont un Gennacker – car nous n’avons plus de VHF fixe. En effet nous nous sommes aperçus hier soir que l’antenne avait tout bonnement disparue… plus rien. On ne distingue même plus le bout du câble en tête de mat. On ne comprend pas trop – certainement un coup d’une mouette radio-amateur en quête de matériel – mais le fait est que ça marche beaucoup moins bien ! Il nous reste bien sûr la VHF portable de secours, mais la portée est franchement limitée.

Toujours au chapitre des petits bobos du bateau, nous avons eu hier un arrêt inopiné du moteur Bâbord : problèlme de gasoil réglé après quelques heures à démonter et réfléchir aux causes possibles. il semble que la solution soit venue d’un bon coup de souffle dans la durite qui arrive des réservoirs. Isa est très fière d’avoir eu l’idée, moi, moins content d’avoir eu à souffler. Notre désormais traditionnel pastis du midi avait un arrière gout de Gasoil, mais bon, ça remarche, c’est l’essentiel. Enfin, le winch d’écoute de génois Tribord s’est étonnement mis en grève, refusant de maintenir bloqué cette fichue écoute en lui permettant de se dérouler dans l’autre sens. Là non plus rien de méchant, un ressort de cliquet un peu tordu, vite réparé avant remplacement aux Bermudes. On en profitera pour faire un nettoyage/graissage/entretien des 5 winchs du bord.

Côté météo, la mer est belle, le soleil brille, bref tout va bien… si ce n’est la température ambiante qui commence à fraichir. On supporte de faire les quarts dans le carré désormais ou de sortir avec un tricot (spéciale dédicace pour Momo – il faudrait inventer le « tricot de sauvetage », qui tient chaud et flotte en plus) et l’eau a aussi perdu 3°. Tout cela étant contrebalancé par des jours qui ralongent franchement et une pleine lune éclairant nos quarts de nuit.

Bon, j’ai atelier pain cet après midi, je fonce…

Messages personnels: ben apparemment rien reçu au courrier aujourd’hui…

Quelques stats…

  • Distance parcourue à 16h : 522 Milles
  • Durée écoulée : 103 heures de nav
  • Vitesse Moyenne: 5,0 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 256 Milles
  • Distance sur les dernières 24h : 122 Milles
  • Vitesse Moyenne : 5,1 nds

Zanzibar.

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Traversée Turks & Caicos ->Bermudes / Jour 4

Après une après-midi et un début de nuit catastrophiques en termes de vitesse – moins de 4 nds – le vent a basculé comme prévu vers 2h du matin en NNW puis WNW – chapeau les gribs !.

On a pu sortir le Génois et arrêter le moteur vers 3h30. Matinée ventée avec 16-17 nds réels établis, nous continuons sur une route relativement directe vers les Bermudes, avec cette fois-ci des vitesses décentes, même si l’on prend un ris assez tôt pour ne pas tirer sur le bateau. On se régale avec nos pointes à 8 nds, remontant doucement la pente de notre vitesse moyenne, on y croit… mais décidément la météo n’est pas avec nous. Revoilà le vent de face, et nous revoilà par conséquence à tirer des bords de pré serré avec houle de face et fatalement un moteur en appui. Je savais bien qu’il nous fallait un Monocoque avec une quille de 3m !

Depuis on se traine à nouveau, se félicitant chaque fois qu’on dépasse 4 nds, auscultant les fichiers météo 20 fois par jour, dans l’attente d’une VRAIE bascule qui tarde à venir; demain matin peut-être.

On croise pas mal de bateaux aujourd’hui, des cargos qui filent – dans le sens du vent alors qu’ils n’en ont même pas besoin – et, ce matin,un grand mono, qui passe derrière nous. Des Américains, qui rentrent des Iles Vierges et tracent au pré serré (dire qu’on a failli se moquer d’eux…) directement sur Cheasapeake Bay, belle nav !

Rien côté pèche non plus. Les garçons avaient attrapé une belle Dorade (1m20 d’après Théo), mais elle s’est décrochée à l’approche de la jupe. Depuis, nous ratissons la mer de ses algues flottantes, remontant nos lignes et les relançant une fois nettoyées avec un acharnement qui frise l’obstination. Je décide en fin de journée que ces boules d’algues doivent nous ralentir et on remonte le tout. Super, on a gagné 0,01 nds !

Néanmoins le moral est bon sur le bateau. On prend tous notre mal en patience, chacun y va de sa cure personnelle: sommeil, lecture, Gameboy, film, un peu de cuisine, du pain… tiens, personne n’a pensé faire du CNED ?

