Chronique d’un retour annoncé…

Nous quittons le port de Barcelone sous les coups de canon de La Gloria, vieux gréement militaire espagnol, qui fête en grande pompe un truc quelconque en ce petit matin du 3 aout. Derniers milles en patrouille avec le Bubu, nos routes se séparant une fois croisé le cap San Sebastian : nous voguons en direction de Sète tandis qu’ils rejoignent St Chamas, plus à l’Est. On les regarde s’éloigner le cœur un peu serré.

La lune se lève, énorme et rouge dans le ciel, la nuit tombe, étoilée, magnifique. Eole décide même de se joindre à la fête : passé le Cap Creus, le vent se lève enfin et prend juste ce qu’il faut d’angle pour nous assurer un très joli près serré. 20-25 nœuds établis, sur une mer pas trop cassante, les cheveux au vent et de la musique plein la tête, une dernière nuit de bonheur pur !! Et trois grands dauphins devant l’étrave quand le jour se lève…

La côte languedocienne est en vue le lendemain matin. Nous ralentissons un peu et décidons de faire une escale baignade avant de rentrer dans le port. Très prévoyants, on passe un petit coup de fil au bureau des ponts de Sète pour avoir confirmation de l’heure des levées, et zut de zut, on apprend que les ponts sont en panne !! Impossible de rejoindre l’étang de Thau pour le moment. Dernier contretemps bien contrariant. Nous nous amarrons au quai d’Alger en attendant le verdict et commençons de travailler activement à un plan B. Mais tout rentre dans l’ordre in extremis : à 18H45 nous nous engageons dans le canal, non sans une certaine émotion ! Juliette est soudain un peu inquiète, Marin resterait bien caché, Théophile monte dans le mât pour prendre un peu de hauteur (ou de distance ?) sur l’évènement. Mais peu à peu, en chemin, nous retrouvons les amis et la joie toujours intacte de les revoir l’emporte.

Merci, merci, merci, merci, merci, merci …….

pour la banderole à Sète, la chaleureuse surprise au pont de la Pointe Courte, les bateaux sur l’étang, tous les appels et les messages (on a retrouvé le téléphone !), les amis sur le ponton de Bouzigues et leur très joyeuse fête, les croissants et la baguette fraiche déposés discrètement au petit matin sur le bateau endormi …

Après une dernière nuit à bord (et une glace à la Bouline !), les enfants ont quitté le navire ce soir pour aller retrouver leurs copains… et la fête du village ! Etrange sensation de vide. Pendant 10 mois les soirées pyjamas se sont tenues sur le même ponton, ou au même mouillage. Alors 20 kilomètres, c’est un peu de l’autre côté de la planète !

Pas encore réintégré nos pénates, trop difficile de quitter notre Zanzibar … On se laisse dorloter entre nos deux mondes. Mais demain, promis juré, on saute le pas !

Images d’un retour annoncé…

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RETOUR A TERRE !!!!

Nous appareillons dans quelques heures pour les derniers milles de notre bô voyage, avec des fichiers météo malheureusement un peu tristounets côté vent.  Mais plus le temps d’attendre : il faut bien revenir à terre un jour. Alors zou, en avant, et hauts les coeurs ! Nous vous raconterons Barcelone plus tard !

Si tout se passe comme prévu (météo, bateau, équipage, impondérables, etc…), Zanzibar devrait être en vue de Sète SAMEDI 4 AOUT, pour la levée des ponts du soir (18H45 dans le sens Méditerranée-Etang). Bouzigues ne sera plus alors qu’à une petite heure de navigation. Le temps pour nous de trépigner d’impatience de tous vous retrouver sur le quai !

A tous ceux qui ne sont pas encore découragés par nos petits changements de programme un rien énervants (le dimanche, le samedi, le dimanche, le samedi, le matin, le soir, le on-sait-pas, re-le matin, puis finalement le soir, peut –être….), nous espérons vous serrer nombreux dans nos bras et partager ensemble une belle soirée,  comme il y a 10 mois !

Alors à très très très bientôt (150 petits nautiques, une trentaine d’heures sur l’eau, et une belle dernière nuit de navigation au clair de lune) !!

