7 mai – 15 mai – Bermudes

Après 8 jours de mer (nav plutôt bof mais ambiance à bord plutôt top), quelle récompense que cette arrivée à St Georges, aux Bermudes !

Pour le paysage tout d’abord. La mer est partout, étalant ses nuances de bleu si intenses, sa multitude de cayes émaillant le tour de l’île. Bermudes Radio veille 24/24 heures sur tous les bateaux en approche pour leur éviter d’aller rejoindre les presque 400 épaves qui gisent sur les barrières de corail. Les maisons, toutes peintes de belles couleurs grisées, affichent un côté Caraïbe mâtiné d’esprit british (voire même un tantinet scandinave). C’est croquignolet tout plein, tellement propret et bien rangé (j’adore !!).

Pour la douceur de vivre, ensuite. Doucement le matin, pas trop vite l’après-midi, on a toute la journée pour arriver au soir. Inutile de se bousculer, de s’énerver. On ne risque pas les embouteillages : la loi impose un maximum d’une voiture par foyer, interdit les 4X4 (sauf pour nécessité professionnelle) et la location de voitures. Tout le monde se déplace en scooter ou en bus. A St Georges, les marinas se limitent souvent à un bout de quai où quelques bateaux seulement peuvent s’amarrer. Nous restons à Captain Smoke Marina, à l’ouest de la ville. Très vite un esprit communautaire souffle sur les lieux : nous sommes 6 bateaux à échanger et partager les expériences, les outils, les conseils techniques et le barbecue, ça crée des liens !

Pour les habitants, enfin. Les douaniers les plus adorables au monde (les seuls à être adorable, en fait) travaillent tout en sourires et tous les jours, de 8 heures à minuit, pour mieux s’adapter aux nombreux navigateurs qui transitent par l’île (on s’arrête aux Bermudes sur la route des Açores ou des Etats-Unis).  Les commerçants avenants ne savent pas quoi faire pour être utiles et agréables. Les rencontres sont faciles. Les gens nous interrogent sur notre vie à bord avec les enfants, nos escales, la suite de notre périple, alors qu’ils voient défiler des centaines de bateaux chaque mois. Et puis il y a Jojo, The personnage incontournable de Captain Smoke Marina : pendant qu’il bricole et repeint sans s’affoler les murets sur le bord de la route, il nous approvisionne en charbon de bois, trouve un ballon de foot pour les enfants, joue les guides touristiques, vient faire la causette. Avant de partir, il nous offre à chacun un T-shirt des Bermudes pour ne pas l’oublier. Ca ne risquait pas !

Cyril arrive le 13 mai à l’aéroport d’Hamilton, après 29 heures de voyage : Montpellier-Dublin-New York-Bermudes. Le new crew est motivé !! Et un peu fatigué quand même… D’autant qu’il reste coincé à l’immigration faute d’adresse à destination et de preuve d’embarquement sur un navire… Il a déjà eu du mal à convaincre les autorités américaines, là ça coince complètement. L’agent Patricia, sa nouvelle amie, nous fait appeler désespérément dans le hall des arrivées (où nous nous inquiétons de ne pas le voir sortir avec les autres passagers) mais il y a tellement de bruit qu’on ne l’entend pas. Lasse, elle finit par venir chercher le cap’tain et accepte d’échanger son prisonnier contre la promesse d’un mail régularisant sa situation. Il peut maintenant avancer d’une case et passer la douane avec les filtres à gasoil, les cames de bôme, les courroies d’alternateur, un peu de cned, un sac étanche, les savons « eau de mer », les secrets d’arôme Knorr, un peu de rosé, la carte sim de l’iridium, ses palmes, son masque, sa combi… (il a du se séparer du stock Haribo, faute de place : Pascale, Julie et Ugo, ayez une petite pensée pour nous en vous gavant avec nos bombecs, vautrés au chaud sur le canapé !!)… Ca fatigue les douaniers rien que de regarder dans son énorme sac de plongée jaune : ils le laissent passer gentiment sans payer aucune taxe. Ne reste plus qu’à prendre le bus pour St Georges. Fastoche !