Messages personnels:

  • Avec un peu de retard (qui a dit comme d’hab ?), tout l’équipage se joint à moi pour souhaiter un excellent anniversaire à Mamie Colette !!!
  • Une pensée particulière pour Philippe (celui de Montpellier) et Sophie, qui ont démarré une nouvelle étape de leur vie en Italie. j’avais prévu un petit mail pour Lundi mais… (qui vient de redire comme d’hab ?)

Quelques stats – pas d’amélioration…

  • Distance parcourue à 16h : 399 Milles
  • Durée écoulée : 79 heures de nav
  • Vitesse Moyenne: 5,0 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 384 Milles (pour ceux qui suivent avec une calculette, on a modifié la route – n’allez pas vous faire une méningite)
  • Distance sur les dernières 24h : 112 Milles
  • Vitesse Moyenne : 4,7 nds

Zanzibar.

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Traversée Turks & Caicos ->Bermudes / Jour 3

Bonnes conditions de navigation entre Mercredi après midi et ce jeudi matin. La nuit fut bonne, très claire et bien dégagée, avec un vent nous permettant d’avancer corectement, bien que sous-toilés, comme à notre habitude durant les nuits – on est jamais à l’abri d’un grain. Nous avons notre rythme de quarts de nuits désormais: Théo et Marin font le premier quart (21h à 23h), suivis d’Isa (23h-2h), puis moi (2h-6h). Nous alternons nos quarts avec Isa chaque jour, bénéficiant ainsi régulièrement d’une période de 5h de sommeil continue.

Malheureusement le vent tombe et refuse en fin de nuit, nous obligeant à démarrer un moteur en appui ce matin vers 9h… et depuis il n’a de cesse de tomber et de s’orienter pile poil sur notre cap. On continue donc sur une route relativement Nord (Cap au 10°) en se trainant lamentablement, bien ralentis par la houle quasiment de face; on peine à faire du 4 nds. Démarrer le second moteur semble prématuré, il nous reste encore plus de 500 Milles à parcourir.

Le vent devrait continuer à basculer vers le Nord et même NW cette nuit, on reprendra alors une route plus directe, mais tout cela reste très mou, guère plus de 10 nds.

On prends donc notre mal en patience, on profite de la mer plus calme. on navigue toujours à vue du Bubu, à quelques 4 Milles à l’Ouest, mais ça risque de ne pas durer, leur bateau étant plus rapide au moteur…On devrait toucher un peu d’air cette nuit, nous verrons bien.

Quelques stats – toujours pas folichonnes…

  • Distance parcourue à 16h : 288 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,2 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 514 Milles
  • Distance sur les dernières 24h : 119 Milles
  • Vitesse Moyenne : 4,9 nds

Zanzibar.

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Traversée Turks & Caicos ->Bermudes

Nous testons la mise à jour automatique du blog via email pour donner des news durant notre traversée. C’est le capitaine qui s’y colle, le style risque de s’en ressentir 🙂 Ces articles vont donc s’insérer au milieu de ceux publiés par Isa, sans catégorie particulière; générant un beau bazar dans son blog, mais bon, on – elle – rangera tout ça une fois arrivés aux Bermudes.

Nous attaquons la deuxième partie de notre transat retour vers la Méditerranée. Environ 3000 Milles à faire, coupés en quatre parties: – Caraibes – Turks & Caicos (400 Milles)
– Turks & Caicos – Bermudes (800 Milles)
– Bermudes – Açores (1700-2000 Milles)
– Açores – Gibraltar (1000 Milles)

Mardi 1er Mai et Mercredi 2 Mai:

Démarrage musclé avec un vent d’Est de 25-28 nds au départ de South Caicos, et surtout une mer hachée jusqu’au large. Le vent est tombé un peu par la suite (20-22 nds) mais en basculant légèrement plus nord, nous éloignant d’environ 15°-20° de la route directe, poussé de plus par la houle d’Est… On passe en mode vent pour tirer au plus serré (pas le top en cata), faisant une route quasi nord, mais en espérant bien toucher une queue de dépression en milieu de semaine, nous permettant de naviguer au portant vers les Bermudes. Quelques soucis techniques nous ralentissent néanmoins en fin de journée: alors que nous allons prendre un deuxième ris pour passer une ligne de grains, je m’aperçois que le morceau de rail de GV démontable (celui qui sert à insérer les chariots) s’est arraché, un chariot pendant lamentablement, les billes parties à l’eau. Le pas de vis n’a pas tenu dans l’alu…rien de méchant mais n’ayant pas de tarauds à bord, difficile de réparer.

On prends tant bien que mal notre ris et là, crac, c’est la sangle qui tient l’écoute de GV qui lâche d’un coup. Il nous faut affaler complètement, mais sans ce bout de rail c’est assez compliqué. Dans la manoeuvre, 2 autres chariots se videront de leurs précieuses billes. On passe la nuit sous génois seul avec un moteur en appui.