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25 juillet – 28 juillet 2012 – Menorca, Baléares

A en croire radio-ponton, Menorca est la plus belle île des Baléares à découvrir par la mer. Nous n’avons malheureusement pas encore assez caboté dans l’archipel pour avoir un avis objectif, mais nous nous rangeons volontiers du côté de la rumeur populaire !

Le temps nous faisant cruellement défaut pour entreprendre un tout complet de l’île, et la météo étant ce qu’elle est, nous décidons de rejoindre la côte Nord en passant par l’Est. Encore un difficile choix cornélien…

Nous passons la barre des 10 500 milles nautiques (soit près de 19 500 km) !!

Cala Coves

Arrivée au tout petit matin dans la cala un peu encombrée de bateaux endormis. Nous nous faufilons en silence dans un petit recoin, entre rochers et minorquin de pêcheur : plouf l’ancre, zou les aussières à terre, on dirait qu’on a fait ça toute notre vie !

Située sur le côte Sud de l’île, la Cala Coves est entourée de falaises trouées de nombreuses grottes : c’est la plus importante nécropole de l’île. Les enfants retrouvent les rochers pour sauter et varapper, et nous les jolis petits sentiers à terre pour balader.

Isla Colom

Deux mètres d’eau sous les coques et la côte sauvage de cette réserve naturelle pour toile de fond, c’est sublime !  Et tranquille. Nous sommes à l’écart des bouées (pas libres à notre arrivée), dans une zone de sable autorisée au mouillage, à quelques mètres de la plage.

Nous traversons en annexe pour rejoindre le village d’Es Grau, joli tout plein et très, très paisible. Il n’y a même pas de wifi… c’est dire. Sur le chemin du retour, nous participons activement au désensablage d’un voilier qui a tenté le passage entre  la Punta des Macs, au Sud Ouest de l’ilet, et la Punta Fra Bernat, sur l’île. On se posait justement la question, on a la réponse : ça ne passe pas du tout !

Cala Addaia

Stop casse-croute sur notre remontée vers le Nord. Nous nous enfonçons dans la cala jusqu’à la jolie marina, mais l’eau un peu saumatre n’invite pas tellement à la baignade. Nous ressortons pour aller jeter l’ancre face à l’Isla Addaia Pequena. Où nous ne nous baignons pas non plus cela dit, faute de temps… Nous continuons notre route vers le Nord.

Cala Fornells

Amarrage très rock n’roll à la bouée !Il n’y a plus de flotteur à l’amarre et il est très difficile d’aller la chercher sous l’eau à l’aplomb de la grosse bouée. Avec de belles grosses rafales pour nous aider un peu, c’est galère galère. Marin se jette même courageusement à l’eau pour récupérer la gaffe qui a inévitablement fini par se coincer dans la chaine du corps mort… Finalement on s’amarre depuis la jupe arrière, pour être au niveau de l’eau et attraper cette foutue bouée par en dessous ! Premier râté de bouée en 10 mois, on ne va pas en faire un drame non plus…

Nous laissons les enfants pour aller balader dans le village, très touristique mais bien typique, et malgré tout plutôt sympathique ! Pendant que nous sommes à terre, un gros grain orageux passe à proximité de l’île, avec un coup de vent qui vient soulever un impressionnant clapot dans la cala. Nous nous inquiétons un peu pour les petits, les imaginant morts d’angoisse devant les éléments déchainés. On a vraiment du temps à perdre : on les retrouve après la bataille, vautrés dans le carré et lobotomisés par un film, ne s’étant même pas rendus compte des mouvements désordonnés du bateau dans les rafales…

Des orages illuminent le ciel tout au long de la nuit, mais pas la moindre petite goutte d’eau ne nous arrive. C’est dommage, un coup de sirocco nous a repeint le bateau en ocre ces derniers jours et la poussière rouge s’est infiltrée partout…

Nous quittons Minorque et les Baléares dans la matinée, cap sur Barcelone ! Dernière petite étape de notre voyage, 3-4 jours pour découvrir la ville et avoir juste très envie d’y revenir.

 diaporama Menorca

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16 juillet – 24 juillet 2012 – Mallorca, Baléares