On profite de l’incontournable chasse au shipchandler pour passer une belle journée à Hamilton et voir un peu de pays. La préparation de Zanzibar pour cette nouvelle transat de 1800 milles (au moins) nous occupe quasiment à temps plein : vérification du gréement, renforcement des fixations du rail, changement des billes de certains chariots de la GV, reprise des haubans, fixation d’une nouvelle antenne VHF, installation d’un nouveau convertisseur électrique, changement de la bordure de GV, couture de protections anti-ragage, nettoyage de printemps (fonds de cale compris !), avitaillement, lessives et expédition des dernières évaluations du CNED. Tout le monde s’agite sur les quais et l’ambiance est au départ jusque dans les rues de St Georges. Ca parle « fenêtre météo » dans tous les pubs du coin. Dreamwaver et d’autres ont déjà rejoint les Açores et font état de bateaux arrivés dans un état catastrophique : démâtages, avaries, casse, naufrages, et même un disparu… C’est très engageant à quelques jours de larguer les amarres !

Cyril, bien qu’exploité sans vergogne par le capitaine (Doumé, tu peux monter un club !), arrive quand même à se programmer deux belles plongées, sur épave et sur récif. Et  puisqu’il aime trempouiller des heures durant dans l’eau, on l’autorise exceptionnellement à plonger sous le bateau pour gratter les algues sur la carène.

Au soir du 17 mai, nous sommes sur les starting-blocks (et bien frustrés de pas avoir eu plus de temps pour flâner sur les îles de l’archipel). Dernier barbecue à terre, rapide parce qu’il fait vraiment très froid… Vivement qu’on soit sur l’eau, que ce soit froid ET humide.

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28 mai -30 mai 2012 – Atterrissage açorien

Fin des vacances, je me remets au boulot !!

Nous atterrissons très paisiblement de notre transat Bermudes-Açores, après 12 jours pile poil de pur bonheur sur l’eau !

Pur bonheur… ou presque : pour éviter l’inquiétude de quelques âmes sensibles (grands-parents en tête !) quant aux risques que peut représenter parfois une transat, nous avons préféré passer sous silence les aventures de nos copains du Bubu, qui ont perdu un safran à 800 milles des Bermudes, et le souci qui nous a tenaillé de les savoir en galère, loin derrière… Avarie sérieuse les obligeant à rester sous-toilés et à avancer doucement (mais surement !), dans des conditions météo heureusement plutôt  favorables. Nous nous sommes un temps posé la question d’aller les rejoindre ou de les attendre,  mais l’option était peu raisonnable au vu de la distance qui nous séparait d’eux et n’étant pas nous même à l’abris d’une galère. Nos échanges quotidiens de mails ou appels iridium nous ont cependant rassuré sur le moral des troupes à bord.

Nous sommes quand même un peu tristes de ne pas arriver en patrouille le lundi 28 mai sur l’île de Faial et nous commençons à les attendre avec impatience, un gros coup de vent étant annoncé pour le mercredi.

C’est le bazar dans le port d’Horta : il n’y a plus de possibilité d’amarrage à quai et on est censé rester au mouillage en attendant qu’une hypothétique place se libère. Mais nous on veut de l’eau !!! Alors qu’on progresse doucement entre les bateaux déjà à l’ancre, un immense monocoque largue les amarres en libérant 30 mètres de ponton d’un coup : nous sommes 3 voiliers à prendre d’assaut le bout de quai ainsi libéré. Maintenant la marina peut toujours se battre pour nous déloger, d’autant que très rapidement plusieurs navires se mettent à couple. Les pauvres marineros doivent vraiment galérer avec tous ces navigateurs de passage qui, sous prétexte de transat, de fatigue, de manque d’eau ou d’électricité, font leur vie comme bon leur semble… Ils n’en restent pas moins très gentils et… fatalistes devant la situation.

Nous faisons nos premiers pas à terre en foulant les quais recouverts des « good wind paintings », traditionnels dessins réalisés par tous les bateaux de passage pour s’attirer les faveurs d’Eole et éloigner le mauvais sort. Les enfants ont déjà en tête ce qu’ils veulent peindre et les discussions vont bon train.

On s’occupe de notre Zanzibar, qui a bien mérité d’être bichonné après ces 1800 milles au top du top ! Grand rinçage à l’eau douce, plein des réservoirs, et lavage à l’eau douce  (et chaude !) de l’équipage ! C’est bien aussi de revenir à terre…

Puis direction le mythique café de Peter, que nous apercevons depuis le bateau. Incontournable et inévitable escale terrienne,  tellement chargée de sens et d’émotion pour nous : la première bière sera pour Pétout, qu’on imagine tellement accoudé au comptoir, sous les drapeaux, les fanions et les photos témoignant du passage de tant de navigateurs, illustres ou inconnus !