On répare tout ça ce matin après une nuit courte et mouvementée. Ca nous prends tout de même 4 heures pour désolidariser tous les chariots de la GV des boitiers de lattes, remonter des billes dans ceux qui les ont perdues, trouver un moyen de fixer le morceau de rail arraché – merci la vis miracle sortie de nulle part – et remonter, le tout avec une belle houle de 3m et 20nds établis. Que du bonheur !

Tout va bien depuis, le vent ayant légèrement faibli tout en tournant un peu plus Est. Idem pour la houle qui baisse sensiblement aujourd’hui, mais surtout, nous avons le retour du soleil, ce qui rend la navigation forcément plus agréable.

Quelques stats – pas terribles…

  • Distance parcourue à 15h30, soit en 31 heures : 166 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,4 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 636 Milles (le vent nous impose un détour de 50 Milles au moins, soit 800 milles à parcourir au total)

Zanzibar

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03 avril – 05 avril 2012 – US Virgin Islands

Cap sur les Iles Vierges Américaines : St John, St Thomas et Ste Croix, à l’ouest et au sud-ouest de l’archipel, et leur multitude d’îlots. Si historiquement les BVI ont « toujours » été britanniques (depuis le 17ème siècle), les USVI ont été alternativement, au hasard des traités et des conflits, des possessions hollandaises, anglaises, britanniques, françaises et danoises. Elles ont été achetées à ces derniers par les Etats-Unis en 1917, essentiellement pour des raisons stratégiques.

Charlotte Amalie

Bien que nous ayons déjà nos petits tampons-visas sur nos passeports, il nous faut refaire les formalités d’entrée aux USA. Retour donc sur St Thomas, mais avec nos bateaux cette fois. Arrêt éclair à Charlotte-Amalie, le temps de papoter avec les douanes, puis l’immigration, recoller nos petites empreintes sur leur machine et refaire un joli sourire à la caméra. Nous ne pouvons nous empêcher d’être un peu inquiets quand même : face au manque d’humour avéré des agents de l’administration, on a toujours peur d’avoir oublié un truc ou de donner la mauvaise réponse à une question. On surveille de près nos ados à l’humour parfois étrange…

Fish Cay, Great St James

Nous mettons ensuite le cap sur Great St James, à l’est de St Thomas. Fish Cay, sur la côte ouest, est une très jolie réserve que nous nous empressons de découvrir avec palmes, masques et tubas. Les rochers affleurant la surface sont des aquariums dans lesquels nous barbotons inlassablement. Un banc d’élégants poissons blancs et noirs bleutés (une variété d’Angel Fishes ?), curieux et bien peu effrayés de notre présence dans leur jardin, nous entourent et nous frôlent : drôles de sensations !

Nous rallions d’un coup d’annexe Redhook Bay, sur St Thomas, pour assurer un peu d’avitaillement. Ce n’est assurément pas le plus pratique pour faire ses courses (une demi-heure à se faire secouer à l’aller, une demi-heure à se faire secouer au retour), mais ça a le mérite d’être quand même bien amusant. Nous rentrons avec le soleil couchant, sur une mer aux reflets écarlates, en jonglant avec les paquets et les œufs qui décollent sur les vagues : c’est tellement beau, et on est tellement heureux, on ne donnerait notre place pour rien au monde (et surtout pas pour un vrai caddie de supermarché !).  Pour rien au monde, sauf peut-être pour une annexe un peu plus grande…

Fish Cay, Great St James

Nous restons scotchés dans notre jolie petite baie pendant deux jours, à profiter des baignades, des jolis fonds sous-marins, et surtout avancer le Cned pour pouvoir confier toutes les dernières évaluations à Steph et Marie, sur le Bubu, qui reprennent l’avion dans quelques jours. Comme les délais d’acheminement des envois postaux sont parfois délirants, les équipiers de passage sur les bateaux sont souvent réquisitionnés pour rapporter les « petites » enveloppes à bon port.

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25 mars – 02 avril 2012 – British Virgin Islands, 2nd round

25 mars – Les Baths, Virgin Gorda – Peebles Hospital, Tortola

Les Bubu vont récupérer des copains à Tortola puis nous décidons tous de retourner aux Baths. Nous improvisons une petite régate à deux pour rejoindre l’ile de Virgin Gorda… et ils nous battent, plongeant le capitaine dans des affres de désolation… Mais qu’à donc ce bateau ?? Outre une magnifique culture d’algues sur les coques que nous peinons à contenir, et une bordure de GV en vrac depuis qu’on a cassé l’embout de bôme ? Mystère et boule de gomme…

En (bons ?) perdants, nous allons d’un coup d’annexe présenter nos hommages aux vainqueurs et partager une bière. Et là, soudain, c’est le drame….