Cala Portals

Premier mouillage mallorcain à la Cala Portals. L’endroit est très beau et très paisible, un lac d’eaux claires et peu profondes entouré de hauts rochers percés de grottes. Quand les nombreux bateaux à moteurs qui viennent pour la journée repartent vers les marinas en début de soirée, nous levons l’ancre pour nous enfoncer un peu plus encore dans la cala et nous mettre bien à l’abris derrière les falaises qui nous séparent de la mer.  On en profite alors pour échanger quelques mots doux avec le skipper d’un énorme yacht anglais qui a eu la même idée, mais pense visiblement être prioritaire sur le reste du monde… Après 9 mois sur l’eau et plus de 10 000 nautiques, ce n’est malgré tout que la seconde fois que nous avons maille à partir avec un autre bateau, on ne va pas se plaindre ! L’épisode ne nous gâche cependant pas cette tranquille escale.

Cala Gamba

Nous partons au petit matin pour rejoindre la Cala Gamba, tout près de l’aéroport de Palma : Nicole et Kiki arrivent pour passer quelques jours avec nous sur Zanzibar et nous avons cherché la solution la moins biscornue possible pour les récupérer sans passer une nuit en marina. Le petit port de la Cala Gamba nous semble cependant bien petit pour y caser notre bô bateau : 1m40 de fond, 9-10 mètres à peine entre les digues qui marquent l’entrée… Le gentil marinero qui nous accueille se démène et nous colle à l’extérieur, au bout du ponton du gasoil : 1m30 de fond, des cailloux, et 12 mètres de quai pour nos 13,30 mètres de coque… Mais nous avons de l’eau, de l’électricité pour le lave-linge, on peut rester quelques heures le temps de faire un aller-retour à l’aéroport et assurer l’avitaillement. Autant dire le paradis !! Après déjà quelques 2 semaines d’itinérance et d’enfants dégoulinants d’eau salée courant sur le pont, Zanzibar a bien besoin d’un ENORME rinçage à l’eau douce !

Cala Blava

Une fois les papy-mamie à bord, direction la Cala Blava, un peu plus au Sud. Le paysage est joli, avec ses falaises qui dominent la mer, mais le mouillage un peu remuant. On y passe juste une nuit avant de poursuivre notre descente vers le Sud, jusqu’à la Cala Pi dont nous tombons instantanément amoureux…

Cala Pi

La mer s’avance entre de petites falaises de calcaire où s’accrochent des pins parasols équilibristes, jusqu’à une toute petite plage cachée au fond de la crique. Quelques cabanes de pêcheur chaulées et d’antiques rampes de mise à l’eau des traditionnelles barques minorquines viennent parfaire le décor de cet endroit hors du temps. Zanzibar se faufile entre les quelques bateaux déjà ancrés et nous jetons nos aussières au plus profond de la cala, bien à l’abri du vent et des vagues. Les cigales chantent, les enfants ne se lassent pas de nager, sauter, plonger, pimentant leurs jeux d’inventions à effrayer leur mère : sauts depuis la bôme, ou depuis les rochers, ou accrochés à la balancine… Ils ne veulent plus repartir ! La proximité du Cala Pi Club, caché dans les hauteurs au milieu des pins, nous permet de profiter du wifi et de leur excellent restaurant ! Et on trouve même de l’eau douce pour refaire nos pleins : un robinet caché dans les buissons, aux abords de la plage, et que nous indique un très gentil monsieur qui s’apprête à partir à la pêche sur son Minorquin. Il est heureux de nous parler français, nous racontant ses escapades à Montpellier quand il était étudiant à San Sebastian et qu’il passait la frontière avec sa moto pour aller goûter en France à la liberté et la démocratie dont Franco les privait, nous disant aussi son inquiétude et sa préoccupation pour l’Espagne d’aujourd’hui… Nous rencontrons également de sympathiques équipages, comme Guy sur Starcraft ou la joyeuse tribu portugaise de Molokito. On se laisse vivre, c’est les vacances !

