20 – 21 novembre 2011 – Ilha do Sal …

… tranquille, tranquille

L’archipel du Cap Vert se compose des îles au vent (Barlovento), et des îles sous le vent (Sotavento). Sal se trouve tout au nord des îles au vent mais le mouillage de Palmeira sur la côte ouest, est très bien abrité des alizés et protégé de la houle. C’est l’exploitation, entre le 18ème et le début du 20 ème siècle, d’ importantes mines de sel qui a donné son nom à l’île. L’industrie autrefois florissante est aujourd’hui à l’abandon et c’est maintenant le tourisme balnéaire qui assure le développement économique de l’île, notamment dans le sud. On peut visiter les étonnants vestiges des salines de Pedra de Lume, à l’intérieur du cratère d’un ancien volcan (mais on l’a appris trop tard !).

Il semblerait que le cours du temps ne reprenne pas à Palmeira comme ailleurs…  On a l’impression d’avoir posé nos valises, on pourrait rester à trainer dans les rues pendant des jours et des jours !

Paul fait le plein d'eau (300 litres en bidons...)

L’incontournable Paul est un lien formidable avec la population : tout devient facile et paisible. Entre le quai des pêcheurs et la petite place du bar d’Arminda, toutes les solutions à tous nos problèmes techniques se trouvent. C’est l’empire de la bricole : on démonte d’un côté pour remonter de l’autre, on déshabille l’un pour habiller l’autre, système parfois assez étonnant mais incroyablement efficace ! Tranquille.

Nous accomplissons les formalités d’entrée sur le territoire au poste de police de Palmeira. Inutile d’aller courir jusqu’à l’aéroport comme indiqué dans les guides de navigation : il suffit d’avoir la journée devant soi et de savoir attendre patiemment , sans s’énerver, que la police locale ait terminé le match de foot à la télé, puis la partie de carte, puis que l’immigration s’annonce à 15 heures, puis finalement pour le « lendemain désolé vous ne pouvez pas récupérer les papiers »,  puis finalement pour « aujourd’hui  mais on sait pas quand », puis finalement pour « ils sont là faut venir maintenant  tout de suite récupérer les passeports ».  Tranquille.

en route pour Espargos

Nous empruntons les « aluguer » quand nous voulons rejoindre Espargos, la capitale de l’île, à quelques kilomètres : ces mini-vans, moumoute sur le tableau de bord et fenêtres ouvertes déversant un flot continu de musiques plus ou moins écoutables, s’arrêtent en klaxonnant tous les 20 mètres pour essayer de remplir leur bonne douzaine de sièges. Tarif unique (50 cents) et destination en fonction des passagers, nous nous en remettons chaque fois à notre bonne étoile pour s’être fait comprendre et arriver à bon port, en un temps absolument immaitrisable ! Mais nous avons tout le temps. Tranquille.

Les épiceries de Palmeira, tout comme celles d’Espargos, semblent rencontrer les mêmes difficultés d’approvisionnement que nous : c’est un peu hétéroclite et il manque toujours ce qui nous manque à nous aussi ! On visite donc toutes les échoppes au hasard de nos promenades et finissons quand même par vaguement reconstituer nos maigres réserves (une boite par ci, 2 tomates par là, le pain par ci, 3 yaourts par là)… Tranquille.

arrivée des pêcheurs

Le week-end, des enfants envahissent le quai des pêcheurs et se jettent sur toutes les annexes qui s’approchent pour aider à les amarrer et à débarquer.  L’accès se résumant à un bout de quai d’environ 4 mètres où doivent s’entasser les dinghys de dizaines de bateau au mouillage, le coup de main est souvent bien utile. Mais on aurait préféré avoir un stock de bonbons à distribuer plutôt que des escudos…  Nous y faisons la connaissance d’un sympathique petit bonhomme d’une dizaine d’années, une bouille à croquer, tout en sourire, éclats de rire, morve au nez et yeux infectés. Paul nous apprend qu’il n’a pas de parents ici (on ne sait pas ce que cela signifie exactement) et que les habitants s’en occupent plus ou moins, une fois par ci, une fois par là. Il est même proposé à Modus Vivendi de l’embarquer !! Comme nous ne le voyons pas le lundi, nous en déduisons qu’il va quand même à l’école.

