13 – 15 octobre 2011 – Cartagena – Gibraltar

13 octobre

CartagenaNous larguons les amarres à 10 heures, direction le ponton du gasoil, en prévision des longues heures de navigation au moteur qui s’annoncent : nous n’aurons pas beaucoup de vent pour nous accompagner en mer d’Alboran.

Nous quittons Cartagène avec notre nouvel ami pétole… Zéro vent, c’est le calme plat. A l’inverse du Cned, une fois encore plutôt houleux ! Nous commençons à être à court d’arguments. Mais comme ce sont de gentils enfants, on va bien finir par y arriver ! Reste simplement à savoir comment..

joli poissonPetit bonheur du jour : les garçons, qui pêchent en continu à la traine,  attrapent une magnifique dorade coryphène ! Soudain c’est la récré, la vie est belle et l’euphorie gagne les troupes. Mais une erreur de manip renvoie malencontreusement notre bô poisson à l’eau… Le capitaine (qui a fait la bêtise) en est très très très contrarié. Et les enfants très très très déçus. Ce qui n’arrange pas leur défaut de concentration scolaire… Echapper à l’opération « nettoyage de poisson-sang partout-beurk beurk » n’est pas pour me déplaire, mais je me garde bien de fanfaronner eu égard à la morosité ambiante.

La nuit est calme, sans vent et donc toujours au moteur.. Un peu marre d’entendre ce ronron permanent. Une petite houle nous secoue quand même de temps en temps. L’humidité est glaçante, le ciel couvert et l’horizon brumeux. Comme on doit être bien sous la couette !!

14 octobre

écran AIS en mer d'Alboran

Mer d’Alboran. Panne du pilote automatique vers 5h30. Je relaie Manu vers 6h00, un peu gelé à la barre. Il reboot le système et ça repart, mais il doit bien y avoir un petit problème de faux contact qui traine…

Un brouillard épais arrive par babord et nous enveloppe complètement en milieu de matinée. Ca fait un peu bizarre d’avancer sans rien distinguer mais c’est un très bon entrainement de confiance du radar. Il fait toujours frais et très humide.

Petit bonheur du jour : un banc de dauphin vient jouer devant les étraves, c’est magique ! Et le petit manège va recommencer plusieurs fois dans la journée. On ne s’en lasse pas. Même à la nuit tombée c’est encore le spectacle !

La lune perce timidement la couche nuageuse et éclaire faiblement le sillage. On ne voit rien et nous sommes heureux d’avoir opté pour l’option AIS ET radar ! Le froid et l’humidité nous encouragent aussi à rester au chaud : on avance à pas de géant dans notre thérapie « je n’ai plus peur qu’un abruti viennent percuter mon bateau en pleine nuit ».

Notre route un peu au nord nous permet de rester à l’écart des très nombreux cargos qui croisent au large. Nous profitons du courant de la marée descendante côté atlantique pour arriver sur Gibraltar.

15 octobre

Le rocher de Gibraltar

Le vent s’est un peu levé dans la matinée et nous passons le rocher à la voile. Heu-reux ! Nous sommes aux portes de l’Atlantique, enfin ! Et notre esprit, qui n’a pas encore eu le temps de s’habituer au voyage et qui vagabonde toujours entre Navi-Bois et Bouzigues, a du mal à réaliser le chemin parcouru.

Partout le ciel est bleu et dégagé. Sauf sur le rocher… Qui insinue qu’on est bien en Angleterre ?… On se régale d’observer cet impressionant effet de Foehn sur les falaises.

L’équipage du Loustic nous accueille sur la VHF. Ils sont au mouillage devant la marina Alacaidesa. Nous décidons d’aller au port pour essayer de régler tous nos ennuis techniques  avant de repartir pour le Maroc : une fuite d’eau douce rempli régulièrement les fonds de la coque tribord, la pompe de cale babord ne s’amorce pas, la pompe de cale du moteur babord ne fonctionne pas … C’est la fête.