San Telm

Nous quittons malgré tout notre petit paradis pour monter vers le Nord-Ouest. Nous devons retrouver les Bubu à Puerto Soler et continuer avec eux notre périple. Les enfants trépignent d’impatience de revoir leurs copains ! Une belle journée de nav nous emmène à San Telm, à la pointe ouest de l’île, où nous prenons une bouée dans le mouillage de la Punta Caragola. Mais c’est le drame : il y a du vent, des vagues, on voit pas le fond, on est loin de la côte à la nage, et il n’y a même pas de réseau internet… Déprime totale à bord… L’endroit n’est pourtant pas dénué de charme, mais le cœur n’y est pas. Comme quoi nous pouvons nous aussi avoir de vrais problèmes existentiels… Nous descendons à terre pour squatter la piscine d’un bar et nous connecter à leur wifi pour prendre une météo. Ce qui achève le capitaine : du vent fort est annoncé sur le Nord de l’île, et pas dans le sens qui nous aide, évidemment… Nous craignons de nous retrouver coincés par ce vent contraire et prenons la décision de repartir vers les calas du Sud. Nous larguons la bouée à 3 heures du mat : navigation de nuit direction … la Cala Pi ! Faire et défaire, c’’est toujours travailler, disait ma grand-mère ! Nous on continue surtout de buller…

Le départ de Nicole et Kiki arrive un peu trop vite  et nous laisse un sentiment d’inachevé : nous aurions aimé découvrir d’autres calas magiques avec eux et partager  encore quelques navigations avant leur retour en Bretagne… Nous faisons un échange express de grands-parents à l’aéroport de Palma : Mamie Monique arrive sur le vol qu’ils prennent pour repartir. Top organisation ! On profite de la voiture pour faire un gros avitaillement en route, et surtout admirer l’île côté « terre » : la campagne brûlée de soleil, les petits chemins sinueux bordés d’interminables murets de pierre (on a raté la voie rapide mais on ne regrette pas !), la garrigue, les vieilles maisons … Quel dommage de ne pas avoir plus de temps à passer sur ces îles !

A peine Mamie à bord, nous quittons la Cala Pi le soir même pour rejoindre la dernière île des Baléares, Minorque, au Nord-Est.

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10 juillet – 16 juillet 2012 – Ibiza, Baléares

Nous quittons la (toute relative) tranquillité de Formentera pour l’étonnante ambiance hippie-bling-bling d’Ibiza. C’est tout à fait surprenant, à première vue assez éloigné de notre conception des vacances et de la vie en général… On regarde de loin, et de notre œil le plus prompt à la critique,  le show permanent qui semble animer l’île nuit et jour : énormes yachts, boites de nuit, de before et d’after, décibels, caricatures de golden boys (and girls), de m’as-tu-vu qui parlent fort et brassent de l’air, de vieilles dames très chics et très refaites… Il se dégage pourtant un je-ne-sais-quoi de drôle et d’un peu fou sur cette île : la cohabitation improbable d’irréductibles babos qui n’ont pas fini de faire pousser des chèvres et d’infatigables jet-setteurs flambeurs. A se demander quand même ce qu’il reste vraiment de l’esprit hippie et underground qui soufflait dans les années 70 (hormis le marché éponyme… ) : sans eau courante, sans électricité, dans des petites maisons de pêcheur au confort très sommaire, c’était la vie de bohème façon « amour, eau fraîche et herbe ». Depuis qu’Ibiza est devenue une des capitales mondiales de la nuit et de la musique électro, c’est plutôt « sexe, drogue and techno » : le taux de criminalité y est deux fois plus élevé qu’en Espagne et l’île est devenue une des principales plaques tournantes européennes dans le trafic de cocaïne. L’exceptionnelle biodiversité en a pris un méchant coup, mais loin des plages bétonnées il reste encore malgré tout des coins paradisiaques où aller se perdre.