La houle rend le débarquement sur Bubu un peu sportif. Sur une vague, le pied de mamie Monique glisse au fond du dinghy et CRAC, le bras ! Moment de flottement parmi les troupes. On se regarde tous un peu interloqués. On pense d’abord à ce qui nous arrangerait : que ce n’est rien, que la douleur va passer. Mais ça ne passe pas… Et il y a quand même eu ce sinsitre craquement… Nous retournons tant bien que mal (surtout mal…) sur Zanzibar et commençons à réfléchir à la façon dont procéder pour débarquer mamie, de l’annexe puis du bateau. Pas simple avec ces vagues. Arnachée dans l’ancienne atelle de Théo (ça a du bon d’avoir un gosse casse-cou finalement, nous sommes très bien équipés en orthèse de tout genre), elle arrive à rejoindre courageusement le pont du bateau. On peut regarder un peu plus tranquillement ce qu’il en est, et le résultat de nos investigations n’est pas genial…  Pas besoin d’être médecin pour comprendre que le bras semble cassé au niveau de l’humérus. On met alors tous nos petits neurones en commun pour organiser le plus efficacement possible les secours.

Qui appeler ? L’hôpital Purpan à Toulouse ? Un médecin sur Virgin Gorda ? Les gardes-côtes ? On essaie de contacter le VISAR, le Virgin Island Search and Rescue, la SNSM locale. Ils ne répondent pas, ni au téléphone, ni sur VHF. La nuit tombe rapidement. Pendant que Laura (ma bonne fée !) embarque tous les enfants sur le Bubu, le temps de voir venir, on essaie les gardes-côtes sur le canal 16. Ils sont loin (Porto-Rico) et la liaison est très mauvaise, mais Manu arrive malgré tout, tentative après tentative, à leur communiquer notre position et à leur expliquer la situation. Ils nous envoient alors « rapidement » l’ équipe du VISAR basée sur Virgin Gorda. On allume notre feu de détresse à éclat pour qu’ils nous localisent sans mal et nous les voyons arriver avec soulagement. Le plus difficile reste cependant à venir : monter à bord de leur Zodiac, traverser jusqu’à la pointe Est de l’île de Tortola (la plus proche de nous), où on pourra prendre un taxi pour rejoindre l’hôpital de Great Harbour. Jolie balade de santé…

Et c’est ainsi que nous embarquons pour 35 à 40 minutes de mer (et de vagues), suivies de 25 minutes de taxi (et de routes défoncées)… On ne sait pas ce qui est le pire des deux… Heureusement que notre mamie n’est pas une mauviette et qu’elle est garantie tout terrain !  Du coup nous sommes heureuses d’arriver dans le magnifique et tout vieux Peebles Hospital. Tout n’est qu’une question de relativité… Attente, examen, attente, radios (oh la belle fracture bien déplacée !), attente, re-examen… Impossible d’opérer sur l’hôpital, pas très équipé apparemment pour ce genre d’intervention (ils n’ont surtout pas de chirurgien orthopédique à demeure, et le leur ne vient que le vendredi…). En attendant de prendre une décision, on nous colle dans un box des urgences pour la nuit, où la température frôle les 12 degrés (on ne risque pas de s’attraper une maladie nosocomiale ! Une pneumonie, en revanche…). On « dort » recroquevillées dans nos vestes de quart et on attend le petit matin avec impatience…

 26 mars – Bougainvillea Clinic, Tortola

Pas de café, pas de petit déj, au moins on gagne du temps (c’est quand même le seul hôpital du monde dans lequel ne traine pas la moindre petite machine à café..)! Je pars à la clinique d’à côté essayer de dépatouiller quelque chose pour que mamie soit opérée le plus rapidement possible. Etablissement privé classé 25 étoiles au Michelin, la directrice me prend par la main, m’offre un café, me prête son téléphone pour contacter Europ Assistance, me chouchoute, me dépêche un chauffeur pour organiser le transfert depuis l’hopital… Après une nuit blanche, c’est juste parfait.

Quand on arrive à la clinique, nous sommes immédiatement reçues par le chirurgien, magicien de son état, puis l’anesthésiste. L’opération se révèle être la seule solution pour réduire efficacement la fracture. En attendant l’accord de l’assurance, mamie est installée dans une jolie chambre très claire, avec vue sur Zanzibar (que Manu vient de ramener avec les enfants sur Tortola). Descendue au bloc en début d’après-midi, elle est de retour quelques heures après, avec un nouveau bras bionique équipé de plaques et de vis. Merveilleux ! Pas de points à retirer, pas de pansement à refaire, une anesthésie qui va encore faire effet 48 heures, c’est du sur mesure pour le bateau ! Encore une petite nuit à se faire bichonner par ses amours d’infirmières et on pourra reprendre la mer. Incroyable.