Nous retrouvons Modus Vivendi et Alexïc, arrivés la veille au soir. Pendant que les enfants courent dans tous les sens, Manu diagnostique la fuite : raccord de l’arrivée d’eau du chauffe-eau. Le capitaine répare Manu military, mais il en a marre de bricoler et réparer non stop depuis des semaines sur ce fichu rafiot… alors il s’énerve un peu quand même, coincé au fond de la cale,  plié en huit et demi sous notre couchette, à s’ébouillanter sur le chauffe-eau.

On en profite pour re-nettoyer et assécher parfaitement tous les fonds. Puis on range le bateau. Puis on sort tous les draps et les couettes pour les sécher et les aérer au vent. Puis on étend le linge. Puis on fonce, à pied, à l’avitaillement : 30 min aller et idem au retour, au pas de course … Les enfants sont restés « seuls » à la marina. Leur instinct de survie les a donc inévitablement poussés vers un Modus Vivendi, sympathique bateau d’accueil pour enfants délaissés et victimes de parents défaillants. Soirée pâtes-crêpes avec tous les pauv’ gosses du ponton. Nous les laissons donc à leurs copains et rejoignons les adultes sur Alexïc. Encore un guêt appent…

Nous rentrons à 23 heures sur Zanzibar, avec les lits à refaire, les planchers à replacer, les enfants à doucher, l’avitaillement à ranger… Youpi youpi youpi, vive les vacances !

Demain, visite de Gibraltar et de son fameux rocher ! Enfin un peu de tourisme.

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10 – 12 octobre 2011

10 octobre – Arrivée à Cartagena

Le vent est tombé au petit matin et c’est au moteur que nous entrons dans le port de Carthagène. Les garçons s’activent pour vaguement terminer à l’arrache le Cned, alors que nous passons les bouées du port…

A peine amarrés, nos yeux sont déjà rivés sur le cata voisin, affichant drapeau français et … gosses sur le pont ! Cartagena est un repère de bateau-copains, c’est la fiesta sur le ponton !!

Nous rencontrons l’équipage de Modus Vivendi, à quai depuis 2 jours et sur le départ (qu’ils vont finalement reporter…). Stéphane et Sylvie, avec 3 de leurs 5 enfants : Arthur, 13 ans, Robin, 10 ans et Marylou, 5 ans. Peu de temps après, c’est l’équipage du Loustic qui accoste . Jérôme et Anne-Lise, avec leurs 3 petits : Marine, 9 ans, Nicolas, 7 ans et bébé Jérémy, 7 mois ! 2 autres bateaux sont attendus dans les jours qui viennent. Nous faisons tous à peu près le même programme et c’est sympa de savoir qu’on va se retrouver de ci de là aux escales.  Les enfants ne savent plus où donner de la tête. Ca se promène d’un bateau à l’autre, ça saute dans tous les sens, ça pêche, ça joue aux Playmo… et ça râle au Cned !! On se serre les coudes entre adultes responsables et on se soutient moralement : le Cned est une galère sans nom pour tous les parents d’adolechiants, mais faut bien faire avec. On pense créer un collectif entre mamans, visant notamment à mettre les papas au boulot : c’est incroyable ce qu’il y a comme voiles à régler, moteurs à réviser, urgences vitales à gérer et j’en passe, dès que les gosses ouvrent leurs livrets…

Nous avons décidé de rester 3 jours au port, le temps d’avancer un peu sur notre bonne vieille « to do list » (électronique, balise de tracking, portes des placards, branchement de la machine à laver, pompes de cale, tentative d’aménagement des cabines… on ne risque pas de s’ennuyer une seule seconde !). Nous sommes vraiment partis comme des sauvages…

11 octobre – journée de m….

Alors que les enfants devaient tous se motiver pour travailler leur Cned rapidement et partir à la pêche, la situation tourne limite au drame sur Zanzibar… Y a des jours sans, assurément ! C’est à peine mieux sur les bateaux-copains (en crise la veillle …). Du coup la journée passe sans qu’on puisse vraiment se déconnecter de ces fichus devoirs.

Modus Vivendi largue les amarres en début de soirée, direction ALmeria. Nous nous retrouverons vers Gibraltar. Alexïc arrive avec à son bord Alexandre, 12 ans, et Loïc, 10 ans.

Avancée technique non négligeable : la machine à laver lave !!