Au mouillage à la Cala Jondal, sur la côte sud-ouest, face à une jolie plage que se partagent 3 clubs privés, nos ados trouvent les maillots à paillettes très jolis, et les seins gonflés à l’hélium aussi ! Ca les change un peu de la plage des Aresquiers, c’est certain. Une espèce de choc culturel… Julie et Juliette ont beau se trémousser en rythme dans leurs petits maillots (sans paillettes, d’accord,  mais sans le haut !), ça fait quand même pas pareil…

Un petit tour à terre (on recherche désespérément une épicerie pour nourrir nos fauves…) nous laisse apercevoir la beauté de l’île derrière les plages bondées et bruyantes : les roches ocres brûlée par le soleil, les chemins escarpés sous les pins parasols,  la garrigue, les eaux cristallines… Allant pedibus-jambus, nous ne pouvons malheureusement pas nous aventurer très loin (bien que pris en stop par une gentille et jolie saisonnière !) et ne trouvons donc jamais d’épicerie…

Nous abandonnons la civilisation et le bruit pour nous réfugier 2 jours dans la désertique et toute petite crique au nord-est de la Cala Bassa.  Nous glissons Zanzibar entre les petites falaises qui surplombent la mer, avec une aussière tirée à terre. Décor de rêve. Nous sommes tellement près des cailloux que nous entendons le chant des cigales… Ne manque rien. C’est aussi la sympathique rencontre de l’équipage de Diva, notre unique voisin de mouillage, et une très joyeuse soirée rhumée…

Nos visiteurs étant déjà malheureusement trop rapidement sur le départ, il nous faut trouver un endroit à peu près accessible en taxi pour qu’ils puissent rejoindre l’aéroport, à 3 heures du matin…. Nous repartons en direction du Sud pour la Cala Virgen, qui jouxte la Cala Jondal. A quelques dizaines de mètres du rivage et du ponton d’un chouette restau (où nous allons nous régaler entre adultes responsables pendant que les gosses s’auto-gèrent à coup de chips et tartines de rillettes), nous pouvons organiser un débarquement nocturne à peu près convenable. A 2h45 pétantes, réveil des (courageux) enfants, 2 petits voyages en annexe, et c’est le cœur bien gros que nous les abandonnons aux mains du taxi avant de regagner un Zanzibar tout triste et tout vide…

Nous levons l’ancre au petit matin pour partir à nouveau vers le Nord et rejoindre Cala Portinatx, un agréable petit village où nous trouvons un peu d’internet et vaguement de quoi remplir les placards. Nous assistons à la procession de la « Virgen del Carmen », à la mémoire des marins disparus en mer. Notre superbe annexe se trouvant malencontreusement  amarrée sur le tout petit bout de quai duquel la foule assemblée jette ses fleurs à la mer (on pouvait pas savoir….), elle est aux premières loges pour le spectacle et flotte joliment au milieu des œillets et autres couronnes. On se fait tout petits et attendons lâchement que tous les participants soient repartis avant d’aller la récupérer… Cerise sur le gâteau pour cette dernière soirée sur Ibiza, un magnifique feu d’artifice tiré depuis le rivage et sur la mer (qui nous oblige d’ailleurs à bouger le bateau le temps que les artificiers officient, avec sympathique manœuvre de nuit  pour retrouver un bon coin de sable où planter notre ancre sur les coups d’une heure du mat…). Demain, cap sur Mallorca !

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4 juillet – 10 juillet 2012 – Formentera, Baléares

Atterrissage en douceur sur Formentera, l’île la plus sauvage de l’archipel des Baléares. Nous jetons l’ancre à quelques mètres de la Playa de Migjorn, sur la côte sud de l’île  : 3 bateaux sur pas loin de 10 km de rivage, on ne se bouscule pas ! Nous retrouvons avec beaucoup de plaisir les joies du mouillage : baignade (l’eau est à 26 °C, enfin !), bouée, canoë…  Au plus fort de notre colère, nous partons en fanfare manger une glace dans une des jolies petites guinguettes sur la plage.  Mais alors que la moitié de l’équipage a déjà embarqué, l’annexe vient taper un peu fort une vis qui dépasse d’un liston cassé sur la jupe arrière : pffffffffffffttttttttttt !!!!! Crevée !!!!! Théophile colmate comme il peut l’énorme fuite avec sa grosse patasse de main, le temps qu’ils évacuent avec Manu l’esquif tout ramollo, sous nos yeux ébahis. Allez hop, un peu de bricolage pour les prochaines 24 heures ! Dommage pour les glaces, mais on n’a pas le courage d’y aller à la nage.