27 mars – Leverick Bay, Virgin Gorda

Arrivée sur Leverick Bay

Tout le personnel défile dans la chambre pour venir faire ses adieux.  On a l’impression d’être restés là un mois !

On embarque depuis un ponton de gasoil (on va éviter l’annexe quelques temps…) puis mettons le cap sur Leverick Bay, au nord de l’île de Virgin Gorda. Mamie prend tranquillement ses nouvelles marques sur Zanzibar.

Happy Arrrr

Soirée Happy Arrrr à terre. Nous abandonnons les gosses et leur grand-mère pour la soirée. Nous devons discuter entre adultes responsables de la suite de notre programme de navigation des prochains jours. C’est qu’on a de graves décisions à prendre : Anegada ou Anegada ? Notre vie n’est pas facile tous les jours…

28 mars – Pomato Point, Anegada

Anegada

Nous arrivons au paradis, ou en tout cas à l’idée qu’on peut s’en faire.  Une île qui semble juste affleurer les eaux turquoises, une immense plage déserte, une végétation sauvage où broutent quelques ânes en liberté… et le silence, énorme. Le temps n’est pas suspendu, il est définitivement arrêté.

Anegada

On va à l’hôtel du coin (à une demi-heure de dinghy…) récupérer notre embout de  bôme, expédié via le ferry par la si gentille et efficace Elizabeth Harley, de Richardsson Rigging, à Tortola. Une fois à terre on a une vague impression d’ambiance limite post-apocalyptique : rien ne bouge dans la chaleur ouatée, ou alors comme au ralenti. On n’entend rien si ce n’est le ronronnement des ventilateurs. On s’attend à voir la poussière du désert se soulever en un tourbillon au milieu de la route, comme dans les films. Etonnant.

Anegada

C’est le désert aussi sous l’eau : 3 pauvres poissons se battent en duel, mais on s’en moque, c’est tellement beau dehors. On se baigne, on se promène sur la plage, on traine les enfants dans l’eau avec l’annexe, on bouquine, on ne fait rien (pas de wifi, pas d’ordi !), et c’est chouette.

Anegada

Comme nous ne sommes jamais à court d’idées très longtemps, Manu et ses compères gourmets, Bubu and Co et Blue Note, trouvent un petit lolo sur la plage où déguster des langoustes fraiches grillées. Sauf que… on ne va pas s’amuser à rembarquer mamie dans l’annexe 3 jours à peine après son opération (on risquerait d’avoir des ennuis avec ses autres enfants préférés).  Il va donc falloir que les langoustes viennent à nous. Qu’à cela ne tienne, à cœur vaillant (et hommes gourmants) rien d’impossible : ils partent de nuit avec l’annexe nous chercher notre pitance. Périlleuse aventure avec les vagues qui roulent sur la plage (ce qui est finalement quand même bien peu de choses en regard de ce que faisaient les hommes préhistoriques pour chasser…). Ils reviennent sur Zanzibar trempés. Mais les langoustes sont saines et sauves (c’est à dire mortes et grillées à point) ! Miam miam miam.

Mais on ne peut raisonnablement pas s’installer à Anegada ad vitam. Les jours passent et le timing se fait de plus en plus pressant (et pesant). Alors nous prenons notre courage à deux mains pour repartir vers de nouvelles aventures, direction Jost Van Dyke, tout à l’ouest des BVI.

30 mars – Little Harbour, Jost Van Dyke

Jost Van Dyke, Little Harbour

Nous prenons une bouée à Little Harbour pour la nuit. La baie a un petit quelque chose d’inexplicable, qui lui confère un certain charme un peu désuet. Quelques lolos ont installé  sur le rivage leurs jolies cases colorées, et même des pontons où accoster avec les bateaux. Mais nous préférons rester sagement à bord de Zanzibar pour la soirée.

31 mars – Great Harbour, Jost Van Dyke

Jost Van Dyke, Great Harbour

Nous partons dès le lendemain matin pour Great Harbour. Le mouillage est plus vaste et les bateaux y sont donc plus nombreux (on ne peut pas être seuls tout le temps…). L’animation à terre se concentre autour du Foxy’s, sympathique bar sur la plage, qui accueille le soir des groupes de musique pour des concerts live. On y croise des navigateurs de tout poil et la déco hétéroclyte est à l’avenant : drapeaux,

Jost Van Dyke, Great Harbour

fanions, t-shirts découpés, cartes de visite du monde entier, … on est loin de l’ambiance british « salon de thé »… On y vient pour avoir un peu de réseau et on s’y trouve tellement bien qu’on décide d’y rester : profitant d’une mer très calme, on teste (avec succès) l’annexe avec mamie. Elle est bien contente de descendre un peu à terre pour se dégourdir les jambes ! Et on traine ainsi des heures durant, pendant que les enfants s’occupent tranquillement entre la plage, la terrasse, les hamacs.

