Açores -> Gibraltar / Jour 6

200 Milles pour Gibraltar. « C’est ça k’c’est bon » diraient certains !

On avance tranquillement vers le détroit. Pas trop de vent (pour ne pas dire pas du tout par moments), donc moteur en appui. 9a fait du bruit, ça consomme du gasoil, mais on s’y fait. Ce matin on eu grand beau temps avant qu’une nappe de brume nous entoure et imite notre visibilité à 2-3 milles. Pas cool car ça tombe au moment où on passe au sud du Cap St Vincent, grand carrefour pour les Cargos qui vont ou viennent du Nord de l’Europe. On appelle à la VHF ceux avec qui on fait route de collision et on découvre qu’ils sont tous prêts à dévier leur route sans poser d’autres conditions. On continue, royal, notre route directe avec notre petit bateau au milieu des monstres de 1000 pieds et plus.

On touche un peu d’air depuis le milieu de la matinée, mais pas assez pour nous permettre de couper le moteur; depuis le temps on s’est fait au ronron permanent désormais, voilà qui préfigure nos nav en Med cet été 🙂 On devrait passer Gibraltar Vendredi matin – avec le vent d’Ouest et la marée montante – on verra en fonction de l’heure et des conditions la suite du programme.

Toujours pas de poisson au bout de notre ligne, ni Dauphins, tortues ou autres baleines depuis plusieurs jours, le coin doit être trop encombré pour eux.

Messages Personnels:
– Une énorme pensée à tous ceux qui planchent entre les 4 murs d’une classe pour leur DNB (Théophile est carrément fâché de ne pas y être : officiellement parce qu’il l’avait déjà au contrôle continu et que ce n’était plus qu’une formalité, officieusement parce qu’il a très envie de voir ses copains…). Thomas, on attend avec impatience que tu nous racontes ce que ça fait de rester 3 heures d’affilée derrière un bureau sans même pouvoir aller faire un plouf, un petit tour d’annexe ou une sieste dans le hamac… Courage.

Nos stats du jour – à 13h00 UTC :

  • Position: 36°31 N – 9°40 W
  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 124 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,2 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 813 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,6 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 200 Milles

Zanzibar.

Publié dans Atlantique Nord... mai-juin 11, Journal de Bord | 3 commentaires

Açores -> Gibraltar / Jour 5

Je crois qu’on a eu notre journée de voile de cette nav. Du vent (au près certes), pas trop de mer, une bonne vitesse avec le bateau. Bon, ça bougeait beaucoup à l’intérieur, mis on ne peux pas tout avoir ! On aurait pu abattre facilement 180 Milles mais on a voulu réduire pour la nuit et ne pas trop forcer sur la bateau et les voiles. Après un petit coup de mou en milieu de nuit, on décide de renvoyer toute la voile au petit matin.. juste avant que le vent ne remonte subitement jusqu’à 25-30 nds. On reprend 2 ris, puis on en relâche 1. Bref, on s’occupe…

On fait toujours une route ESE en attente de la bascule de vent au NW. Pour l’heure ça refuse plus qu’autre chose et notre vitesse s’en trouve forcément affectée. Mais bon, Gibraltar approche, la Med, le soleil, l’eau chaude, etc…parce côté ciel on n’est pas gâtés: ciel gris, crachin intermittent, brume le soir et le matin. Disons que ça ne ressemble pas à une météo de fin juin.

Nos stats du jour – à 13h00 UTC :

  • Position: 36°47 N – 12°11 W
  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 153 Milles
  • Vitesse Moyenne: 6,4 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 689 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,7 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 327 Milles

Zanzibar.

Publié dans Atlantique Nord... mai-juin 11, Journal de Bord | 3 commentaires

Açores -> Gibraltar / Jour 4

On est passé du Lac Suisse aux montagnes Russes en quelques heures. On ne va pas se plaindre, on a enfin coupé les moteurs et le bateau avance bien. Le près n’est pas l’allure de prédilection des catamarans mais la mer n’étant pas trop formée (qu’est ce que ce serait ?), ça passe relativement bien. En plus, tous ses mouvements ont un effet soporifique sur les enfants qui n’est pas pour nous déplaire. On ne sait pas si c’est le retour mais ils sont assez énervés sur cette nav, ce qui ne leur était jamais arrivé.