Le vent monte dès le mardi, et l’angoisse avec : les copains sont toujours sur l’eau et tentent de maintenir une vitesse suffisante pour avaler les derniers milles et arriver dans la nuit. La situation devient quand même tendue pour eux. On suit leur progression toute la soirée sur l’écran AIS et par VHF. Ils entrent dans le port vers 2 heures du matin, avec une mer déjà belle et des rafales qui les font reculer. Nous les attendons sur un quai pour les aider à s’amarrer mais ils ne peuvent absolument pas manœuvrer pour s’en approcher. Leur safran manquant leur fait cruellement défaut mais il semble surtout qu’une hélice soit aussi endommagée : impossible de diriger le bateau face au vent. De guerre lasse, ils jettent l’ancre à l’entrée du mouillage, par 12 mètres de fond et un vent qui souffle très fort : impossible de dormir dans ces conditions. Ils ne sont toujours pas au bout de leurs peines et nous sommes bien désolés pour eux, impuissants à les aider.

La météo se dégrade encore dans la nuit et la tempête se lève : la mer est démontée, écumante et fumante, absolument sinistre. C’est un peu la panique pour les bateaux au mouillage tant le vent est fort et les rafales puissantes. Les voiliers évitent dans tous les sens, dérapent sur leur ancre, les vagues secouent tout ce petit monde et l’écume vole à la surface de l’eau… Brrrr….  On enfile salopettes et vestes de quart pour aller faire un tour en ville. On prend la VHF au cas où, les enfants restant à bord. La vue sur la mer déchainée est angoissante : heureusement que nous sommes tous arrivés à bon port à temps ! Mais tout le monde n’a pas eu cette chance. Un appel de détresse arrive sur le canal 16 : un voilier qui rentre au port dans ces conditions apocalyptiques demande de l’aide. En affalant la grand voile, la drisse est partie à l’eau et est passée dans l’hélice : plus de moteur et pas moyen de renvoyer de la toile. C’est la double peine. Le vent les pousse très rapidement vers la terre et en à peine 2 minutes ils sont sur les rochers de la digue. Leurs appels de détresse nous glacent et la vue du bateau drossé sur les rochers est terrifiante. La (grosse) annexe d’un (énorme) voilier part à fond pour leur porter secours, avec 3 équipiers à bord.  Puis le remorqueur du port. Et même une petite barque de pêcheur. Il est bien sûr très difficile de les approcher avec les vagues qui se fracassent sur la digue et les manœuvres sont périlleuses. Mais à force de batailler contre les éléments, le voilier est amarré au remorqueur et extrait laborieusement des rochers. Il a plusieurs voies d’eau importantes mais il flotte encore suffisamment pour être ramené vers la darce du port et sorti immédiatement de l’eau avant de sombrer. Il vide depuis sur la jetée les litres d’eau salée qui ont bien failli l’engloutir. Mais son équipage est indemne, ce qui tient déjà un peu du miracle.

Tout le monde est sous le choc : l’équipage, un couple d’américains (pas de la première jeunesse de surcroit), devait déjà vivre l’enfer sur les derniers milles de sa navigation et voir sans doute arriver Horta avec soulagement.  Que la dernière manœuvre de leur transat tourne ainsi au cauchemar en quelques minutes nous rappelle un peu violemment à tous que nous sommes bien peu de choses dans nos petites embarcations ! Et comble de l’ironie, le vent tombe quasi instantanément moins de 2 heures plus tard, ramenant le calme absolu dans la marina après une dizaine d’heures de furie. Comment être au mauvais endroit, au mauvais moment…

Le Bubu profite de ce répit météorologique pour essayer de rejoindre la terre ferme.  Et l’aventure continue… Après la découverte d’une jolie bobine de ficelle autour de leur hélice babord (ils ont du prendre un bout à l’entrée du port la nuit dernière… mais ceci expliquant cela, leur manque de manœuvrabilité au moteur n’est maintenant plus un mystère et le problème est vite réglé),  c’est ensuite l’ancre qui refuse de remonter ! En tant que plongeur professionnel patenté, Cyril est désigné d’office pour aller barboter sous l’eau (a priori à 15°C). L’ancre est prise dans une chaine et il bataille ferme pour la désengager ! Lui qui venait juste de prendre une bonne petite douche chaude… niark niark niark.

