25 mars – 02 avril 2012 – British Virgin Islands, 2nd round

25 mars – Les Baths, Virgin Gorda – Peebles Hospital, Tortola

Les Bubu vont récupérer des copains à Tortola puis nous décidons tous de retourner aux Baths. Nous improvisons une petite régate à deux pour rejoindre l’ile de Virgin Gorda… et ils nous battent, plongeant le capitaine dans des affres de désolation… Mais qu’à donc ce bateau ?? Outre une magnifique culture d’algues sur les coques que nous peinons à contenir, et une bordure de GV en vrac depuis qu’on a cassé l’embout de bôme ? Mystère et boule de gomme…

En (bons ?) perdants, nous allons d’un coup d’annexe présenter nos hommages aux vainqueurs et partager une bière. Et là, soudain, c’est le drame….

La houle rend le débarquement sur Bubu un peu sportif. Sur une vague, le pied de mamie Monique glisse au fond du dinghy et CRAC, le bras ! Moment de flottement parmi les troupes. On se regarde tous un peu interloqués. On pense d’abord à ce qui nous arrangerait : que ce n’est rien, que la douleur va passer. Mais ça ne passe pas… Et il y a quand même eu ce sinsitre craquement… Nous retournons tant bien que mal (surtout mal…) sur Zanzibar et commençons à réfléchir à la façon dont procéder pour débarquer mamie, de l’annexe puis du bateau. Pas simple avec ces vagues. Arnachée dans l’ancienne atelle de Théo (ça a du bon d’avoir un gosse casse-cou finalement, nous sommes très bien équipés en orthèse de tout genre), elle arrive à rejoindre courageusement le pont du bateau. On peut regarder un peu plus tranquillement ce qu’il en est, et le résultat de nos investigations n’est pas genial…  Pas besoin d’être médecin pour comprendre que le bras semble cassé au niveau de l’humérus. On met alors tous nos petits neurones en commun pour organiser le plus efficacement possible les secours.

Qui appeler ? L’hôpital Purpan à Toulouse ? Un médecin sur Virgin Gorda ? Les gardes-côtes ? On essaie de contacter le VISAR, le Virgin Island Search and Rescue, la SNSM locale. Ils ne répondent pas, ni au téléphone, ni sur VHF. La nuit tombe rapidement. Pendant que Laura (ma bonne fée !) embarque tous les enfants sur le Bubu, le temps de voir venir, on essaie les gardes-côtes sur le canal 16. Ils sont loin (Porto-Rico) et la liaison est très mauvaise, mais Manu arrive malgré tout, tentative après tentative, à leur communiquer notre position et à leur expliquer la situation. Ils nous envoient alors « rapidement » l’ équipe du VISAR basée sur Virgin Gorda. On allume notre feu de détresse à éclat pour qu’ils nous localisent sans mal et nous les voyons arriver avec soulagement. Le plus difficile reste cependant à venir : monter à bord de leur Zodiac, traverser jusqu’à la pointe Est de l’île de Tortola (la plus proche de nous), où on pourra prendre un taxi pour rejoindre l’hôpital de Great Harbour. Jolie balade de santé…

Et c’est ainsi que nous embarquons pour 35 à 40 minutes de mer (et de vagues), suivies de 25 minutes de taxi (et de routes défoncées)… On ne sait pas ce qui est le pire des deux… Heureusement que notre mamie n’est pas une mauviette et qu’elle est garantie tout terrain !  Du coup nous sommes heureuses d’arriver dans le magnifique et tout vieux Peebles Hospital. Tout n’est qu’une question de relativité… Attente, examen, attente, radios (oh la belle fracture bien déplacée !), attente, re-examen… Impossible d’opérer sur l’hôpital, pas très équipé apparemment pour ce genre d’intervention (ils n’ont surtout pas de chirurgien orthopédique à demeure, et le leur ne vient que le vendredi…). En attendant de prendre une décision, on nous colle dans un box des urgences pour la nuit, où la température frôle les 12 degrés (on ne risque pas de s’attraper une maladie nosocomiale ! Une pneumonie, en revanche…). On « dort » recroquevillées dans nos vestes de quart et on attend le petit matin avec impatience…

 26 mars – Bougainvillea Clinic, Tortola

Pas de café, pas de petit déj, au moins on gagne du temps (c’est quand même le seul hôpital du monde dans lequel ne traine pas la moindre petite machine à café..)! Je pars à la clinique d’à côté essayer de dépatouiller quelque chose pour que mamie soit opérée le plus rapidement possible. Etablissement privé classé 25 étoiles au Michelin, la directrice me prend par la main, m’offre un café, me prête son téléphone pour contacter Europ Assistance, me chouchoute, me dépêche un chauffeur pour organiser le transfert depuis l’hopital… Après une nuit blanche, c’est juste parfait.