L’effet calmant nous gagne aussi, et on récupère de nos nuits courtes (en gros on fait des concours de siestes avec Isa). J’avoue qu’elle me bat à plate couture 🙂

On se rapproche de Gibraltar et le nombre de bateaux semblant nous y attendre devient impressionnant. On en voit au moins 50 ou 60 entre Lisbonne et le Sud du Maroc, il y en a dans tous les sens, incroyable la portée que crée le maillage des bateaux. Bon, Ils sont tous très loin de nous, mais ça promet pour le passage du détroit ! Qui a dit que le transport maritime avait des problèmes ??

Nous avons basculé vers le SE hier en fin d’après midi, reprenant une route plus directe sur Gibraltar. On avait de toutes façons pas le choix, le vent de NE s’étant établit on ne pouvait continuer plus vers l’Est. On devrait toucher une bascule vers le NW dans 2 jours, ce qui nous permettra d’arrondir et de partir quasiment plein Est et surtout de franchir le détroit. On croise les doigts.

Toujours rien côté pèche, en même temps on n’a pas sorti les lignes alors…

Messages personnels:
– Cyril: on voit les côtes avec la carte à l’échelle 200 Milles !! Yes !
– Les Bubu: On espère que les Safrans ont bien été expédiés, sinon, on fera tous une sale publicité au SAV de Fountaine !
– On attend de pied ferme la famille Pelletier aux Baléares fin Juillet, nous n’accepterons pas d’excuse !

Nos stats du jour – à 13h00 UTC :

  • Position: 37°55 N – 15°03 W
  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 139 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,8 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 537 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,6 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 480 Milles

Zanzibar.

Publié dans Atlantique Nord... mai-juin 11, Journal de Bord | Un commentaire

Açores -> Gibraltar / Jour 3

Un lac… c’est assez incroyable mais il n’y a pas un souffle d’air ce matin, pas une ride sur l’eau. Nous sommes au coeur de l’anticyclone et comme prévu il n’y a pas de vent ce qui n’est pas forcément désagréable, surtout avec le soleil qui nous accompagne. Il faudrait juste que ça ne dure pas trop longtemps non plus parce que l’inconvénient c’est qu’on avance pas très vite, un petit 5 nds sur un moteur, légèrement amélioré par les voiles en fin de nuit quand on touche un peu d’air (5-6 nds), mais ça ne dure jamais.

On traine, on lit, on bronze sur le trampoline, on regarde des films (les enfants en ont échangé pleins aux escales). Ca fait quand même beaucoup moins réfléchir et surveiller que quand on est à la voile, notre prochain bateau sera à moteur ! Non je plaisante, ou alors électriques pour ne pas faire de bruit et consommer de gasoil….

On « contemple » aussi les nombreux cargos qui nous entourent. Il y a en effet pas mal de trafic autour de nous, de et vers l’Europe. Souvent assez loin en réalité (30-50 Milles) mais l’AIS les détecte et sur la carte ils semblent vraiment proches.

l’AIS est un système ingénieux qui utilise les canaux VHF pour transmettre – en numérique – les caractéristiques, positions, vitesse, cap et destination des bateaux qui en sont équipés. Celui-ci est obligatoire pour les cargos et autres gros bateaux, mais est aussi nde plus en plus répandu sur les bateaux de plaisance. Nous n’avons qu’un récepteur AIS sur Zanzibar, ce qui nous permet de voir mais pas d’être vus. C’est pratique quand on régate avec les copains qui en ont et qu’ils ne les coupent pas 🙂 mais je regrette de ne pas en avoir, c’est un vrai plus en terme de sécurité.

Bref, tout ça donne un avant gout de ce que sera Gibraltar, et on fera en sorte d’y être de jour 😉

On continue notre route plein Est afin de contourner l’anticyclone (ou plutôt le traverser sur sa partie haute) et aller toucher les Alizés Portugais. On devrait basculer SE ce soir, et faire enfin route vers le détroit.

Toujours rien côté pèche. Heureusement qu’on avait pris un stock de steak de l’excellente viande des Açores pour les protéines. D’ailleurs à midi c’est Entrecôte, miam !

Messages personnels:
– Marin à tous ses copains et cousins: « vous me manquez tous, je suis pressé de vous revoir ! » (les autres membres d’équipage doivent être insensibles…)
– Théo à JC:  » As-tu bien dormi ? »

Nos stats du jour – à 13h00 UTC :

  • Position: 38°58 N – 17°39 W
  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 124 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,2 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 398 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,5 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 620 Milles

Zanzibar.