Une fois notre pauvre annexe rafistolée, nous rejoignons la côte nord-ouest, direction l’Ensenada del Cabrito. Nous avons demandé une bouée, réserve naturelle oblige. L’endroit est absolument splendide, bien que très fréquenté. La promiscuité nous pèse un peu avec certains bateaux à moteurs voisins : appels tonitruants d’un bateau à l’autre, groupes électrogènes qui tournent sur le pont, et même un chien qui aboie non stop. On craque et on bouge à une bouée un peu plus isolée, à quelques mètres à peine du rivage (privilège de notre 1m20 de tirant d’eau !).

On va enfin faire un tour à terre : nous rejoignons la petite ville de La Savina (juste à l’Est) avec le dinghy, en traversant l’étonnant Estanque del Peix, un vaste lagon très peu profond (50 cm à peine), dont l’accès très étroit entre les cayes n’autorise le passage que des petites embarcations.

Après maintes tergiversations et hésitations, nous décidons de rester là pour accueillir la petite tribu Marchal-Chaurand : Pascale, Ugo et Julie nous font la jolie surprise de débarquer pour quelques jours de vacances sur Zanzibar. Pas d’aéroport sur Formentera, je vais donc les retrouver à Ibiza d’un coup de ferry puis de bus, et nous repartons pour Formentera avec l’Aquabus (qui tient plus du bateau-promenade que de la navette…. Mais c’est tellement  plus rigolo de trainer en route quand on a déjà fait Marseille-Barcelone-Ibiza…). Le reste de l’équipage trépigne d’impatience sur le quai de La Savina ! Retrouvaille chaleureuses (et remuantes !). Dernière étape en annexe, avec les bagages et tous les gosses, histoire de bien s’immerger dans l’ambiance, et les vacances peuvent enfin commencer ! Au programme : jeux dans l’eau, jeux sur le bateau, apéros … et surtout, tant que faire se peut, stress zéro.

Nous levons l’ancre le lendemain pour rejoindre tranquillement notre dernière escale sur Formentera : Isla Espalmador, tout au Nord. En chemin nous faisons un rapide stop technique d’une heure à peine dans le port de La Savina : plein d’eau, du frigo, lessive (programme court !), et déjà on repart. Impensable de passer 24 heures à quai : la marina coûte dans les 300 euros la nuit pour un cata de 43 pieds… Nous mettons vite le cap sur la très belle Playa del Alga et y prenons une bouée, là encore réservée quelques jours auparavant par internet. Plage de sable blanc, îlots calcaires rongés par la mer et le vent, eaux turquoises…. on aimerait se croire seuls au monde dans ce paysage magique. Mais une fois encore le nombre de bateaux nous impressionne (et il paraît que c’est tellement pire en août !). Il va falloir nous réhabituer…

Les enfants s’en donnent à cœur joie, tout au bonheur de se retrouver. Ils nous font régaler du matin au soir et, surtout, « se font des tonnes de souvenirs » !

Plus de place sur le blog pour ajouter des photos, on essaye des solutions parallèles ! Genre album picasa (cliquez sur diaporama, direction les Baléares !). On reprendra tout ça plus tard, quand le réseau ne nous fera plus défaut 9 jours sur 10…

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28 juin – 03 juillet 2012 – sur la route des Baléares

coucher de soleil sur la Mer d’Alboran

28 juin  – Nous surfons sur la vague (et le vent qui souffle W-SW !) pour remonter la mer d’Alboran avant que la météo soit un peu plus contrariante. Nous n’en sommes plus à une nuit de navigation près ! Nous restons très vigilants, craignant encore les cargos et d’éventuels pêcheurs.

Aguadulce

29 juin – Nous décidons de faire une escale technique à Alméria (eau et gasoil !) et y attendre des conditions favorables pour tracer sur les Baléares : un avis de coup de vent pour la nuit  nous empêche de passer le Cabo de Gata. Mais nous sommes heureux à l’idée de poser nos valises et dormir à quai ! Sauf que, toujours plus haut, toujours plus fort, le port d’Alméria est …. complet ! Plus un seul petit centimètre pour caser notre Zanzibar ! Nous revenons donc sur nos pas, 5 nautiques de vent et de vagues dans le nez, nous réfugier à Aguadulce… Et finalement ne regrettons pas ce contretemps météo : la ville est bien sympa et nous allons nous y dégourdir les jambes avec plaisir. On passe la soirée avec l’équipage de Pythéas, rencontré aux Açores et en route pour Sète.