Quand on arrive à la clinique, nous sommes immédiatement reçues par le chirurgien, magicien de son état, puis l’anesthésiste. L’opération se révèle être la seule solution pour réduire efficacement la fracture. En attendant l’accord de l’assurance, mamie est installée dans une jolie chambre très claire, avec vue sur Zanzibar (que Manu vient de ramener avec les enfants sur Tortola). Descendue au bloc en début d’après-midi, elle est de retour quelques heures après, avec un nouveau bras bionique équipé de plaques et de vis. Merveilleux ! Pas de points à retirer, pas de pansement à refaire, une anesthésie qui va encore faire effet 48 heures, c’est du sur mesure pour le bateau ! Encore une petite nuit à se faire bichonner par ses amours d’infirmières et on pourra reprendre la mer. Incroyable.

27 mars – Leverick Bay, Virgin Gorda

Arrivée sur Leverick Bay

Tout le personnel défile dans la chambre pour venir faire ses adieux.  On a l’impression d’être restés là un mois !

On embarque depuis un ponton de gasoil (on va éviter l’annexe quelques temps…) puis mettons le cap sur Leverick Bay, au nord de l’île de Virgin Gorda. Mamie prend tranquillement ses nouvelles marques sur Zanzibar.

Happy Arrrr

Soirée Happy Arrrr à terre. Nous abandonnons les gosses et leur grand-mère pour la soirée. Nous devons discuter entre adultes responsables de la suite de notre programme de navigation des prochains jours. C’est qu’on a de graves décisions à prendre : Anegada ou Anegada ? Notre vie n’est pas facile tous les jours…

28 mars – Pomato Point, Anegada

Anegada

Nous arrivons au paradis, ou en tout cas à l’idée qu’on peut s’en faire.  Une île qui semble juste affleurer les eaux turquoises, une immense plage déserte, une végétation sauvage où broutent quelques ânes en liberté… et le silence, énorme. Le temps n’est pas suspendu, il est définitivement arrêté.

Anegada

On va à l’hôtel du coin (à une demi-heure de dinghy…) récupérer notre embout de  bôme, expédié via le ferry par la si gentille et efficace Elizabeth Harley, de Richardsson Rigging, à Tortola. Une fois à terre on a une vague impression d’ambiance limite post-apocalyptique : rien ne bouge dans la chaleur ouatée, ou alors comme au ralenti. On n’entend rien si ce n’est le ronronnement des ventilateurs. On s’attend à voir la poussière du désert se soulever en un tourbillon au milieu de la route, comme dans les films. Etonnant.

Anegada

C’est le désert aussi sous l’eau : 3 pauvres poissons se battent en duel, mais on s’en moque, c’est tellement beau dehors. On se baigne, on se promène sur la plage, on traine les enfants dans l’eau avec l’annexe, on bouquine, on ne fait rien (pas de wifi, pas d’ordi !), et c’est chouette.

Anegada

Comme nous ne sommes jamais à court d’idées très longtemps, Manu et ses compères gourmets, Bubu and Co et Blue Note, trouvent un petit lolo sur la plage où déguster des langoustes fraiches grillées. Sauf que… on ne va pas s’amuser à rembarquer mamie dans l’annexe 3 jours à peine après son opération (on risquerait d’avoir des ennuis avec ses autres enfants préférés).  Il va donc falloir que les langoustes viennent à nous. Qu’à cela ne tienne, à cœur vaillant (et hommes gourmants) rien d’impossible : ils partent de nuit avec l’annexe nous chercher notre pitance. Périlleuse aventure avec les vagues qui roulent sur la plage (ce qui est finalement quand même bien peu de choses en regard de ce que faisaient les hommes préhistoriques pour chasser…). Ils reviennent sur Zanzibar trempés. Mais les langoustes sont saines et sauves (c’est à dire mortes et grillées à point) ! Miam miam miam.

Mais on ne peut raisonnablement pas s’installer à Anegada ad vitam. Les jours passent et le timing se fait de plus en plus pressant (et pesant). Alors nous prenons notre courage à deux mains pour repartir vers de nouvelles aventures, direction Jost Van Dyke, tout à l’ouest des BVI.