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Açores -> Gibraltar / Jour 2

Deuxième journée de navigation tranquille. On a eu du vent jusqu’en fin de soirée hier, nous permettant de bien avancer au portant. Mais ensuite celui-ci a tourné WSW, passant sur notre arrière tout en mollissant. Il nous faut démarrer un moteur et puisque le vent est déjà faible, on prend la décision de ne pas monter plus au nord mais piquer plein Est. En milieu de nuit, le vent est vraiment faible, nous forçant à affaler la Grand voile. Je pense que nous sommes partis pour 2-3 jours de pétole… et donc de moteur.

On va avancer ainsi jusqu’aux vents de secteur NE qui se trouvent au large du Portugal, où nous commencerons notre descente vers Gibraltar (certainement Cadix).

La mer est calme et le courant nul si ce n’est favorable. Le temps est passé au très beau aujourd’hui, une fois les brumes matinales dissipées (pas si matinales que ça, il a fallu attendre 11h…). On se fait un petit apéro en terrasse en T-Shirt et avec les lunettes de soleil, ça faisait un bail !

On a sorti les lignes mais c’est sans succès pour le moment… après tout les poissons aussi ont droit à un peu de tranquillité 🙂

Messages personnels:
– Théo remercie chaleureusement sa mamie, Delphine et Jen, pour s’être si bien occupées à distance de son avenir. Il fallait bien s’y mettre à plusieurs.

Nos stats du jour – à 13h00 UTC :

  • Position: 38°58 N – 20°19 W
  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 133 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,5 nds
  • Distance parcourue depuis le départ: 273 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,7 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 740 Milles

Zanzibar.

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Açores -> Gibraltar / Jour 1

C’est reparti pour 1000 Milles de Nav jusqu’à Gibraltar. On a même dans l’idée de pousser jusqu’aux Baléares – 400 Milles supplémentaires – si la météo nous le permet (et si on est pas fatigués, si on ne manque pas d’eau, de gasoil, de pastis…). Pour le moment ça ne parait pas possible, un vent d’Est soutenu devrait souffler sur le détroit quand nous y arriverons, nous fermant la porte. Nous irons attendre à Cadix si cela se confirme.

Nous avons donc quitté Ponta Delgada hier, avec une fenêtre météo acceptable, qui devrait être placée sous le signe du petit temps et donc, à priori, avec pas mal d’heures moteurs au programme. Ce fut le cas sur les premières 20 heures, le vent de SW étant arrivé avec un peu de retard sur notre route. Nous avons fait du près jusqu’en milieu de matinée. Un près tranquille et sans mer forte, donc pas désagréable. On navigue néanmoins à la voile depuis quelques heures et c’est bien agréable….

Nous sommes partis seuls cette fois-ci, les Bubus étant en attente de leurs Safrans, les Modus déjà rentrés en Med, et les autres bateaux rencontrés aux Açores préférant attendre une autre fenêtre météo.

Nous n’allons pas faire une route directe, celle-ci étant barrée par un Anticyclone qui nous contraint de le contourner par le Nord. Ca rajoute un peu de distance, mais c’est ça ou vent de face… De plus, l’arrivée par le Nord devrait nous permettre de mieux négocier les Alizés Portugais (vents de secteur N-NE qui descendent le long du Portugal) qui semblent orientés plus Nord-Est que Nord la semaine prochaine.

Ambiance automnale sur l’eau, avec un magnifique ciel gris agrémenté d’un petit crachin Breton (chacun sa spécialité) et de quelques grains épars. C’est l’été quoi !

Ambiance tranquille et même un peu molle sur le bateau, il nous faut toujours 1-2 jours avant que chacun trouve son rythme de transat.

Nos stats du jour – à 13h00 UTC :

  • Position: 38°42 N – 25°06 W
  • Distance parcourue sur les dernières 24h: 140 Milles
  • Vitesse Moyenne: 5,8 nds
  • Distance à parcourir sur notre route actuelle: 909 Milles

Zanzibar.

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13 juin – 20 juin 2012 – Sao Miguel, Açores

Arrivée en vue de Sao Miguel au petit matin, alors que les premiers concurrents de la Volvo Ocean Race enroulent l’île dans la pénombre, à quelques encablures de Magic Swan qui nous précède ! Quel honneur de « partager » le plan d’eau avec de tels bateaux ! Mais nous redescendons vite sur terre (et de nos bateaux-pépères !) pour prendre nos quartiers dans la nouvelle marina de Ponta Delgada, au pied de la ville.

départ pour la piscine

Bubu nous rejoint par avion (le bateau étant toujours bloqué à Horta, sans safran), le temps de croiser Modus qui part dans la foulée, profitant d’une météo idéale pour rentrer sur Gruissan. Nous hésitons d’ailleurs un long moment à les suivre. Mais nous venons à peine d’arriver et repartir sans voir l’île de Sao Miguel nous contrarie.  Nous ne reviendrons pas aux Açores de si tôt… Nous resterons donc quelques jours de plus, en attendant une nouvelle fenêtre météo au top (qui sait, ce sera peut être une baie vitrée !)