Une fois amarré à quai, envolés les soucis ! Nous nous déclarons enfin tous officiellement « arrivés » et pouvons profiter pleinement de cette escale pittoresque (comprendre une bonne bière chez Peter). On vous racontera…

En attendant, je vais essayer de remettre un peu d’ordre dans le bazar de ce blog (maintenant que Manu a fini de faire joujou). A commencer par publier l’article sur les Bermudes, que nous avons quitté il y a 2 semaines… Si vous êtes un peu perdus, faites part de vos doléances au cap’tain ! Quand je pense à ses remontrances dès qu’on zigzague un tant soit peu à la barre, il est moins regardant quand il s’agit de ses propres égarements chronologiques !

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Transat Bermudes -> Açores / Jour 12

Terre !

Cyril est le premier à apercevoir Horta, à 8h22 heure locale, avant que le soleil ne soit trop haut et ne nous empêche de voir l’ile ! Il ne nous reste désormais qu’une dizaine de milles avant l’entrée du port de Horta.

On a finalement eu de bonnes conditions pour cette dernière journée. Un bon vent arrière à 25-30 nds pendant toute la journée, une vitesse de 7-8 nds avec un bateau et des voiles stables (GV 2 ris et Génois 50%). Du coup, on décide de s’octroyer une dernière nuit de nav tranquille et donc d’affaler la Grand Voile pour ne pas avoir à gérer un éventuel empannage de nuit. On sortira tout le génois pour compenser la réduction de toile; on devrait bien arriver à faire du 5-6 nds pour arriver à Horta en fin de matinée.

Et bien non, ça ne marche pas… A peine a-t-on fini nos manoeuvres que le vent tombe à 20 nds, puis en dessous. Pas le choix, il faut ressortir la Grand Voile ou démarrer un moteur en appui. On choisit la seconde option, vu la tendance à la baisse du vent (toujours dans l’esprit de ne pas abimer nos voiles et gréement avec du vent faible et de la houle 3/4 arrière). Soyons honnêtes, peut-être aussi un petit coup de fatigue après 12 jours de mer. On souhaite tous – moi le premier – passer une nuit sans avoir à se demander si tout va bien, à guetter les bruits et se tenir prêt à intervenir. Ce sera donc moteur, et ce jusqu’à la fin. Nous n’avons plus que 7-8 nds de vent apparent au petit jour. Le moteur n’était pas une si mauvaise option.

Voilà, nous y sommes. Nous venons de boucler notre seconde transat. On est contents d’arriver, contents de notre traversée. Mais comme la première fois ça nous fait une drôle de sensation quand la fin approche: pressés d’arriver et en même temps déçus que ça se termine déjà.

On est d’abord conscients qu’on a eu une transat facile avec une belle météo. Du vent par moments mais rien de méchant, pas de coup de vent à gérer…Je nous trouve moins fatigués qu’à la première, qui était plus ventée et plus éprouvante physiquement. Normalement c’est plutôt l’inverse. Théophile et Marin – parfois même aidés par Juliette – ont tenu leur rôle de quatrième équipier, ça joue aussi pas mal sur les temps de sommeil.

On s’était préparé à quelque chose de difficile, de longues journées de pré avec des grosses conditions. La réalité est différente, encore une fois grâce à une météo clémente, certainement un peu trop mais on ne va pas faire la fine bouche.

On va tenter maintenant de trouver une place au port (c’est la saison des transats…) et aller fêter ça chez Peter comme il se doit !

A bientôt.

Nos stats du jour – ce matin à 11h30 UTC :

  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 144 Milles
  • Vitesse Moyenne: 6,0 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 1 790 Milles en 288 heures – soit 12 jours pile poil.
  • Vitesse Moyenne: 6,2 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: rien ou presque…

Zanzibar.

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Transat Bermudes -> Açores / Jour 11

24h de nav – 22h de moteurs… Avec un S car on a finit par démarrer les deux, pressés que nous sommes d’arriver. A peine avais-je envoyé le message d’hier, que le vent s’écroulait subitement en passant WNW.