Café d'Arminda

Le tout petit bar d’Arminda est l’incontournable point de rencontre du village : on a l’impression d’être à la fontaine à Mandagout ! Les gens vont et viennent, s’installent pour quelques minutes ou quelques heures, tout le monde parle avec tout le monde comme si on se connaissait depuis belle lurette. Les navigateurs de passage, ceux qui ne sont jamais repartis, les gens du coin avec leur quelques mots de français (ou pas, on se débrouille quand même)… Michel, Vladimir, Youri, Joseph, et tous ceux dont on ne connaîtra même pas le nom. Paul y sort aussi parfois sa guitare à la nuit tombée pour nous régaler de sa chaude voix. Saudade, saudade… On en oublie les enfants, restés sur les bateaux, qui nous appellent vers 21 heures à la VHF parce que, quand même, ils ont un peu faim ! Et hop, un petit restau pour se rattraper. Tranquille.

Premières photos…

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Cet article a été publié dans Cap Vert... novembre-décembre 11, Journal de Bord. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

10 commentaires pour 20 – 21 novembre 2011 – Ilha do Sal …

  1. Léonore Natarianni dit :

    Coucou Juliette c’est Léonore. Comment ça va? Tu sais, comme travail en classe on nous a demandé d’écrire une lettre à quelqu’un qu’on connaît: Alice et Lili-Rose t’ont écrit. Moi aussi je pense à toi. J’espère que tu vois des choses merveilleuses dans ton monde marin, les dauphins sont super! Je t’embrasse très fort. Léonore

  2. GIGOUT JOEL dit :

    BONJOUR A TOUS
    MERCI DE TOUS CES RECITS FANTASTIQUES .
    BONNE CONTINUATION POUR VOTRE EXPEDITION
    AMITIES A TOUS
    JOEL ET MARTINE

  3. moulhade dit :

    coucou le maître mot capverdien ne serait pas Tranquiles par hasard ?
    Cette île à l’air paradisiaque et surtout en partie grâce à ces habitants.
    Nous à cournon tout est tranquille, on prépare le mois de décembre (je ne sais pas pourquoi d’ailleurs) .
    On vous embrasse fort

  4. Nicole et kiki dit :

    Alors cette journée dans le désert ? On attend le compte rendu avec impatience !
    Bisous

  5. françoise dit :

    comme cela fait du bien de vous lire de voir vos photos.
    une nouvelle journée de grisaille avec la lumière artificielle mais bon je viens de te lire et tout est de nouveau ensoleillé
    continuez a nous faire rêver avec ton écriture Isa et tout le monde par les splendides photos
    Ici le ventre qui protège BB4 s’arrondi de jour en jour sinon la maman va pour le mieux .
    merci ,merci encore
    gros bisou à vous tous

  6. Pascale dit :

    coucou la famille….
    c’est bon d’avoir de vos nouvelles et récits…mais…
    Franchement Isa, en ce moment c’est trop fastoche (allez, viens … c’est fastoche!!!) mais du coup, j’ai moins d’éclats de rire… non pas que je prenne du plaisir à vous voir en galère, mais …. euh… si en fait !!! non j’déconne!!!
    ici le soleil est de retour. Tout pareil que vous, na!!!! soleil, plage et … pi c’est tout !!!! je me prépare mentalement pour le bain de Noël début décembre dans une eau à 9 – 10 °C. pfff, même pas peur…je penserai à vous et ça me réchauffera…..!!!
    Pleins de gros bisous. Vous nous manquez.

  7. tatou dit :

    Ouah !!!!!!!!!!!!ça fait rêver !! C’est quand même mieux qu’un automne à Cournon !!!
    Allez, continuer votre aventure …………….tranquille !!!!!!!!!!!! (Il est trop chouette ton journal de bord, Isa!)
    Gros bisous au club des 5 et …………bon vent!
    Tatou

  8. Titannik dit :

    Je pensais le CAP VERT? plus vert, je ne pensais pas que le pays soit si aride. Néanmoins les habitations sont bien colorés, nous découvrons des contrées entraperçu à l’école.
    Si je ne me trompe pas c’est le pays de Cesaria Evora ?
    Merci de nous faire rêver.

  9. nicole dit :

    Encore une fois, on s’y croirait !!! merci pour ce voyage par procuration… et puis, vous entendre hier soir, longuement, ainsi que les voix des enfants, voilà qui efface la distance et qui ensoleille notre journée d’hier sous le brouillad et ce matin guère mieux !
    Bises

  10. Michel Kimmel dit :

    Bonjour à tous,
    il est 6 heures (du matin), une grosse journée de travail se prépare (sur Paris) et je vous lis rapidement, regarde le diaporama avec bonheur, peu de monde sur les images, sans doute l’heure de la sieste…
    Petite bouffée d’exotisme matinale dont je vais retenir l’essentiel, pour guider ma journée, la devise de l’âne: no stress !
    A bientôt
    Michel K de Bouzigues

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