Mais le temps n’est pas vraiment au beau : ciel (très) bas et (très) lourd, bruine, brouillard, pluie… Le mois de juin aux Açores ressemble à l’automne. Nos promenades prennent une tournure franchement brumeuse et humide… Côté météo sur l’eau, pas de baie vitrée, ni même de fenêtre qui se profile. A peine une lucarne parfois, qui se transforme en hublot dans les heures qui suivent… Attendre sans pouvoir balader est un supplice quand on sait toutes les merveilles qui se cachent dans les nuages… On en est même réduit à assister aux matchs de foot de la Coupe d’Europe, au bar de la marina : Pourtougal, Pourtougal, Pourtougal ! Incroyable.

Lagoa do Fogo

A force de persévérance et de tentatives plus ou moins heureuses, nous finissons quand même par entrapercevoir quelques splendeurs ! Le Lagoa de Fogo, dans le centre de l’île, se révèle ainsi au hasard d’une brève « éclaircie ». Vision absolument saisissante, limite inquiétante, de ce lac apparaissant soudain entre  les lambeaux de nuages sombres : les eaux d’un bleu profond, les reliefs escarpés d’un vert hypnotique, la lumière tellement métallique…  On y voit le décor de quelques noirs romans policiers…

Caldeira Velha

Plus bas sur la route, le « soleil » s’installe un peu plus franchement et nous marchons jusqu’à la Caldeira Velha. L’activité volcanique de la région y est ici bien palpable : une petite source  d’eau naturellement bouillante et saturée en soufre nous débouche désagréablement les sinus, tandis qu’un peu plus loin un bassin aménagé au pied d’une cascade permet de se couler dans un bain sulfuré perpétuellement à 38 degrés. Mais le climat général n’incite pas tellement à ce genre d’expérience. Même les enfants passent leur chemin, c’est dire ! Nous descendons ensuite vers la côte Nord, prendre le thé  (et oui, le thé !) dans la très belle plantation de Porto Formoso, après une visite succincte des installations.

patrouille serrée (et glacée)

Le petit jardin botanique surplombant les champs de thé est une invitation au repos et au recueillement (pour ne pas dire à la sieste). Mais le temps se maintenant courageusement à la limite du beau, nous poursuivons notre route vers la ville de Ribeira Grande,  puis la plage de Santa Barbara, à l’ouest. On y découvre un très chouette spot de surf, et le TuKaTuLa, bar un rien branchouille à l’ambiance très rock & surf. On y revient immanquablement avec les body-boards le lendemain matin (sauf que cette fois il pleut…).

Profitant de la moindre éclaircie pour quitter le bateau, nous arpentons aussi beaucoup la jolie ville de Ponta Delgada. Une fois passés les immeubles disgracieux du front de la marina, les rues offrent bien des surprises architecturales le long des magnifiques trottoirs pavés : églises et bâtiments aux frontons baroques, jardins verts et fleuris, places ombragées aux terrasses accueillantes, et même l’imposant Fort de Sao Bras et son musée militaire des Açores. Impossible de vraiment s’ennuyer…

La météo finit même par avoir un peu pitié de nous, nous gratifiant d’une vague fenêtre pour les jours à venir. Nous partons demain pour le dernier volet de notre transat retour ! Quelques 900 miles pour rallier Gibraltar, puis encore environ 400 pour arriver aux Baléares. Si possible sans escale, si le vent souffle dans le bon sens au passage du détroit !

Fête de la musique seuls en mer (attention les watts !), mais nos pensées iront du côté de la place de la Comédie et des musiciens un peu fous de Get on the Scene !! Et aussi, surtout, du côté de Louis…

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10 juin – 12 juin 2012 – Sao Jorge, Açores

C’est pas la joie sur le bateau quand nous larguons les amarres de Faial… Une belle escale prend fin et surtout nous laissons sur le quai les copains du Bubu, coincés à Horta pour quelques semaines encore, à attendre leurs safrans.