30 mars – Little Harbour, Jost Van Dyke

Jost Van Dyke, Little Harbour

Nous prenons une bouée à Little Harbour pour la nuit. La baie a un petit quelque chose d’inexplicable, qui lui confère un certain charme un peu désuet. Quelques lolos ont installé  sur le rivage leurs jolies cases colorées, et même des pontons où accoster avec les bateaux. Mais nous préférons rester sagement à bord de Zanzibar pour la soirée.

31 mars – Great Harbour, Jost Van Dyke

Jost Van Dyke, Great Harbour

Nous partons dès le lendemain matin pour Great Harbour. Le mouillage est plus vaste et les bateaux y sont donc plus nombreux (on ne peut pas être seuls tout le temps…). L’animation à terre se concentre autour du Foxy’s, sympathique bar sur la plage, qui accueille le soir des groupes de musique pour des concerts live. On y croise des navigateurs de tout poil et la déco hétéroclyte est à l’avenant : drapeaux,

Jost Van Dyke, Great Harbour

fanions, t-shirts découpés, cartes de visite du monde entier, … on est loin de l’ambiance british « salon de thé »… On y vient pour avoir un peu de réseau et on s’y trouve tellement bien qu’on décide d’y rester : profitant d’une mer très calme, on teste (avec succès) l’annexe avec mamie. Elle est bien contente de descendre un peu à terre pour se dégourdir les jambes ! Et on traine ainsi des heures durant, pendant que les enfants s’occupent tranquillement entre la plage, la terrasse, les hamacs.

L’escale est aussi  un peu « technique » (comme souvent …) : le tube de l’enrouleur de génois a besoin de quelques vis neuves. Alors on affale la toile et Manu fait l’acrobate pour réparer. Opération toujours rigolote quand il y a un peu de houle, même au mouillage (et des copains blagueurs qui font des tours en annexe autour du bateau…)!

01 avril  – The Caves, Norman Island… et poissons d’avril partout sur le bateau !

Prevateer Bay

Dernière escale aux British Virgin Island avant de partir sur les USVI. Et quelle escale ! A Treasure Point, en découvrant les Caves (trois grottes envahies par la mer), on veut croire encore aux légendes, aux pirates et aux trésors cachés qui ont fait l’histoire de cette île. Elle inspira Robert Stevenson pour son « Ile au trésor », dont le film m’a tellement effrayée étant petite. Mais dans le soleil éclatant qui illumine le rivage, l’ambiance est quand même bien moins inquiétante ! On peut cependant facilement imaginer pire… L’endroit est magique. On prend une bouée à quelques mètres à peine de l’entrée des grottes, le temps d’aller explorer les tombants foisonnant de poissons d’un coup de snorkling. Puis on s’éloigne un peu de l’agitation de ce point hautement touristique : les bouées sont tellement proches les unes des autres que les bateaux se touchent parfois en évitant ! Nous déménageons à Prevateer Bay, juste au Sud, pour y passer la nuit (et même finalement deux nuits tellement c’est chouette et tranquille). Et nous fêtons joyeusement l’anniversaire de Marie, sur Bubu.

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Cet article a été publié dans Caraïbes... janvier à mai 11, Journal de Bord. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour 25 mars – 02 avril 2012 – British Virgin Islands, 2nd round

  1. Steph et Marie dit :

    Merci Monique ravi aussi d’avoir partagé ces moments avec vous . Et bonjours les zamzib bon vent . Steph et Marie

  2. Monique PELLETIER dit :

    Eh bien , (depuis ma maison puisque j’ai quand même fini par vous abandonner…..) la lecture de cet article me rappelle effectivement des moments difficiles…… mais ensuite j’ai eu la chance de pouvoir rester à bord, de m’y faire dorloter et de profiter de vous et de la beauté de tous ces endroits si magnifiquement beaux ! et de cela je vous remercie du fond du coeur. C’est bon d’avoir de bons enfants !
    Mais je veux préciser qu’Isabelle minimise son aide car non seulement elle ne m’a pas quittée pendant toutes ces heures, et sa présence fut d’un grand réconfort pour moi, mais en plus, elle a dû s’occuper de toutes les démarches auprès de l’assurance et de la clinique. (Au passage, chapeau Europ Assistance ! )
    C’est vrai que la clinique était super, que TOUT le personnel était aux petits soins pour moi. et, cerise sur le gâteau, un chirurgien si mignon que lui confier mon bras fut presque un plaisir… si, si………..
    Je veux aussi faire un coucou spécial aux « bubus » + Steph et Marie, puis à Gégé et Momo, sans oublier Vincent que je n’ai connu qu’à la fin. On a vécu des bons moments ensemble, ça crée des liens et ça fait de bons souvenirs !

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