22h de moteurs, vu comme ça, ça fait beaucoup, mais au total ça devrait faire 4 jours de pétole/moteur sur la transat (retour du vent annoncé pour ce Dimanche), ce qui n’est finalement pas trop mal en cette saison et avec une route directe comme la notre. En allant plus au nord on aurait certainement pu éviter cela, mais à quel prix pour le bateau et l’équipage ? Cette route était la bonne pour nous, taillée pour notre équipage familial et notre bateau sur lequel on ne souhaite pas trop tirer.

Nous sommes plein vent arrière depuis cette nuit. Assez faible au début, on sort le génois, mais pas encore la grand voile à cause de la houle assez grosse qui la ferait claquer ou tirer exagérément sur la retenue de bôme. Le vent se renforce par la suite et s’établit à 20-25 nds sur le petit matin. Il est temps d’envoyer la Grand voile. Comme le vent doit encore monter (30 nds) on sort de la toile en conséquence (GV avec 2 ris). De toutes façons, 6 nds nous suffisent en théorie pour arriver Lundi en début d’après-midi, il ne sert à rien de prendre des risques et/ou d’arriver de nuit.

Le vent arrière c’est beau en photo et conceptuellement, avec les voiles en ciseaux tout ça… mais avec du vent fort et une belle houle, ce n’est vraiment pas mon allure préférée. Risques d’empannage, génois qui se dévente au passage des vagues et tire sur l’étai…Avec un spi je ne dis pas, mais là on a pas de spi. C’est néanmoins un vrai plus pour les vagues et toilés comme on est avec le pilote en mode vent, on devrait être tranquile et bien avancer sur notre 12éme journée, nous verrons.

On se projète franchement sur l’arrivée maintenant, difficile de faire autrement quand on passe la barre des 200 milles de l’arrivée. Le guide touristique sur les Açores passe entre toutes les mains (bien qu’il soit en Portugais !) : les enfants commencent à parler du dessin qu’ils vont faire à Horta, on regarde de notre côté les coins à visiter, on planifie un tour de l’ile, une randonnée/pique nique sur la Caldeira et bien sûr… la bière chez Peter !

En attendant on continue de s’occuper tranquillement : monopoly tous les jours (on a trouvé une édition US aux Bermudes), jeux, dessins, peinture, tri des photos (les enfants regardent en boucle leurs photos « d’avant »), quelques films sur l’ordi, une ou deux visites de dauphins et Cned ! On ne voit pas le temps passer.

Nos stats du jour – ce matin à 11h30 UTC :

  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 144 Milles
  • Vitesse Moyenne: 6,0 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 1 645 Milles en 264h
  • Vitesse Moyenne: 6,2 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 152 Milles

Zanzibar.

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Transat Bermudes -> Açores / Jour 10

L’avantage du bateau c’est que les journées et les nuits y sont rarement monotones. Ce 10éme jour de nav est placé sous le signe du vent – ou plutôt des vents. Un flux de SW modéré (15-20 nds) qui nous pousse au portant et nous permet de faire une jolie moyenne. Il passe un peu plus arrière en début de soirée (WSW), devient limite pour tenir le génois, mais nous permet de maintenir une route directe et tranquille vers Horta. C’est bien sûr dans la nuit que ça va changer.

Isa prend en effet 35 nds (réels) pendant son quart… Youpi ! Au portant c’est pas trop méchant, d’autant qu’on savait que le vent devait grimper et on avait pris un ris supplémentaire en début de soirée (le 2éme), afin notamment de nous éviter la désormais habituelle manoeuvre de milieu de nuit. On savait aussi que le vent allait progressivement tourner W puis N dans la journée de Samedi (donc empanner), on avait donc pris le parti de naviguer en mode vent (le pilote maintient un angle par rapport au vent au lieu de viser un cap compas), en compensant les écarts de route manuellement. On ne sait jamais…

Bien nous en a pris. Sur les coups de 4h, au passage d’un grain, le vent a commencé sa bascule et nous sommes passés d’un portant Bâbord amures à un pré serré Tribord (soit 180° en gros) en l’espace de 15 minutes à peine. Le tout sous une belle pluie et le vent toujours soutenu. Le bateau a donc suivi le mouvement en changeant de cap (à la fin on faisait route au SSW), nous permettant de nous préparer tranquillement (en cinq minutes quoi…) à empanner sous contrôle et donc sans dommages. Merci aux prévisions précises du routeur, je ne sais pas si j’aurais pu anticiper cette bascule sur notre route à la seule lecture des fichiers Gribs. Malgré tout, c’est encore raté pour la nuit sans manoeuvre 🙂