Nous parcourons les 20 miles qui nous séparent de Sao Jorge sans apercevoir de baleines mais quelques dauphins viennent jouer autour de nous pour nous remonter le moral. Nous faisons route en patrouille avec Modus Vivendi. La minuscule marina de Las Velas se niche au pied des falaises qui surplombent la ville à l’Est. Nous ne sommes pas certains de pouvoir y entrer nos catas, apercevant 2 monocoques amarrés au ponton du gasoil et encombrant déjà bien l’entrée. Nous sommes prêts à mouiller devant le port, ce qui ne nous amuse pas tellement vu la profondeur enregistrée à quelques mètres du bord seulement ! Mais le capitaine nous fait signe d’approcher et nous installe tranquillement derrière les 2 mono déjà à quai. Comme nous nous inquiétons un peu de condamner ainsi l’accès au gasoil pour les autres bateaux, il nous gratifie d’un grand sourire et nous explique que rien n’est un problème, que la seule chose importante est que tous ses bateaux soient à l’abris derrière les digues. Bem vindo a Sao Jorge !!

terrasse du café Clube Naval

José est adorable et nous accueille dans sa petite marina flambant neuve comme dans sa maison. Ambiance très paisible et chaleureuse qui nous rappelle certains petits ports des îles Cornaties, en Croatie. Quelques badauds viennent faire la causette avec les bateaux de passage : beaucoup ont vécu à l’étranger et parlent anglais ou français (heureusement d’ailleurs, car on a beau faire tous les efforts du monde et se concentrer, on ne comprend décidément pas grand chose au portugais… qu’on arrive pourtant « facilement » à lire !). Nous retrouvons aussi quelques équipages croisés pendant le voyage. Point de passage « obligé » sur la transat retour, les quelques îles des Açores semblent rassembler tous les bateaux jusqu’alors dispersés du Vénézuela aux Bahamas (en passant par Cuba et l’arc antillais) avant qu’ils ne s’éparpillent à nouveau entre la méditerranée et l’atlantique. Une sorte de Cap Vert à l’envers !

puffin cendré

Il y a une fête religieuse dans le village le premier soir. A la nuit tombée, un jeune couple qui flâne sur le port propose de nous accompagner jusqu’à la rue en question, toute décorée de fanions et de guirlandes colorées, avec concert de la fanfare, loterie et sucreries. En fin de soirée il est traditionnellement distribué des petits pains (de maïs semble-t-il…). Les enfants s’avalent une énorme barbe-à-papa en attendant que la fanfare, en pause syndicale, ne reprennent son concert. Mais le temps passe… passe… et il ne se passe vraiment rien…

Même le jeune musicien de la fanfare qu’on interroge n’arrive pas trop à nous expliquer quoi que ce soit (mais il est très gentil quand même). De guerre lasse, nous regagnons nos pénates avec la vague impression d’avoir manqué un épisode… Et en fait de concert, c’est le vacarme des » cagarros » qui nous surprend et nous amuse beaucoup : ces petits puffins cendrés semblent avoir avalé la girafe Sophie ! Oiseaux de mer le jour, ils se rapprochent de la côte la nuit et font entendre leur chant, tout à fait étonnant et étrange. Ils nidifient en mai-juin dans les falaises.

puffins cendrés

Après 2 mois, ils repartent en mer en laissant les petits inexpérimentés livrés à eux-mêmes. Attirés à la nuit tombée par les lumières de la ville ou des phares, beaucoup se blessent ou meurent. Un (efficace) programme de sauvetage a même été instauré par les autorités, mettant à contribution toute la population des îles .  Petit extrait rigolo !

Le lendemain, le temps est presque au « beau » (disons il n’y a pas de brouillard….) et nous partons à la découverte de l’île. Comme il n’a plus de voiture de dispo (eh oui, encore …), le gentil monsieur de l’agence nous donne un Pajero ! A nous les grands espaces, les pistes rocailleuses (et poussiéreuses !), la grande aventure !  Dès que nous attaquons les chemins de terre, les enfants se retrouvent sur les marchepieds, accrochés aux portières (j’adore…), les cheveux aux vent. Nous empruntons tous les sentiers possibles, évitant soigneusement les routes goudronnées, et l’île nous apparaît