L’escale est aussi  un peu « technique » (comme souvent …) : le tube de l’enrouleur de génois a besoin de quelques vis neuves. Alors on affale la toile et Manu fait l’acrobate pour réparer. Opération toujours rigolote quand il y a un peu de houle, même au mouillage (et des copains blagueurs qui font des tours en annexe autour du bateau…)!

01 avril  – The Caves, Norman Island… et poissons d’avril partout sur le bateau !

Prevateer Bay

Dernière escale aux British Virgin Island avant de partir sur les USVI. Et quelle escale ! A Treasure Point, en découvrant les Caves (trois grottes envahies par la mer), on veut croire encore aux légendes, aux pirates et aux trésors cachés qui ont fait l’histoire de cette île. Elle inspira Robert Stevenson pour son « Ile au trésor », dont le film m’a tellement effrayée étant petite. Mais dans le soleil éclatant qui illumine le rivage, l’ambiance est quand même bien moins inquiétante ! On peut cependant facilement imaginer pire… L’endroit est magique. On prend une bouée à quelques mètres à peine de l’entrée des grottes, le temps d’aller explorer les tombants foisonnant de poissons d’un coup de snorkling. Puis on s’éloigne un peu de l’agitation de ce point hautement touristique : les bouées sont tellement proches les unes des autres que les bateaux se touchent parfois en évitant ! Nous déménageons à Prevateer Bay, juste au Sud, pour y passer la nuit (et même finalement deux nuits tellement c’est chouette et tranquille). Et nous fêtons joyeusement l’anniversaire de Marie, sur Bubu.

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Publié dans Caraïbes... janvier à mai 11, Journal de Bord | 2 commentaires

20 mars – 24 mars 2012 – British Virgin Islands, 1st round

20 mars – Départ de St Martin

Départ de St Martin

Anne et Phiphi ont pris leur journée de mardi et les loulous font l’école buissonnière. S’ils ratent souvent les arrivées, ces zozos ne manquent pas les départs. C’est juste affreux de les quitter.  Le même déchirement que lorsque nous avons quitté Bouzigues il y a presque 6 mois. Alors promesse est faite de nous retrouver tous à Cournon au mois d’août.

Nous partons sur une jolie nav de nuit pour rejoindre les Iles Vierges Britanniques, à 80 nautiques de St Martin. Cet archipel marque la limite Nord Ouest des Petites Antilles mais est beaucoup plus proche culturellement de Porto Rico et des Etats-Unis. A l’origine peuplées par quelques tribus d’Amérindiens, ces îles furent « découvertes » et baptisées par Christophe Colomb. Elles furent pourtant délaissées par les Espagnols, qui leur préféraient les territoires riches du continent Sud Américain. Mais sur la route du retour vers l’Espagne, les gallions chargés de richesses devaient frôler ces Iles Vierges pour trouver les vents portants : elles devinrent ainsi un véritable repaire de pirates, pour la plupart anglais, hollandais et français. L’histoire des îles est empreinte des hauts faits et des légendes de flibustiers devenus tristement célèbres.

Nous achevons d’exploser l’embout de bôme après 20 minutes, dans les mêmes conditions de mer et de vent que la première fois. Nickel. Ca, c’est fait, on peut passer à autre chose ! Par exemple profiter du magnifique coucher de soleil, après avoir pétassé un vague point d’ancrage de secours pour la bordure de GV. Pas de lune mais des étoiles, et une petite houle arrière qui nous berce… Eole se fait un peu prier avant de nous emporter au grand largue sur les dernières heures de la nuit. Les enfants, enrhumés et fatigués, nous plantent au moment de prendre leur quart… Nous assurons donc bravement notre nuit sans eux, en dépit de notre petite forme post-fiestas Saint Martinoises…

21 mars – The Baths, Virgin Gorda

Nous atterrissons sur la côte extrême sud-ouest de l’île de Virgin Gorda, après avoir fait le tour de Round Island pour ne pas tenter le diable dans la passe au Nord des Blinders… Un petit cargo échoué sur les rochers n’invite d’ailleurs pas à prendre des risques inutiles.