12 octobre

Réveil en fanfare et aux aurores : on aura plus de temps pour arriver à bout de ce Cned. On continue de bricoler sur le bateau et on fait des tonnes de machines ! Mais toujours pas le temps d’aller promener… Les enfants du ponton se retrouvent tous sur Zanzibar à jouer aux Playmo. Puis Loustic reprend la mer en fin de journée, suivi d’Alexïc. Nous devrions arriver ensemble sur Gibraltar, samedi matin.

Nous allons diner en ville et faire découvrir aux enfants le concept des tapas. Juliette adore, elle peut picorer de tout (et surtout de rien), et ose courageusement les patatas fritas, suivies de quelques patatas fritas, encore quelques patatas fritas et … des churros. Il va falloir travailler son côté  » aventurière gastronome » !

Nous rentrons en flanant jusqu’au port, et tout cela commence à ressembler furieusement à des vacances !

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08 – 09 octobre 2011

08 octobre – Vilanova – Cartagena – Joyeux anniversaire capitaine !

Nous quittons Vilanova en milieu de matinée pour 48 heures de nav. L’horizon hâché laisse deviner que la mer est encore bien agitée, mais il y a moins de vent. Et maintenant on sait plus à quoi s’attendre. C’est l’apprentissage par l’expérience !  On a relevé d’un cran nos limites, je me sens plus tranquille et je suis même impatiente d’en découdre à nouveau avec les vagues pour vérifier !

Grosse houle de travers (mais moins de vagues cassantes), 15-20 noeuds au portant : sous grand voile + génois, Zanzibar file à 8-9 noeuds tranquille. Ca secoue. Juliette en tombe même dans la pointe avant depuis la couchette de son frère : elle appelle au secours, les fesses dans le trou, il n’y plus que sa trombine qui dépasse, c’est très drôle (pour ceux qui regardent…).

Les conditions se calment franchement en fin d’après-midi : les enfants retrouvent le trampoline et on se dépêche de faire cuire les pâtes pour le gratin du soir. Il faut anticiper ! D’autant que ça se renforce à nouveau dans la soirée. La nuit est agitée, le bateau tape fort dans les vagues, mais j’arrive à gérer mon quart sans trop de stress. Juju et Théophile dorment dans le carré, Manu est donc relégué dans le cockpit. Mais ca me rassure de le savoir à côté. On affale la grand voile au petit matin, le vent étant passé de face. La houle, en revanche, est enfin plus dans le sens du bateau. C’est reposant. Le lever de soleil sur Ibiza, qu’on voit à l’horizon, est magnifique.

09 octobre

Passage du cap de la Nao. On se rapproche de la côte pour admirer le paysage : les falaises se jettent dans la mer, c’est grandiose. Le vent et la mer se calment, on doit même avancer au moteur… Et ça va durer quelques heures comme ça. On en profite pour cuisiner et bricoler. Juliette fait le gateau d’anniv de son papa. Manu installe la balise de tracking, une partie des fermetures des portes de placard (après deux jours de mer agitée, c’est devenu la priorité n° 1 pour que les objets arrêtent de voler intempestivement…), et plein d’autres trucs et bidules. La nuit est claire et très très calme, pas de vent, la mer d’huile… un peu de brume à babord (brrrrr) mais les lumières de la côte au loin à tribord. Et un ciel étoilé magnifique. Plusieurs feux d’artifices s’élèvent le long de la côte, c’est impressionant.

Le vent adonne enfin au petit matin. Grand voile + génois, on coupe les moteurs ! On dirait que la terre vient de s’arrêter de tourner… Quel bonheur !

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06 – 07 octobre 2011

06 octobre – arrivée Port Ginesta

Cned sur l’eau après cette première nuit de navigation. Marin bat des records de lenteur sur son évaluation de techno: 3h30 , et ça n’est même pas vraiment terminé… En revanche il a bien regardé le paysage, compté inlassablement ses orteils, raconté des histoires … Ca va pas être drôle tous les jours…. Nous devons nous arrêter à Port Ginesta pour un stop technique (on ne peut plus se passer d’Accastillage Diffusion…). L’eau est si transparente aux abords de la côte que les enfants ne résistent pas à l’appel de la baignade (ce qui est d’autant plus courageux que des méduses très curieuses tournent autour du bateau… ). Juliette reste vaillamment sur le pont et attend que son papa l’emmène faire un petit tour de zanzibarquette pour récupérer les garçons sur la plage (ils ne semblent pas décidés à renouveler l’exploit de leur traversée à la nage au milieu des bestioles qui piquent !).