Ponta dos Rosais

dans toute sa splendeur : de vastes prairies où paissent des centaines de vaches, des petits cratères envahis d’eau et d’herbes hautes, de profondes cicatrices laissées dans la terre par l’érosion et les mouvements telluriques, d’impressionnantes falaises se jetant dans la mer, des petites maisons de pierre basaltique tapies au fond des « fajas », de sinueux murets qui abritent des vents océaniques des pieds de vigne ou des potagers, et dont le gris plomb se détache sur une incroyable palette de verts : hortensias, bruyères, fougères, pins, châtaigniers, … et même eucalyptus !

descente vers Faja dos Cubres

Résultant de l’effondrement de la roche ou de coulées de lave se jetant dans l’océan, les remarquables « fajas », symboles de l’île, étalent leurs terres fertiles entre les falaises et la mer. Certaines jouissent d’un micro-climat qui a favorisé, entre autres, la culture des fruits exotiques, du thé, du café et de la vigne. Celles du nord sont souvent plus petites qu’au Sud, tapies au fond de profonds ravins, abritant parfois des lagunes aux eaux cristallines. Nous prenons le temps de descendre le long des pentes vertigineuses

faja da caldeira de santo cristo

pour rejoindre Faja dos Cubres et admirer au loin Faja da Caldeira de Santo Cristo et sa lagune : derrière la plage de galets, un petit paradis de vagues attend les surfeurs. Ayant pris gout aux routes escarpées parfois entravées d’éboulis (ou amputées d’une partie de la chaussée qui a glissé dans le vide…), nous descendons aussi à Faja das Pontas avant de retraverser l’île vers le sud par nos pistes préférées. De nombreux ruisseaux dévalent les pentes depuis les sommets de l’île (dont le Pico da Esperança, à 1053 mètres d’altitude), se transformant en d’impressionnantes cascades qui jaillissent des falaises à plusieurs dizaines de mètres en se jetant dans la mer.

fromagerie Canada

La production de fromage est aussi une tradition aux Açores et chaque île ou presque a sa spécialité. Nous visitons la toute petite fabrique de Queijo Canada, à Santo Amaro, sur les hauteurs au nord-est de Velas. L’entreprise est familiale et l’adorable personne qui nous reçoit est fière de nous la présenter. Elle ne parle que portugais (ce qui nous dispense obligatoirement des considérations trop techniques)  mais nous explique quand même tout le process de fabrication. Les enfants sont surtout captivés par les alignements de fromages dans le séchoir et attendent la dégustation avec impatience. Ils se jettent dessus comme la misère sur le bas clergé (ou des enfants « bien élevés mais mal tournés »  xD). Notre hôtesse rigole et les nourrit tant et plus. Les gens sont vraiment trop gentils ici aussi…

Fornos de Lava

Comme ils sont encore affamés en sortant, nous emmenons notre troupe à l’auberge Fornos de Lava, un peu plus bas dans le village. Une rotonde en bois au décor chaleureux, une agréable ambiance « dimanche au coin du poele » (c’est que c’est l’hiver ici !), des propriétaires charmants, des produits locaux, des légumes bio du jardin… on se régale ! La vue sur l’océan et le sommet de Pico au loin est splendide. Très chouette adresse.

Faja dos Cubres

Sao Jorge est encore un petit coin de paradis où nous aimerions rester à paresser. Et puis nous n’avons pas eu le temps de randonner, fouiner, zigzaguer ! Déjà il faut penser aux 140 miles à parcourir pour rejoindre la très belle île de Sao Miguel, à l’est, dernière étape avant notre retour vers la Méditerranée. Modus a déjà largué les amarres (en laissant tous les doudous de Marylou sur Zanzibar, horreur malheur ! faut les rattraper au plus vite !). 24 petites heures sur l’eau, que nous partagerons avec l’adorable Stoyan, qui navigue en solitaire sur Magic Swan. Pas beaucoup de vent annoncé, cela augure un peu de moteur, dommage. Peut-être quelques baleines ?

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28 mai – 09 juin 2012 – Faial, Açores

Pour le quart d’heure encyclopédique sur les Açores, cliquez !

Whale watching

Nous avons pu admirer quantité de dauphins pendant la transat, mais pas un seul souffle de baleine à l’horizon… L’archipel des Açores, planté au milieu de l’atlantique, perturbe les courants sous-marins : en se heurtant au relief, le krill et les poissons remontent d’un cran, à la grande joie des cétacés qui prennent alors le temps de batifoler entre les îles dans leur migration vers le nord. Impossible de manquer un tel spectacle. Nous embarquons donc, par une belle matinée de juin, pour un joli tour en bateau entre les îles de Faial, Pico et Sao Jorge.