Nous retrouvons l’équipage du Bubu, parti quelques jours avant nous de St Martin. Réserve naturelle oblige, le mouillage est interdit dans la zone et nous prenons une bouée devant les mythiques Baths, sous un beau grain (comme d’hab !) et à l’arrache (c’est un peu la loi de la jungle : il faut être drôlement réactif pour ne pas se faire piquer la bouée sous l’étrave…). Les Baths sont un labyrinthe de baignoires naturelles en partie envahies par la mer, formées dans un amoncellement de blocs de granit d’origine volcanique, disséminés le long de la plage. Le spectacle est tout à fait étonnant : des petites piscines aux eaux cristallines se cachent entre les rochers ou dans les grottes creusées par le vent, les marées ou les tempêtes. Les dinghy n’étant pas autorisés à accoster, on nage jusqu’à la plage puis on chemine lentement dans le dédale de roche jusqu’à Devil’s Bay. Jolie promenade aquatico-pédestre. Les enfants se régalent de ces rochers à escalader, des grandes flaques d’eau claire où se trempouiller, des nombreuses cachettes où jouer aux pirates.

Le temps est toujours à la pluie quand la nuit tombe. Les grains se succèdent sans cesse, avec suffisamment de vent pour tout tremper dans le cockpit. Nous profitons du flou artistique entourant la réglementation du parc pour y passer la nuit, et s’éviter ainsi une nouvelle chasse aux bouées à St Thomas Bay, un peu plus au Nord.

22 mars – Road Harbour, Tortola

Nous quittons les Baths dans la matinée pour rallier l’île de Tortola. Le temps étant toujours aussi gris et maussade, et un petit coup de vent étant annoncé pour les prochaines 48 heures, nous décidons de mettre le bateau en sécurité pour pouvoir le laisser toute une journée, le temps de faire un aller-retour en navette jusqu’au Iles Vierges Américaines pour obtenir notre visa pour les States ! Sans ce graal, point de stop à Porto-Rico possible…

Nous trainons pendant 3 heures à chercher désespérément une bouée à Road Harbour, que nous pensons être le seul point de départ des ferrys. On finit par échouer dans la pauvre marina très moche de Village Cay…  à 100 usd la nuit ! (sans l’eau ni l’électricité…). Au secours ! Après une très rapide enquête, nous déménageons finalement de quai : le ponton juste à côté appartient à une autre marina, qui nous propose 35 usd de moins, pour la même absence de prestations et toujours la même mocheté. Nous n’en sommes plus à une manœuvre près ! Dommage qu’il n’y ait pas encore une autre marina un peu plus loin, on commençait à être bien échauffés… En plus il continue de pleuvoir sans discontinuer. C’est tout à fait charmant.

23 mars – St John’s (USVI)

Nous sommes sur le pont aux aurores pour fomenter dans le plus grand secret notre plan-visa…

Petites explications : il est interdit d’entrer sur le territoire des Etats-Unis avec sa propre embarcation (ou son propre avion) si une demande de visa spécial n’a pas été faite auparavant. Avec notre grand sens de l’organisation et de l’anticipation, il est évident que la demande de visa est restée à l’état de projet : c’était trop loin, trop compliqué, et on avait d’autres chats à fouetter (ou de bateau à réparer, plutôt, le chat ne nous ayant rien fait… ). Mais comme nous ne sommes pas les seuls mauvais élèves à naviguer, les idées lumineuses circulent rapidement : LA solution est de prendre un ferry depuis les Iles Vierges Britanniques pour arriver à St Thomas, aux Iles Vierges Américaines, comme n’importe quel touriste, à bord d’un navire commercial. Petit coup de tampon sur le passeport, et hop ! Fastoche !

L’idée lumineuse n’en est pas moins très onéreuse et nous sommes heureux d’avoir au final les visas les plus chers de toute la Terre : 6 aller-retours en ferry, plus les taxes locales, plus les formulaires Esta,  plus le restau du midi, plus le shopping en détax. à Charlotte-Amélie (c’est bientôt mon anniversaire, alors Manu m’a dégoté l’appareil photo dont il rêvait depuis longtemps…), plus la marina moche pour laisser le bateau (alors que nous découvrons que la navette passe aussi par le joli mouillage de Soper’s Hole, à West End…). Mais que ne ferions nous pas pour aller à Porto Rico ??

Bubu et Blue Note sont du voyage et nous passons une très chouette journée tous ensemble. On croise même l’équipage de Bégonia, des américains avec qui nous avions navigué par intermittence de Rabat aux Canaries ! Notre vaste monde est si petit…

La ville de Charlotte –Amélie est très touristique : d’énormes paquebots déversent chaque jour dans les rues principales des milliers de touristes. Mais elle n’en est pas moins charmante, avec ses nombreux passages traversiers, petits havres de tranquillité à deux pas du tumulte de la rue. La vie semble s’arrêter à l’ombre de ces façades colorées, balcons fleuris, arbustes et petites fontaines…

24 mars – Great Harbour, Peter Island

Maintenant que notre problème de visa est réglé, nous pouvons poursuivre notre découverte des BVI : nous mettons le cap sur Peter Island, à quelques nautiques. Nous prenons une bouée à  Great Harbour, tout près de la plage et d’un joli tombant plein de jolis poissons. Un aquarium géant rien que pour nous !

