Nous quittons le port de Barcelone sous les coups de canon de La Gloria, vieux gréement militaire espagnol, qui fête en grande pompe un truc quelconque en ce petit matin du 3 aout. Derniers milles en patrouille avec le Bubu, nos routes se séparant une fois croisé le cap San Sebastian : nous voguons en direction de Sète tandis qu’ils rejoignent St Chamas, plus à l’Est. On les regarde s’éloigner le cœur un peu serré.
La lune se lève, énorme et rouge dans le ciel, la nuit tombe, étoilée, magnifique. Eole décide même de se joindre à la fête : passé le Cap Creus, le vent se lève enfin et prend juste ce qu’il faut d’angle pour nous assurer un très joli près serré. 20-25 nœuds établis, sur une mer pas trop cassante, les cheveux au vent et de la musique plein la tête, une dernière nuit de bonheur pur !! Et trois grands dauphins devant l’étrave quand le jour se lève…
La côte languedocienne est en vue le lendemain matin. Nous ralentissons un peu et décidons de faire une escale baignade avant de rentrer dans le port. Très prévoyants, on passe un petit coup de fil au bureau des ponts de Sète pour avoir confirmation de l’heure des levées, et zut de zut, on apprend que les ponts sont en panne !! Impossible de rejoindre l’étang de Thau pour le moment. Dernier contretemps bien contrariant. Nous nous amarrons au quai d’Alger en attendant le verdict et commençons de
travailler activement à un plan B. Mais tout rentre dans l’ordre in extremis : à 18H45 nous nous engageons dans le canal, non sans une certaine émotion ! Juliette est soudain un peu inquiète, Marin resterait bien caché, Théophile monte dans le mât pour prendre un peu de hauteur (ou de distance ?) sur l’évènement. Mais peu à peu, en chemin, nous retrouvons les amis et la joie toujours intacte de les revoir l’emporte.
Merci, merci, merci, merci, merci, merci …….
pour la banderole à Sète, la chaleureuse surprise au pont de la Pointe Courte, les bateaux sur l’étang, tous les appels et les messages (on a retrouvé le téléphone !), les amis sur le ponton de Bouzigues et leur très joyeuse fête, les croissants et la baguette fraiche déposés discrètement au petit matin sur le bateau endormi …
Après une dernière nuit à bord (et une glace à la Bouline !), les enfants ont quitté le navire ce soir pour aller retrouver leurs copains… et la fête du village ! Etrange sensation de vide. Pendant
10 mois les soirées pyjamas se sont tenues sur le même ponton, ou au même mouillage. Alors 20 kilomètres, c’est un peu de l’autre côté de la planète !
Pas encore réintégré nos pénates, trop difficile de quitter notre Zanzibar … On se laisse dorloter entre nos deux mondes. Mais demain, promis juré, on saute le pas !


