Mickael Jackson Dolphin

Après le briefing du biologiste marin (celui qui a mal travaillé à l’école et se tape le PowerPoint pour touristes au lieu des expéditions dans l’antarctique), nous partîmes à 10 mais par un prompt renfort nous nous vîmes une trentaine en quittant le port. Pas grave, les enfants nous font de la place au premier étage du bateau pour que nous ayons une vue imprenable sur la mer. Nous croisons la route de bancs de dauphins parfois étonnants, comme les « Mickael Jackson dolpins », qui naissent noirs et deviennent blancs en vieillissant, très timides, et qui approchent rarement de nos voiliers. Très vite on aperçoit les premiers cachalots. On va d’un groupe à l’autre (Laura a un radar implanté dans la tête), les regardant respirer à la surface quelques minutes, presque immobiles, avant qu’ils ne reprennent un peu de vitesse pour le grand plongeon : 45 minutes environ, à 3000 mètres de profondeur (enfin, pas là, il n’y a pas 3000 mètres de fond). C’est à ce moment là qu’ils descendent à la verticale et qu’on peut voir leur nageoire caudale (c’est le sondage) : les photographes sont sur le pied de guerre en « mode rafale » (au secours, y a du tri à faire !). C’est tout simplement grandiose.

Tour de l’île en scooter

côte sud de Faial

Tant que Cyril est avec nous, nous pouvons envisager la folle aventure en scooter en prenant chacun un enfant en tandem (au grand dame de Théophile, encore trop petit partir tout seul…). C’est évidemment la bataille pour savoir qui monte avec qui (le vrai problème est qu’aucun de mes enfants n’a confiance en moi côté conduite de 2 roues…). On met fin aux tergiversations en décidant de « répartir les poids », selon la formule consacrée et serinée par Juju à chaque tentative de ses frères d’opérer un changement (parce que ça l’arrange de rester avec Cyril !) : Théophile écope de sa mère, il est trop content… Il fait frisquet et humide mais c’est quand même plus rigolo que d’être au chaud dans une voiture ! Les rivages de l’île sont magnifiques, alternant falaises abruptes et plages de sable noir. Dans les terres, les champs et les pâturages se succèdent en un damier bocageux : on oscille entre la Bretagne et la Normandie. Petite pensée pour Jacques : d’interminables haies d’hortensia s’étirent le long des routes et des chemins. Mais il est malheureusement encore un peu tôt dans la saison pour les admirer tous en fleur.

Ponta dos Capelinhos

Nous faisons une première halte au Monte da Guia, qui surplombe Horta et Porto Pim, puis au Morro do Castelo, impressionnant mirador de roches. Nous nous rendons ensuite à l’extrême ouest de l’île, au phare de Ponta dos Capelinhos. En 1957, l’irruption d’un volcan à quelques centaines de mètres de l’îlet Capelinho a recouvert les champs d’une épaisse couche de cendres, enseveli un village et enterré une grande partie du phare. L’îlet s’est ainsi retrouvé rattaché à Faial par un isthme. Le paysage lunaire qui surplombe la mer nous fait un peu penser à Timanfaya, sur l’île de Lanzarote, aux Canaries. Grandiose.

Nous poursuivons notre tour de l’île par la côte nord, l’émaillant de quelques détours au gré de nos envies, notamment par la plage de Ribeira das Cabras et ses énormes vagues que les garçons veulent absolument revenir surfer… Journée aérée et rafraichissante !

Peter Café Sport

Peter est un peu le centre du monde de l’Atlantique Nord pour les équipages de tout poil en escale aux Açores. Tous les spécimens de navigateurs se rencontrent autour du bar où tant d’autres avant eux se sont accoudés (et souvent écroulés… ) : les vieux loups de mer à la mine chiffon, les pro top nickels habillés aux couleurs de leur (beau) bateau ou de leur sponsor, les copains en goguette, les solitaires, les amoureux, les rêveurs, les discrets, les désabusés, les bruyants, les condescendants, les sympas, ceux qui arrivent juste, yeux fatigués mais pétillants de l’aventure qu’ils viennent de vivre, ceux déjà requinqués par quelques bières et steaks énormes (650 gr de Peter Steak à la crème de moutarde… miam miam miam), ceux flanqués de leur joyeuse marmaille (qui est aussi en manque de steak au poivre), même à des heures qui pourraient nous valoir un contrôle de la DASS… Le mythe et le folklore sont méticuleusement (et très « marketing-ement ») préservés et entretenus par José (alias Peter fils) et son staff. On est chouchouté. José parle français et aime les enfants, captivés par ses explications sur la chasse à la baleine et l’art du scrimshaw, ces dessins et sculptures gravés dans les dents et les os de cachalot (un musée y est dédié dans le café).  Heureusement que le réseau wifi y est nul, sinon nous y passerions notre vie (ça doit d’ailleurs être fait exprès) !