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11 mars – 19 mars 2012 – derniers jours à St Martin

Réveil difficile. La faute à l’émotion (les kamikases ne sont qu’un malheureux catalyseur)… On se sent un peu perdus à cinq sur notre grand bateau vide. Heureusement que l’animation continue à terre !

Mamie Monique débarque le mardi 13 mars avec les parents d’Anne, après de longs mois si loin les uns des autres : ma Sophie de soeurette, petite dernière forcément préférée, nous l’a réquisitionnée à la Réunion alors que c’est même pas elle qu’avait eu l’idée de partir en prems ! C’est moche ! A moins que déménager seule là-bas avec 4 petits bouts, pendant qu’on transatait tranquillement avec son gentil mari, soit une raison recevable… Après tout pourquoi pas…

La voiture tombe en panne au retour de l’aéroport : bienvenue dans notre vie, mamie ! Il faut savoir varier les plaisirs pour tromper l’ennui qui pourrait peut être nous guetter… David vient nous secourir et nous arrivons à rallier Oyster Pond sans trop de problème. Toujours aussi déterminés dans notre lutte anti-décalage horaire, nous enchainons sans scrupule sur un diner au Quai Ouest… suivi d’un retour au bateau en annexe. Après ça une bonne nuit de sommeil, et hop, les vacances peuvent commencer !

Dès le mercredi, première sortie en mer avec mamie pour … Tintamarre (à chacun sa petite fixation) ! On embarque Louis et Lina, tous seuls rien que pour nous pendant deux jours ! Toujours les tortues, les jolies poissons, et le dauphin de l’autre jour qui a eu l’excellente idée de ramener ses copains ! Nous retrouvons aussi avec bonheur le Bubu, qui arrive d’Antigua-Barbuda-St Barth, et que nous avions laissé en Martinique il y a un siècle déjà. En regardant leurs photos de Barbuda nous prenons la mesure de tout ce que nous avons manqué avec cette fichue panne moteur ! C’est une si jolie partie des Caraïbes que nous ne verrons pas….

De retour sur Saint-Martin, nous restons au mouillage à Orient Bay, tout près d’Anne et Phiphi. La barrière de corail peine à casser les vagues et nous tanguons allègrement. Mais ça berce. En revanche les balades en annexe sont très humides et les opérations de débarquement et embarquement pour rejoindre la terre sont franchement compliquées. Nous rentrons trempés comme des soupes à chaque tentative. C’est la plaisance, c’est le pied !

Nous décidons de partir sur St Barth pour notre dernier week-end saint-martinois, avec les copains et les copines. Mais quelques malades disséminés dans les rangs nous font changer nos plans : inutile de prendre le bateau si les enfants toussotant et morvouillant ne peuvent pas se baigner. Nous restons donc sur Orient Bay et faisons la fiesta à terre (et quelle fiesta !).

Puis nous rejoignons notre ponton d’Oyster Pond pour préparer tranquillement notre départ vers les Iles Vierges : nettoyage, avitaillement, vérifications diverses et variées, « derniers » bricolages… et surtout « goodbye party »  avec la famille des copains !! Carole et Ina (que nous aurons malheureusement à peine vues en un mois…) nous ont fait profiter des fournisseurs pro de l’Estaminet (leur petite merveille de restau à Grand Case) et arrivent avec une cargaison de viande, huile d’olive, sucre, vin, bière… Les performances de Zanzibar risquent fort d’en être affectées (ça pèse tout ça…), mais les performances de l’équipage dopé à la viande rouge compensera certainement ! Dans la foulée, Ina nous donne aussi un petit cours de fabrication de pain. Et comme rien ne l’arrête, elle nous en fait taf-taf une fournée entre 2 petits rhums, sur le ponton. Pourquoi est-ce que nous, ça nous prend une matinée ??

Attaquée sur le quai, terminée en musique au Quai Ouest, la fête s’étire joyeusement dans la nuit. On savoure chacune de ces petites secondes de bonheur. On fait certainement un peu fous furieux à chanter et danser sur la terrasse de Nadia, mais difficile d’expliquer ce qui nous lie depuis toutes ces années. En dépit de certaines apparences, cela n’a définitivement rien à voir avec les citrons et les glaçons, ou le Rosé du Château Paradis, ou le Ménetou-Salon…  Rien à voir non plus avec les latitudes et les longitudes qui nous séparent. Peut-être avec le cœur de notre tribu élastique, alors ?

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