La bonne nouvelle c’est que toute cette agitation n’a manifestement pas suffit à réveiller les enfants, qui dorment comme des biens heureux dans leurs cabines. Cyril a une vision différente. Il a l’impression d’avoir dormi sur un trampoline, je ne vois vraiment pas pourquoi…

Nous avançons ensuite au pré, avec 20-25nds réels établis, et une vitesse qui oscille entre 8 et 10 nds avec 2 ris dans la Grand voile et un dans le Génois. Le ciel est bien bâché, la mer grise et blanche, les rares oiseaux volent au ras de l’écume. Bienvenue en Atlantique Nord.

Mais on avance encore bien alors on est contents… ça ne nous empêche pas de nous faire doubler par un grand mono qui déboule à 12 nds et passe à coté de nous au petit matin. Contact VHF, des anglais qui eux aussi font route sur Horta, échanges d’impressions sur la météo et la mer. Rendez-vous est pris pour une bière chez Peter.

Puis le vent mollit subitement, on envoie toute la toile mais ça reste timide, légèrement en dessous des 6nds… encore un changement, pas monotone je vous dis….

Messages personnels: ben rien, presque tout le monde dort.

Nos stats du jour – ce matin à 11h30 UTC :

  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 172 Milles
  • Vitesse Moyenne: 7,2 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 1 502 Milles en 240h
  • Vitesse Moyenne: 6,3 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 298 Milles

Zanzibar.

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Transat Bermudes -> Açores / Jour 9

On a enfin réussi à faire taire Dalida cette nuit… ouf.

Le vent est effectivement revenu vers 2h du matin, nous permettant d’envoyer toute la toile – petit réveil musculaire en début de quart – et d’arrêter enfin les deux moteurs. En effet, sachant que du vent doit revenir sur la fin de parcours et que les gribs prévoient des conditions un peu musclées sur Horta dès Mercredi, on a décidé de sacrifier un peu de gasoil pour avancer et maintenir ainsi notre vitesse aux environs des 6 nds. On devrait maintenant naviguer au portant jusqu’à Horta – avec peut-être une petite exception demain qui ne devrait pas durer.

Soirée de fête hier avec une excellente Choucroute en boite arrosée d’un vin rouge Australien et agrémentée de quelques crackers salés, crème de marron mélangée à des céréales pour le dessert. Hum… C’est l’avantage de ce genre de voyage, on en vient à apprécier des choses qu’on n’irait même pas gouter en temps normal. Nous avons ainsi atteint le point où chaque repas nous ramène un peu plus à tout ce qu’on peut manger de bon, sinon à la maison, au moins aux escales. La référence au Café Sport à Horta (chez le fameux Peter) se fait de plus en plus présente: on s’imagine y boire un coup, y déguster un bon steak énorme (ou 2), y refaire la transat… bref on fantasme pas mal, ça doit être le manque de protéines fraiches.

Messages personnels:

– Théo souhaite un bon WE à tous ses potes – et se plaint de ne pas en avoir (CNED en retard et de toutes façons pas trop de repères en mer). Il oublie vite ses conditions de travail particulières…

– Juliette annonce à ses mamies qu’elle a aujourd’hui officiellement terminé son année scolaire !!!!! Elle a terminé les sciences et l’histoire-géo toute seule, on ne garantit pas le résultat au moment du bac….

Nos stats du jour – ce matin à 11h30 UTC :

  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 146 Milles
  • Vitesse Moyenne: 6,1 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 1 330 Milles en 216h
  • Vitesse Moyenne: 6,2 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 468 Milles

Zanzibar.

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Transat Bermudes -> Açores / Jour 8

« Pétole, pétole, pétole… Pétole, pétole, pétole…Pétole, pétole, pétole.. »

Dalida a bien chanté sur cette 8éme journée, elle s’est même déchainée en début de nuit. On oscille entre 0 et 2 Beaufort depuis hier soir, les deux voiles affalées/roulées. On a tout de même pas trop mal avancé, portés par un peu d’air toute la journée avant cette nuit de « non vent », mais bien secoués par une belle houle de N. La météo prévoit un retour du vent entre le 24 et le 25 avec une dépression passant d’O en E un peu à notre Nord. Nous faisons actuellement route au 80° avant de redescendre légèrement plus au sud (104°) dans la journée du 24.

