27 – 30 novembre 2011 – Sao Nicolao

Arrivée au petit matin sur Tarrafal, après avoir longé les côtes escarpées à l’ouest de l’île. Nous mouillons devant le port de pêche, face à la plage de sable noir et de galets et les enfants sautent vite à l’eau pour aller d’un bateau à l’autre. Le village se réveille doucement, des femmes s’en vont nonchalamment au lavoir, portant leur linge sur la tête. Théophile et Nicolas s’aventurent au puits du village pour remplir quelques bidons.

Francili en pleine action...

La matinée est principalement consacrée au découpage de notre magnifique thazard et au dispach des filets sur les bateaux alentours : les ados, trop heureux de se promener en annexe et d’aller papoter par ci par là, se chargent sans râler de la mission. Nous faisons aussi connaissance avec l’hurluberlu local, Francili, un brin très allumé : après avoir fait un sketch sur Vagabon, il débarque comme un fou sur Zanzibar  (avec une annexe qui ne semble d’ailleurs pas lui appartenir) et monte à bord sans qu’on ait le temps de protester. Sur un ton limite menaçant, il annonce être « le chef de la police n° 2 » ( ???) et demande à voir les papiers du bateau. Mais la lecture du carnet de francisation ne le passionne finalement pas autant que savoir ce que nous avons pêché ce matin… Nous nous empressons de lui en offrir un morceau, pensant nous débarrasser ainsi de l’engin. Mais non… Il s’installe carrément dans le cockpit pour nous cuisiner un truc. Hallucinant. Il se met donc à couper  méticuleusement de très fines tranches de poisson avec ses mains tellement douteuses (pas besoin de douter d’ailleurs : elles sont extrêmement sales….), les dispose avec soin en patassant allègrement dans le plat, ajoute un filet d’huile d’olive et presse (en se lavant un peu les mimines au passages) une orange et un citron. Miam. Si on ajoute au tableau le pus qui coule de son oreille et les nombreuses plaies pas terribles qui parsèment son corps, on a de suite moins envie d’expériences culinaires locales ! Nous sommes sauvés in extremis quand il nous annonce qu’on ne peut malheureusement pas le déguster maintenant et qu’il faut attendre une vingtaine de minutes. Nous pourrons donc nous en débarrasser discrètement…

Après une l’inévitable journée passée à essayer (très inefficacement) de nous organiser entre l’épicerie, la boulangerie et le cyber-café (pas de connexion dispo sur le bateau), nous nous consacrons à la visite de l’île. N’ayant une fois encore pas pensé à réserver de voiture (c’était la mission des hommes…), nous nous retrouvons comme d’hab, à pied. Difficile cette fois de repousser l’excursion au lendemain. Nous nous rabattons donc sur un pick-up Aluguer qui accepte de nous balader toute la journée. Et bien nous en prend : il nous emmène dans des endroits que nous n’aurions sans doute pas trouvés sans lui.  Nous travaillons aussi notre portugais, c’est plus rigolo. Nous sommes maintenant quasi bilingues, à deux trois détails et subtilités de langage près : « Bonjour », « au revoir » et « merci » n’ont plus de secret pour nous. Pour le reste, on se débrouille comme on peut (Manu, tu serais fier de nous !).

Dragonnier

Nous sommes au Cap Vert TRES vert ! La route serpente à flan de montagne, entre de vertigineux précipices. Nous roulons cheveux au vent et ne savons plus où donner de la tête et du regard, tant les paysages sont beaux. Nous faisons une longue halte dans le magnifique parc naturel du Monte Gordo et partons marcher dans la montagne. Une adorable guide nous accompagne, ravie de parloter français : l’île ne reçoit que 2% de touristes et les occasions ne sont donc pas légion. Nous sommes dans la vallée des dragonniers, d’étonnants arbres ancestraux aux vertus médicinales. Les enfants sont très déçus, ils attendaient franchement autre chose en terme de dragon… Espèces endémiques et espèces importées par les portugais s’enchevêtrent harmonieusement : macela do gordo, torolho, cisal, conifères, maïs, tabac…  et même des caféiers !

Preguiça

Nous poursuivons notre chemin en direction de  Preguiça, petit village de pêcheurs sur la côte sud de l’île. Des pêcheurs sont en train de dépecer un requin-taupe et les enfants sont scotchés par le spectacle (pourtant pas terrible !). Il y a environ 500 ans, des navigateurs portugais sont partis de ce petit village  pour rallier le Brésil. C‘est en tout cas ce qu’on a cru comprendre des explications de notre chauffeur… Tandis que nous essayons de déchiffrer les inscriptions sur le monument érigé à leur mémoire, des enfants arrivent de tous côtés : l’école est à deux pas et c’est la récré.  Ils nous emmènent rencontrer leur maitresse, qui parle un peu français, et visiter leur salle de classe : toit de tôle et vieux pupitres, fenêtres qui s’ouvrent sur l’étendue infinie de l’océan, et les mêmes dessins d’enfants que sans doute partout dans le monde. Les « petits » de l’âge de Juliette vont en classe le matin, les plus grands l’après-midi. Quel dommage que nous ne puissions pas revenir demain pour passer plus de temps avec eux !

Ribeira Brava

Nous nous arrêtons ensuite à  Ribeira Brava et déambulons sans but dans les ruelles étroites et colorées. Le retour sur Tarrafal est venté et froid : nous découvrons les limites du pick-up (ou des âneries que nous pouvons encore faire à notre âge…)!