07 octobre – Port Ginesta – Vilanova i Geltru. Des fichiers grib à la réalité…

Nous quittons tôt le matin la marina de Port Ginesta. Nous avons prévu de rejoindre Cartagena d’une traite. Mais la mer est toujours agitée, le vent établit à 25 noeuds et nous obligeant à naviguer au près (c’est à dire plutôt vent dans le nez),  quand on attendait un petit 10 noeuds au portant (c’est à dire plutôt vent dans le dos)… On pense à un phénomène local et nous gagnons le large, confiants dans nos fichiers météo.  Mais les conditions se renforcent encore : les creux deviennent assez impressionnants, avec des vagues cassantes qui tapent violemment contre le bateau, des rafales à plus de 30 noeuds, toujours au près… Nous progressons malgré tout péniblement jusque vers 14 heures. Impossible de se mettre au cned, ni même de préparer un repas. Je commence sérieusement à douter de mes capacités à tenir un quart de nuit dans de telles conditions. Il semblerait qu’on puisse multiplier par 2 les prévisions de force du vent des fichiers. Ce qui est inquiétant pour la suite, puisque 20-25 noeuds sont annoncés sur le papier pour la nuit. Transformés en 40 noeuds, j’ai pas envie d’essayer !!! J’ai beau essayer de me raisonner, je finis par baisser les bras et mon gentil capitaine propose (bien à contre coeur je sais…) de nous dérouter vers un port qui nous permettra de prendre le vent et la houle un peu plus dans le sens du poil… Cela revient malheureusement à faire quasiment demi-tour et perdre les milles si difficilement gagnés. Mais tant pis. Et les enfants semblent soulagés aussi de ce changement de programme. Marin a laissé le panneau de pont de sa cabine ouvert, laissant gentiment entrer quelques vagues sur … son évaluation de techno ! Youpi !

Nous atteignons Vilanova en tout début de soirée (où on se fait assassiner par les tarifs de la marina…). Laissons passer la nuit là-dessus.

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04 – 05 octobre 2011

04 octobre – Gruissan – Puerto de la Selva

Nous quittons Gruissan avec du vent mais une mer plutôt belle. Une jolie petite houle nous aide à nous amariner tranquillement. Nous passons la frontière franco-espagnole et rejoignons Puerto de la Selva. L’homme du jour s’appelle Théophile, qui passe à l’eau dans le port pendant les manoeuvres d’amarrage… (Et l’équipage (français !) du bateau voisin ne bouge pas d’un mm pour venir l’aider à sortir de l’eau…). Nous dinons en ville mais n’avons pas vraiment le temps de flaner… Nous sommes bien fatigués et il va nous falloir un peu de temps je crois pour passer sur un mode « vacances ».

05 octobre – Puerto de la Selva – Port Ginesta (première nav de nuit)

Alain (Bleu 2 m) nous rejoint pour voir (ou revoir) avec nous les points de détail que nous n’avons pas encore eu le temps d’aborder. C’est tellement réconfortant de savoir qu’il nous accompagne encore, même de loin, qu’on peut le contacter à tout moment. On profite également de sa voiture pour compléter partiellement l’avitaillement.  La météo étant plutôt favorable à notre itinéraire sur les prochaines heures, la décision est prise de quitter Puerto de la Selva sans tarder pour faire notre première nav de nuit depuis l’accident… Alain nous donne ses dernières recommandations et nous l’abandonnons sur le ponton pour aller voguer tous seuls sur les flots. On l’aurait bien emmené avec nous quelques jours encore, le temps de mieux connaitre le bateau sur l’eau…

20 noeuds (d’où sortent-ils ceux-là ?), une grosse houle … et des dauphins nous accueillent à la sortie du port. On se fait secouer quelques heures le temps de passer le cap Creus, puis la mer se calme et les conditions deviennent plus clémentes. La nuit est claire et étoilée, la lune nous éclaire le chemin. Tout est paisible pour attaquer les quarts sereinement. Théophile a cependant bien du mal à s’endormir et vient finalement squatter le carré.