Le ronron des moteurs nous berce, et ce matin la houle s’est estompée; c’est moins désagréable. On a eu la visite d’un banc de dauphins ce matin, une bonne dizaine. Séquence mitraillage, avec cette eau sans rides et parfaitement transparente, on avait l’impression de pouvoir les toucher. On en voit beaucoup depuis que nous sommes dans l’Atlantique Nord, au moins 1 à 3 fois par jour, mais à chaque fois on court sur le trampoline, affamés que nous sommes après des mois de disette aux Antilles.

Ca permet de faire passer les changements de température: l’eau est à 16° ce matin et l’air au petit matin ne doit être guère plus chaud. Brrr… ça fait tout de même 10° de perdus, c’et pas gagné pour la baignade aux Açores !

Nous tenons maintenant une bonne organisation pour les quarts de nuit: Théo et Marin prennent le premier quart (de 21h à 23h – ils assurent comme des chefs), suivis par des quarts roulants de 3 heures pour Isa, Cyril et moi (23h-2h / 2h-5h / 5h-8h). Le tout est combiné avec l’organisation des « corvées » de la journée à suivre suivant le fameux planning qu’Isa a concocté. J’essaierai bien de vous l’expliquer mais j’ai peur de m’y perdre 🙂

Messages personnels:

– D’Isa pour Pascale: Cyril a fait d’énormes progrès en cuisine. Il met beaucoup de coeur à l’ouvrage, et, compte tenu de ses prouesses dans une cuisine de 2 m2, on n’ose imagine ce qu’il va lui faire (à manger !) dans son immense cuisine.

Nos stats du jour – ce matin à 11h30 UTC :

  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 129 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,4 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 1 183 Milles
  • Vitesse Moyenne: 6,2 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 628 Milles

Zanzibar.

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Transat Bermudes -> Açores / Jour 7

« Pétole, pétole, pétole… Pétole, pétole, pétole…Pétole, pétole, pétole.. »

Je ne me souviens plus du reste des paroles, mais j’en suis sûr maintenant: Dalida avait aussi fait une transat en voilier !

Bon j’exagère, on n’a pas vraiment pétole. Un peu de vent tout de même, qui, combiné avec les Volvo, nous maintient un peu au dessus des 5 nds de moyennes. Ca va et avec nos réserves on pourrait terminer comme ça les 750 milles qu’il nous reste à parcourir. Mais bon, l’ambiance bateau de pêche a ses limites…On a légèrement changé notre route, partant un peu plus vers l’E, soit la route directe pour Horta, avec un vent qui oscille entre le bon plein et le travers. Le même avec 15-20nds serait tellement chouette 🙂

Ca a le mérite de nous conforter dans l’idée qu’une plus grande voile d’avant, même sur un programme tel que le notre, est un plus. S’il est vrai qu’on l’aurait peu utilisée sur la transat aller et aux Antilles – les Alizés étant la plupart du temps bien établis et le couple Génois-GV nickel dans la brise – elle se serait avérée fort utile depuis. Je pense par exemple qu’on pouvait s’acquitter du moteur sur cette 7éme journée de nav si on avait eu un Gennacker ou autre code D.

Mais bon on ne peut pas tout prévoir, et là on ne l’a pas, donc… ça fera partie des achats à venir des que le budget nous le permettra.

Le repas de mi-parcours était vraiment très bien (et très léger): foie gras sur toasts (rescapés d’on ne sait où) suivi d’un confit de canard au four sur lit de Pommes de Terre, le tout arrosé d’un excellent vin blanc Chilien. Le top. On a bien évidemment bu un coup à la santé de JC (Bubu) qui a pris un an de plus hier, en pleine transat, au milieu de l’océan, pas mal comme cadre…

Messages personnels:

– Joyeux anniversaire à tous ceux du mois de Mai qu’on aurait oubliés (Agnès on t’embrasse… les autres manifestez vous !)

Nos stats du jour – ce matin à 11h30 UTC :

  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 133 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,5 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 1054 Milles
  • Vitesse Moyenne: 6,3 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 740 Milles

Zanzibar.

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Transat Bermudes -> Açores / Jour 6

« Le vent va refuser temporairement avant de faiblir significativement avec le développement rapide d’une cellule anticyclonique sur la route ». Traduisez: vent dans le nez accompagné d’une jolie pétole, soit vitesse escargotesque.