Encore un petit stop au « six-bières-café » pour une dernière connexion internet (et pour nous réchauffer) avant de partir demain pour Sao Vincente. Nous allons voir les gentils boulangers du village qui nous préparent de la farine pour emporter sur le bateau et faire de bons petits pains pendant la transat.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités
Cet article a été publié dans Cap Vert... novembre-décembre 11, Journal de Bord. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

14 commentaires pour 27 – 30 novembre 2011 – Sao Nicolao

  1. Eulalie Ferreri dit :

    c’est bien théo il est beau ton poisson c’est toi qui l’a pêcher?

  2. Marie-Jo et Pierre dit :

    Quel régal de suivre vos aventures narrées avec tant de talent !
    Mon Dieu, quelle traversée !!! J’en ai le mal de mer !
    Beaucoup pensé à vous à Venise lors de nos allers-retours en vapporetto sur le Grand Canal et dans la Lagune : c’est heureusement beaucoup plus calme que l’atlantique !!
    Vous voilà aux Antilles. Là, nous pouvons vous imaginer dans le décor !
    Quand partez-vous pour la Martinique ?
    Bonne continuation ! Bonne et Heureuse Année 2012 prometteuse de nouvelles aventures !!!
    En terre bretonne (du sud) une très heureuse nouvelle : Pierre-Jean et Cécilia attendent un bébé pour la mi juillet !!! Que du bonheur !
    Nous vous envoyons plein de tibos
    Marie-Jo et Pierre

  3. ges-vernier dit :

    nous vous souhaitons une très bonne et heureuse année 2012.
    Nous espérons
    que vous allez bien et que l’aventure continue !….
    sincères amitiés et à bientôt.

    La Famille Ges-Vernier

  4. Françoise et Jean Paul Enault dit :

    nous avons eu une nouvelle fois notre ration tant attendue!
    Les commentaires : super
    Les photos: c’est beau
    Bizzs

  5. Nicole dit :

    Comment s’est passée la soirée de bienvenue à doumé ? Bien je suppose, vous devez être dans les derniers préparatifs du grand départ ? On espère bien quelques newsletter avant…
    Isa, via Tatu, à eu quelques échos de votre rencontre avec jack. Il semble que c’etait plutôt bien ?
    On se régale pour vous de toutes ces rencontres, qu’elle expérience pour les enfants ! Theo fait-il de la vidéo ?
    Isa, tu as du recevoir le courrier apporté par doumé et donc ta puce ? Que fait-on dans les semaines qui viennent du courrier ? À-tu une adresse chez Anne ?
    Plein de bisous à vous tous.

  6. delphine dit :

    ta maman a raison, t’es vraiment « chochotte  » ! il a l’air presque nickel Francili !
    bisous !

  7. Tom Rohrer dit :

    enfin je comprend l’origine du nom ‘cap vert’
    c’est superbe!!

  8. Pascale dit :

    coucou, la famille…
    je ne me fais pas de souci pour vous Isa. Tu es super bien préparée en cas de « tourista » !!! (Cf. cours sur la pose de perf avec une épicranienne !!!) …sinon vous pouvez vous désinfecter le tube digestif avec un alcool local aux environs de 90° , si si je suis sure que ça doit exister !!! Les biéres c’est trop light mais ça peut recréer une flore intestinale… Pffff, allez j’arrête mes délires.
    toujours un plaisir de te lire. un gros gros gros bisou à tous.

  9. Thérèse Rozier dit :

    Tout est toujours aussi magnifique sur ce blog. Je le lis et relis. Vraiment, je vous suis à la trace…..Quelle magnifique aventure!
    Votre équipier Doumé a dû décoller (il est 9h) afin de vous rejoindre pour la grande traversée. Avant ce grand départ, je viens vous faire mille bisous à tous. Quéquée

  10. GIGOUT MARTINE dit :

    MERCI POUR CET INTERESSANT DESCRIPTIF DES ILES DU CAP-VERT PLEIN DE DECOUVERTES ET D’AVENTURES FABULEUSES. NOUS PENSONS BEAUCOUP A VOUS DEPUIS NOTRE PETIT COIN DE TERRE AU BORD DE L’ETANG DE THAU. BISOUS MARTINE ET JOEL

  11. Monique PELLETIER dit :

    Encore une fois, merci de nous faire partager votre vie, pas toujours rigolote, mais tellement sympa quand même. Et puis, vous rencontrez parfois des personnages hors du commun ! Ce Francili semble haut en couleurs! (locales?). Ce n’est pas bien que de ne pas avoir voulu goûter sa préparation. Si ça se trouve, c’était très bon. T’es quand même chochotte ma chérie
    Allez, à bientôt pour la suite du séjour au Cap Vert; Bisous à tout l’équipage.

  12. Michel Kimmel dit :

    merci pour ces récits qui, je dois le dire, contrastent avec la grisaille Parisienne (eh oui, le Bouzigaud doit de temps en temps aller travailler…). Je vois la famille en parfaite forme, la pêche bonne (la recette du Thazard émincé mariné eût été un délice, préparée avec des mains soignées !) et les enfants visiblement heureux. Le Cap Vert a tout l’air cool on dirait. Merci pour les photos (en bonne définition), l’écriture du JdB soignée, et j’espère que vous recevez nos petits messages, mais rien ne permet de le vérifier…
    Hier, un martin pêcheur s’est cogné en plein vol dans la baie vitrée du séjour. Groggy, il a eu besoin d’un réconfort en échange duquel je lui ai demandé l’autorisation de le photographier… à 20 cm !!! j’essaierai de vous envoyer une ou deux images dans le prochain message car il est rare d’approcher ce qui est d’ordinaire un éclair bleu fugitif.
    Profitez, profitez et merci pour vos nouvelles qui nous entraînent au loin…
    Michel de Bouzigues

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s