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03 octobre 2011 – Jour J – Doucement va loin… peut être

Le soleil se lève sur l’étang et on ne réalise pas vraiment que c’est notre dernier réveil à Bouzigues avant un long moment. Effervescence très matinale autour du bateau. On charge les derniers cartons, on en décharge d’autres, on fait des choix cornéliens à l’arrache, on se dit « et zut, on  a oublié ça ou ça, et zut ça ne tient pas, et zut c’est trop lourd, et zut tu m’énerves, et zut et zut…». Surtout on essaie de ne pas se laisser déborder par l’émotion et ne prenons (heureusement) pas le temps de réfléchir.

Mais l’émotion finit quand même par nous rattraper. Quelques copains ont pu faire le déplacement en ce lundi matin, et il y a les sms et les appels qui arrivent sur le téléphone…  Que c’est difficile de dire au revoir, alors qu’on rêve de ce départ depuis des mois, des années !

Nous larguons les amarres à 9 heures et des grosses poussières. Alain embarque le comité officiel de soutien (presque au complet) sur le Nausicca, pour nous accompagner jusqu’aux ponts. Notre ancien « petit » bateau à côté de Zanzibar… Cette traversée de l’étang en patrouille est tellement chouette. Mais le premier pont nous sépare à 10h10 et nous laissons devant la Pointe Courte la famille et les copains. Nous partons voguer, seuls, vers de nouvelles aventures. Ca fait bizarre bizarre…

Une fois passés les ponts, nous nous arrêtons brievement dans le port de Sète pour le plein de gasoil. On rigole 2 minutes pour amarrer ce gros bateau au tout petit ponton. Puis c’est la mer, enfin ! Sète s’éloigne doucement. Sensation étrange, on n’a tellement pas l’impression de partir pour 10 mois ! La navigation est très tranquille et les enfants peuvent s’amuser sur le trampoline.

Notre première étape est de courte durée puisque nous nous arrêtons à Gruissan pour la nuit.

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26 septembre – 02 octobre 2011 – Y a plus qu’à faut qu’on

Puisque nous ne sommes pas partis hier, nous partirons mercredi ! ou vendredi, ou samedi, ou dimanche…

Le week-end de fiesta a été tellement chouette que nous avons du mal à rassembler nos esprits et nos idées : la seule certitude est qu’il nous reste beaucoup à faire et qu’une fois encore le temps nous manque cruellement.

Déménagement de la maison, problèmes techniques sur le bateau, dernières tracasseries administratives … difficile de savoir par quel bout attaquer ! On se transforme en esclavagistes : toutes les compétences sont réquisitionnées et tous ceux qui passent à moins de 50 mètres repartent avec une mission. Impossible de se défiler.  C’est affreux.

Mais terriblement efficace ! Le samedi soir l’objectif est enfin atteint : à 21 heures, à peine 11 jours après sa sortie de chantier, le bateau est chargé (et vaguement prêt à appareiller). Chargé en vrac, certes, mais chargé quand même. On n’a plus le temps de tout peser pour faire un joli devis de masse, ni même un beau calcul de centrage… A quelques Légos près, on estime être dans les limites acceptables. Et on sacrifie les rollers des gosses, histoire d’avoir la conscience tranquille…

bataille de polochon

On frôle quand même le burn-out… Alors la sagesse l’emporte sur tous nos plans de départ en fanfare avec  les copains : nous décidons de passer tranquillement le dimanche sur l’eau, à balader avec nos parents (et Big Ben !), histoire d’en profiter encore un peu avant la longue séparation qui s ‘annonce. C’est une très belle journée. Et tous les copains qui devaient nous accompagner comprennent que c’est important de se préserver ce petit moment de transition. Théophile perd son oreiller en chemin (étonnant, non ?), nous obligeant à une manoeuvre olé olé de récupération qui ne doit son succès qu’à l’intervention in extremis d’un bouzigaud, venant à bord de son zodiac nous dire au revoir…

Nous « démaraboutons » à l’arrache Zanzibar contre la présence de lapinous à bord : le tour du bateau à cloche-pied, une bière à la main et un lapin crétin dans la poche. Ca devrait le faire. De toute façon Kiki nous a bien expliqué que ce sont les bateaux de l’Atlantique qui croient à ces sornettes, et que la superstition s’est généralisée quand le roi Louis quelque chose à rassemblé la marine de Méditerranée et la Marine Atlantique en créant la Marine Royale. Les bateaux de Méditerranée, eux, ne craignent en vérité que les oeufs durs et les chaussures de ville ! Nous voilà donc complètement rassurés. (j’ai quand même laissé les escarpins à terre… on ne sait jamais!).

