7 mai – 15 mai – Bermudes

Après 8 jours de mer (nav plutôt bof mais ambiance à bord plutôt top), quelle récompense que cette arrivée à St Georges, aux Bermudes !

Pour le paysage tout d’abord. La mer est partout, étalant ses nuances de bleu si intenses, sa multitude de cayes émaillant le tour de l’île. Bermudes Radio veille 24/24 heures sur tous les bateaux en approche pour leur éviter d’aller rejoindre les presque 400 épaves qui gisent sur les barrières de corail. Les maisons, toutes peintes de belles couleurs grisées, affichent un côté Caraïbe mâtiné d’esprit british (voire même un tantinet scandinave). C’est croquignolet tout plein, tellement propret et bien rangé (j’adore !!).

Pour la douceur de vivre, ensuite. Doucement le matin, pas trop vite l’après-midi, on a toute la journée pour arriver au soir. Inutile de se bousculer, de s’énerver. On ne risque pas les embouteillages : la loi impose un maximum d’une voiture par foyer, interdit les 4X4 (sauf pour nécessité professionnelle) et la location de voitures. Tout le monde se déplace en scooter ou en bus. A St Georges, les marinas se limitent souvent à un bout de quai où quelques bateaux seulement peuvent s’amarrer. Nous restons à Captain Smoke Marina, à l’ouest de la ville. Très vite un esprit communautaire souffle sur les lieux : nous sommes 6 bateaux à échanger et partager les expériences, les outils, les conseils techniques et le barbecue, ça crée des liens !

Pour les habitants, enfin. Les douaniers les plus adorables au monde (les seuls à être adorable, en fait) travaillent tout en sourires et tous les jours, de 8 heures à minuit, pour mieux s’adapter aux nombreux navigateurs qui transitent par l’île (on s’arrête aux Bermudes sur la route des Açores ou des Etats-Unis).  Les commerçants avenants ne savent pas quoi faire pour être utiles et agréables. Les rencontres sont faciles. Les gens nous interrogent sur notre vie à bord avec les enfants, nos escales, la suite de notre périple, alors qu’ils voient défiler des centaines de bateaux chaque mois. Et puis il y a Jojo, The personnage incontournable de Captain Smoke Marina : pendant qu’il bricole et repeint sans s’affoler les murets sur le bord de la route, il nous approvisionne en charbon de bois, trouve un ballon de foot pour les enfants, joue les guides touristiques, vient faire la causette. Avant de partir, il nous offre à chacun un T-shirt des Bermudes pour ne pas l’oublier. Ca ne risquait pas !

Cyril arrive le 13 mai à l’aéroport d’Hamilton, après 29 heures de voyage : Montpellier-Dublin-New York-Bermudes. Le new crew est motivé !! Et un peu fatigué quand même… D’autant qu’il reste coincé à l’immigration faute d’adresse à destination et de preuve d’embarquement sur un navire… Il a déjà eu du mal à convaincre les autorités américaines, là ça coince complètement. L’agent Patricia, sa nouvelle amie, nous fait appeler désespérément dans le hall des arrivées (où nous nous inquiétons de ne pas le voir sortir avec les autres passagers) mais il y a tellement de bruit qu’on ne l’entend pas. Lasse, elle finit par venir chercher le cap’tain et accepte d’échanger son prisonnier contre la promesse d’un mail régularisant sa situation. Il peut maintenant avancer d’une case et passer la douane avec les filtres à gasoil, les cames de bôme, les courroies d’alternateur, un peu de cned, un sac étanche, les savons « eau de mer », les secrets d’arôme Knorr, un peu de rosé, la carte sim de l’iridium, ses palmes, son masque, sa combi… (il a du se séparer du stock Haribo, faute de place : Pascale, Julie et Ugo, ayez une petite pensée pour nous en vous gavant avec nos bombecs, vautrés au chaud sur le canapé !!)… Ca fatigue les douaniers rien que de regarder dans son énorme sac de plongée jaune : ils le laissent passer gentiment sans payer aucune taxe. Ne reste plus qu’à prendre le bus pour St Georges. Fastoche !

On profite de l’incontournable chasse au shipchandler pour passer une belle journée à Hamilton et voir un peu de pays. La préparation de Zanzibar pour cette nouvelle transat de 1800 milles (au moins) nous occupe quasiment à temps plein : vérification du gréement, renforcement des fixations du rail, changement des billes de certains chariots de la GV, reprise des haubans, fixation d’une nouvelle antenne VHF, installation d’un nouveau convertisseur électrique, changement de la bordure de GV, couture de protections anti-ragage, nettoyage de printemps (fonds de cale compris !), avitaillement, lessives et expédition des dernières évaluations du CNED. Tout le monde s’agite sur les quais et l’ambiance est au départ jusque dans les rues de St Georges. Ca parle « fenêtre météo » dans tous les pubs du coin. Dreamwaver et d’autres ont déjà rejoint les Açores et font état de bateaux arrivés dans un état catastrophique : démâtages, avaries, casse, naufrages, et même un disparu… C’est très engageant à quelques jours de larguer les amarres !

Cyril, bien qu’exploité sans vergogne par le capitaine (Doumé, tu peux monter un club !), arrive quand même à se programmer deux belles plongées, sur épave et sur récif. Et  puisqu’il aime trempouiller des heures durant dans l’eau, on l’autorise exceptionnellement à plonger sous le bateau pour gratter les algues sur la carène.

Au soir du 17 mai, nous sommes sur les starting-blocks (et bien frustrés de pas avoir eu plus de temps pour flâner sur les îles de l’archipel). Dernier barbecue à terre, rapide parce qu’il fait vraiment très froid… Vivement qu’on soit sur l’eau, que ce soit froid ET humide.

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Cet article a été publié dans Atlantique Nord... mai-juin 11, Journal de Bord. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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