La nuit à quai est un peu plus mouvementée que prévue : après la musique de la discothèque voisine, une terrible chasse aux moustiques s’engage pour Manu et Marin : ils se baladent, raquette électrique en main, traquant la bébête sans pitié jusqu’à une heure très avancée de la nuit…

San Jose

30 juin – On ne s’attarde pas à Aguadulce et reprenons vite la mer pour passer le Cabo de Gata en direction du petit port de San José, juste au nord de la pointe. On a l’intention d’y passer la soirée à terre, Espagne en finale de coupe d’Europe de foot oblige (pas pour le foot évidemment, mais pour l’ambiance !). Sauf que là aussi ça affiche complet… Qu’à cela ne tienne, tant pis pour le foot, on continue sur quelques milles pour aller jeter l’ancre à la Cala San Pedro, dont Matthieu nous a vanté la beauté. Et il avait raison : des falaises calcaires qui se jettent dans l’eau turquoise, un joli village aux maisons blanches baigné de la lumière dorée du crépuscule, c’est vraiment très beau. Mais au moment

encore une petite nuit en mer

d’infléchir notre route, le doute nous assaille : le mouillage sera-t-il protégé du vent de Nord-Est qui doit se lever dans la nuit ? Les fonds tiennent-ils convenablement ? On ne connaît pas l’endroit, n’avons aucun guide sur la zone, et aucune info détaillée. Suivant le bon précepte « dans le doute, abstiens toi », nous passons notre chemin et profitons du vent qui adonne encore un peu pour avaler quelques milles de plus sur une nouvelle nuit de navigation. On vise Cartagena, qu’on voulait pourtant éviter pour ne pas déprimer en repassant là où nous nous étions arrêtés à l’aller. Les enfants, en revanche, sont heu-reux, considérant plutôt cette escale comme un pèlerinage en souvenir de la rencontre de nos premiers bateaux-copains, en octobre dernier.  Ils y ont plein de souvenirs et languissent de retourner dans la Calle Mayor (et au Burger King…. Je sais, c’est lamentable, mais on ne doit pas juger ni discuter les tenants et les aboutissants des pèlerinages….).

c’est la plaisance, c’est le pied

01 juillet – Cartagena est en vue au lever du jour. Une bâche plastique prise dans l’hélice tribord nous bloque un certain temps à quelques encablures du port : les coupe-orins en ont bien déchiqueté une grande partie, mais un morceau pris sur une des pâles ne veut pas lâcher. Même si le bateau reste manoeuvrable, on ne veut pas prendre de risques inutiles au moment de manœuvrer dans la marina. Alors on insiste : marche avant, marche arrière, marche avant, marche arrière … On filme l’évolution du carnage avec la Go Pro, c’est très instructif sur les turbulences engendrées par les moteurs (et ça occupe en attendant que la situation se débloque…). Finalement Manu décide de plonger. C’est courageux, vivifiant (petit 19°C), et finalement tout à fait inutile puisqu’entre-temps l’hélice s’est libérée de tout plastique…

Cartagena

Nous nous amarrons  à la marina publique, histoire de ne pas retourner exactement au même endroit qu’à l’aller. Ca tombe bien, c’est plus sympa : le quai donne directement sur la promenade qui longe les remparts du centre historique.  Du coup il y a beaucoup de passage et de badauds, mais on s’habitue (tant qu’ils nous jettent pas de cacahuètes…). On traine en ville, on fait une orgie de fruits et légumes au marché couvert (enfin ! des produits frais magnifiques, à des prix « normaux » !), on sort le soir en amoureux, les enfants vont à Burger King (eh oui…), à la piscine du club nautique, … c’est bien tranquille. Cerise sur le gâteau, le porte-avion de la marine espagnole Juan Carlos I fait escale au port et nous en profitons pour le visiter. C’est évidemment très impressionnant.

La fenêtre météo attendue pointe finalement le bout de son nez et nous larguons les amarres pour une trentaine d’heures de navigation au portant (et sans beaucoup de vent… tant pis), cap sur Formentera, aux Baléares !

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