C’est bien ce que nous avons depuis l’après midi de ce sixième jour de nav. On savait que nos moyennes à 170 milles ne dureraient pas, mais tout de même, c’est toujours difficile de passer de 7nds+ à 5nds-. Nous voilà donc à tergiverser devant la carte et les instruments de bord:

– faut-il tirer des bords, on est tout de même là pour faire de la voile ? ben oui mais le vent est faible et on avancera pas

– faut-il tracer sur la route directe au moteur ? oui mais ce vent faible quand il s’agit de nous faire avancer, s’avère assez fort pour nous freiner.

Rien de miraculeux n’est sorti de nos tête, on a pris le parti du compromis: on monte au plus près du vent avec un moteur en appui et on accepte d’aller moins vite. Démarrer le second moteur est encore prématuré, et le ratio consommation/accélération n’est pas forcément très positif. Et puis tout est relatif, après tout on vient de passer de 13km/h à 9km/h de moyenne. Même au plus vite, on reste ridicule face au premier cycliste venu…

Ce ne sont donc que de minuscules soucis, et comme dit Alain (il se reconnaîtra) « Ca vaut mieux que de prendre une bonne dépression et 50 Nds de vent pendant 3 jours ». Certes.

L’avantage majeur de ces journées, c’est qu’elles sont sèches. On sort tout ce qui est devenu un peu moite au cours des jours précédents, on ouvre les hublots, etc… on se repose aussi, d’autant qu’on a du mal à prendre le rythme de notre récent décallage horaire. De toutes façons, il vaut mieux s’y faire, car la fameuse cellule anticyclonique est là pour plusieurs jours. Suivant les conseils de notre routeur météo, nous montons vers le nord (cap au 60), attendant une légère bascule du vent vers le N voire NNW, qui devrait nous permettre d’accélérer (mais toujours moins rapides que le cycliste).

Nous avons tout de même passé la mi-parcours en fin de nuit: nous allons donc nous faire un bon foie gras afin de fêter ça dignement. Je vous le dis, finalement ça a du bon la pétole 🙂

Messages personnels: Pas d’enveloppe ce matin…

nos stats du jour – ce matin à 11h30 UTC :

  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 124 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,2 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 921 Milles
  • Vitesse Moyenne: 6,1 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 880 Milles

Zanzibar.

Publié dans Atlantique Nord... mai-juin 11, Journal de Bord | 2 commentaires

Transat Bermudes -> Açores / Jour 5

« Vent de Cul, Vitesse accrue » disent les gars qui taquinent du deltaplane… ça marche moyen en bateau. Nous sommes donc passés vent arrière en milieu de matinée, tirant des petits bords en mode vent (140°-170°), ralentissant de manière vertigineuse au fur et à mesure que le vent mollit. On en démarre même un moteur en appui, histoire de rester aux alentours des 5 noeuds. Heureusement ça ne dure pas. Après 1h30 de ronron mécanique, un grain nous apporte un peu d’air qui reste encore là une fois le grain passé – c’est la troisième fois que nous avons ce phénomène. Les experts en météo ont certainement une explication, nous sommes preneurs.

On a donc zigzagué une bonne partie de la journée sans trop s’éloigner de la route directe, descendant légèrement au sud, ce qui n’était pas gênant vu que le vent doit tourner W puis WNW ce Lundi. On a même finit par rouler le génois qu’on ne tenait plus et naviguer sous Grand voile seule à une moyenne respectable. Le vent est resté stable jusqu’au milieu de la nuit avant de monter d’un cran, nous forçant de prendre un ris – ça devient une habitude…On a empanné ce matin quand le vent est effectivement passé W, afin de nous rapprocher de notre route.

Les journées passent tranquillement, alternant jeux de sociétés, CNED (très peu…), cuisine et siestes, agrémentées par les visites de dauphins et les couchers de soleils magnifiques…

Messages personnels:

– Marin à ses copains: « Je suis pressé de vous revoir ! »

nos stats du jour – ce matin à 11h30 UTC :

  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 146 Milles
  • Vitesse Moyenne: 6,1 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 797 Milles
  • Vitesse Moyenne: 6,6 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 993 Milles

Zanzibar.

Publié dans Atlantique Nord... mai-juin 11, Journal de Bord | 2 commentaires