Il y a aussi des concerts live certains soir, et c’est vraiment chouette. On aurait préféré y écouter les Garage Band ou autres Magic Beavers, mais on fait avec ce qu’on a… Peter fait aussi bureau de poste, mais on n’a plus de cned à poster !! Cyril part avec les dernières enveloppes d’évaluations pour être certain qu’elles arrivent avant fin juin. C’est presque les vacances !

Café El Internacional

Le réseau wifi y est excellent ! Derrière la façade vert amande de ce vieil immeuble, on retrouve le charme désuet et un peu suranné des anciens cafés. On y déjeune pour 3 fois rien,  avec des serveurs adorables, mais on y dîne bizarre côté steaks (impossible de concurrencer Peter dixit Cyril, sauf peut-être le « steak on stone » ?). C’est notre QG des fins d’après-midi.

Plongée

briefing sécu…

Cyril, JC et Manu, en mal d’expérience et poussés par une propensions étrange au masochisme aquatique, décident d’une plongée dans les eaux froides du littoral. Les fonds ne sont pas terribles mais les poissons y sont apparemment très nombreux. C’est en tout cas ce qu’ils arrivent à nous raconter après leur expédition, entre 2 frissons, 2 bières pour se réchauffer… et 2 rigolades à l’évocation de l’étonnante organisation du club local. Le briefing sécu semble leur avoir laissé un souvenir impérissable…

Caldeira

Expédition en famille avec Bubu et Modus pour aller admirer un des plus beaux paysages de l’île : un cratère de 2 km de large et 400 mètres de profondeur, classé réserve naturelle. Mais pour nous la Caldeira se limite à un nuage bien accroché aux sommets et une visibilité qui ne dépasse pas les 100 mètres au plus fort de l’éclaircie… De toute façon les enfants se moquent totalement du brouillard et de la caldeira : eux tout ce qu’ils veulent c’est faire du bodyboard… Qu’à cela ne tienne.

Morey

vol plané

Nous retournons avec armes et bagages sur la plage de Ribeira das Cabras. Nous y trouvons du soleil et des vagues, de quoi occuper toute notre petite troupe ! La mer n’est pas très chaude mais les enfants ne semblent pas s’en offusquer. Ils s’amusent comme des petits fous, ramant, surfant, riant, et terminant leur folle course dans l’écume bouillonnante du ressac.  On va retrouver du sable noir sur le bateau pendant 3 semaines au moins…

Good wind painting

On voulait un truc simple et facile à réaliser, Théophile l’a fait : un dessin hyper compliqué du bateau, et l’itinéraire… Tout ça à reproduire sur du béton même pas lissé, c’est optimiste…

Les enfants participent très activement au choix de l’emplacement, à la délimitation du cadre, et même à la peinture du fond (2 fois, parce qu’un vélo a roulé dessus quand c’était pas sec !). Quand on passe au pinceau taille n°3, ils commencent à trouver tout ce tintouin un peu minutieux et longuet (faut dire qu’il pleut assez souvent…). Ils préfèrent nous assurer d’un soutien moral indéfectible plutôt que de soutenir le pinceau. Il y a finalement plus rigolo à faire sur le quai : courir, se poursuivre en trottinette, tomber ses baskets dans le port, se chamailler, mettre le bazar sur les bateaux… Je me sens un peu seule à genoux devant ce petit carré, surtout quand on connaît mon habileté un pinceau dans la main… Pourtant quelque chose de ressemblant au croquis finit par émerger. Quelques minutes avant notre départ, nous immortalisons sur la pellicule notre passage aux Açores, avant que le temps n’efface notre trace et que d’autres dessins viennent recouvrir le voyage de Zanzibar.

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Publié dans Atlantique Nord... mai-juin 11, Journal de Bord | 6 commentaires

Transat Bermudes-Açores, LES PHOTOS !

Pour ceux qui aiment l’eau, les dauphins, … et nos trombines ! Pas facile d’être plus original en 12 jours de mer.

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Publié dans Atlantique Nord... mai-juin 11, Journal de Bord | 13 commentaires