Pour ceux qui ont pu nous rejoindre en fin d’après midi, les adieux sont difficiles et augurent de moments éprouvants demain ! Les enfants sont très tristes aussi de quitter leurs amis. Ca nous brise le cœur.  On n’a pas intérêt de se louper sur le voyage !!

Nous refermons ce soir notre « journal de (pas encore à) bord ». Doucement va loin !

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Publié dans 2011, Printemps-été 11 | 7 commentaires

25 septembre 2011 – Boat people

Le dimanche s’étire tranquillement sous un soleil radieux. Nous embarquons la smala des cousins-cousines-copains et profitons de la première régate du Challenge de Thau pour aller tourner virer sur l’étang. Les bateaux passent la dernière bouée sous spi devant Bouzigues, le spectacle est magnifique.

Les adieux sont ensuite bien difficiles…

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24 septembre 2011 – Baptême

Tout le monde est sur le pont, de  beau (et gris) matin, pour baptiser très officiellement Zanzibar. Frère Dominique a la gentillesse de bénir solennellement notre bô bateau et les parrains ne défaillent pas au moment de briser les bouteilles de champagne sur les cadènes de hauban (on a longtemps hésité à remplacer le champagne par de la San Pellegrino, un peu stressés d’abîmer nos belles étraves toutes neuves… mais la tradition a eu raison de nos angoisses. Et finalement c’est surtout le pied de Pierre qui a eu à souffrir des éclats de verre !).

Nous ne dérogeons pas non plus à la petite cérémonie de changement de nom du bateau. Car il est de notoriété nautique qu’on ne rebaptise pas impunément un navire : il faut  absolument conjurer le mauvais sort en s’adonnant à un petit exercice de style : naviguer, effectuer un demi-tour et couper 8 fois (très précisément !) le sillage. Comme nous sommes particulièrement motivés, nous décidons d’effectuer la manœuvre à la voile : c’est plus bô, et en l’occurrence c’est Thomas qui se fatigue !

De retour au ponton, la famille et les copains commencent à  nous rejoindre pour notre « goodbye party » : que de monde venu pour nous soutenir, nous encourager, nous accompagner ! Quelle émotion ! Nous peinons à trouver les mots pour leur exprimer notre gratitude et notre affection. La nuit est trop courte pour profiter complètement des uns et des autres, mais ces quelques secondes partagées nous donnent de l’énergie pour 10 mois !

Maintenant, « y a plus qu’à « !

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22 septembre 2011 – Sète-Bouzigues

Une nuit (d’un sommeil agité) nous remet sur les rails : nous allons quitter le chantier et rejoindre Bouzigues pour les « derniers » préparatifs. Même si rester à Navi-Bois nous paraît bien tentant, il nous faut naviguer et reprendre notre pseudo autonomie. Et les enfants languissent de s’amuser un peu !

Nous larguons les amarres à 17 heures, accompagnés sur le ponton par les copains de chantier. Sensation étrange que de partir sans eux, alors que nous avons tant partagé de rêve, d’émotion… et de conseils techniques !!  Mais pour eux aussi le départ approche et nous nous retrouverons sans doute quelque part entre Gibraltar et le Cap vert !

L’arrivée à Bouzigues est magnifique, avec les copains sur le ponton, encore et toujours fidèles au poste ! On investit la jetée des pêcheurs et  le cabanon des voiles latines devient le camp de base de notre expédition.

Les enfants profitent enfin de la plage, des rochers pour pêcher, des pizzas de Micho et, immanquablement, des glaces de la Bouline ! Trois mois de vacances à rattraper ! Ils sont heureux !

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